Ce jour le groupe automobile français annonce un plan d’économie mais aussi de cession d’actifs afin de mieux passer le cap de la crise qui ronge actuellement l’Europe et l’industrie automobile. Outre les économies annoncées, le report ou l’annulation de certains programmes, la possible fermeture de certains sites industriels, la très possible diminution de la masse salariale c’est au tour des ventes des filiales de PSA de se poursuivre.

Il y a quelques jours nous parlions de la vente des loueurs Citer et Atesa, aujourd’hui, c’est une filiale historique du groupe PSA qui est concernée puisque dans le plan de cession des actifs c’est désormais au tour de Gefco. On apprend ainsi que PSA va se désengager en partie de sa filiale logistique et transport qui est présente un peu partout dans le monde et escompte gagner aux environs de 550-560 millions d’euros. Mais ce n’est pas tout puisque le groupe industriel annonce vouloir vendre pour 500 millions d’euros de biens immobiliers dont le siège social de Citroën dans le 17eme arrondissement de Paris. Qui dit désengagement dit vente de parts et rentrée d’argent frais dans les caisses du groupe automobile français.

Ainsi on apprend que les ventes de PSA ont reculé de 1.5% dans le monde en 2011 essentiellement à cause de la forte baisse du marché européen. Cela entraine un fort recul du résultat net qui perd 48% pour tomber à 588 millions l’an passé. Cette baisse du résultat suit une année 2010 qui fut excellente pour PSA et une année 2009 qui était dans le rouge du fait de la crise 2008-2009. Reste que le CA de PSA au niveau mondial est en hausse de près de 7.0% (6.9% exactement) et qu’il a atteint l’an passé presque 60 milliards d’euros, chiffre jamais atteint dans toute l’histoire du groupe automobile. Le constructeur annonce qu’il va porter son plan d’économie de 800 millions à un milliard d’euros et il explique que les ventes d’actifs devraient rapporter aux environs de 1.5 milliards d’euros pour l’entreprise.

Par contre PSA ne touchera pas à sa filiale royale du moment, Faurecia qui surperforme depuis quelques temps déjà. La direction du groupe nous apprend ou plutôt nous confirme que les pertes sont essentiellement dues à la division automobile du groupe qui avance une perte de 92 millions d’euros due uniquement à la dégradation du marché européen au second semestre 2011 durant lequel PSA annonce avoir perdu 497 millions d’euros non compensés par les résultats positifs du 1er semestre qui avait permis à PSA d’engranger quelques 405 millions d’euros de bénéfices dans la branche automobile. PSA explique que ces pertes sont presque essentiellement dues à la baisse dans ventes et France et dans le sud de l’Europe ( Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Balkans). Sans surprise aucun, la direction du groupe explique que c’est aussi en partie à cause de la guerre des prix dans le redoutable segment des citadines sur les marchés d’Europe. PSA fait aussi savoir que son mal à un nom, les mini citadines et les citadines. Ces autos restent un vrai problème en terme de rentabilité mais sont une nécessité pour faire vivre l’entreprise. On ne peut pas être surpris par de telles « révélations » car tous les constructeurs sont soumis au même problème !

En parallèle JB Chatillon (DF du groupe) tente de convaincre que ces décisions ne toucheront pas l’emploi chez PSA et dans le même temps, P.Varin annonce que le secteur des petites voitures ne pourra faire l’économie d’une vraie réduction de ses capacités de production pour s’adapter au marché mais cela se fera au rythme de la vie des modèles produits par PSA. P.Varin n’a rien dit au sujet du devenir du site d’Aulnay si ce n’est qu’il assure que la production de la Citroën C3 se fera sur le site jusqu’en 2014, après mystère et boule de gomme ou plus exactement risque sérieux de fermeture !

On ajoutera que les analystes ont quelques doutes face à cette politique industrielle et financière qui veut que pour assurer une année de bon résultats financiers ( pour les actionnaires et dirigeants), on sacrifie les « bijoux de familles » et de beaux actifs qui pourraient être nécessaires soit en cas de crise persistante, soit en cas de reprise du marché et de besoins supplémentaires pour être fort sur les marchés. Enfin on en perdra pas de vue les rumeurs (surement syndicales !) qui veulent que PSA ait privilégié l’actionnariat ces dernières années au détriment de l’investissement et de la pérennisation de l’entreprise à moyen terme. Un long débat que nous allons poursuivre avec Renault et Toyota…

Via Reuters, lesEchos.

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