C’est le constat fait par le CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles) au regard des chiffres de la production automobile française du premier trimestre 2012 et qui ne font que confirmer une tendance lourde amorcée il y a déjà quelques années.

Ainsi on apprend que la production des deux groupes automobiles français a baissé de 5.7% (et même de 6.9% si on prend en compte les VP et les VUL) durant les 3 premiers mois de l’année notamment chez Renault où la production nationale ne pèse plus que pour 27% dans la production totale du constructeur. Chez PSA le phénomène est moins marqué pour l’instant mais les usines PSA en France ne comptent plus que pour 41% dans la production des marques Peugeot et Citroën.

Pour Renault l’affaire est entendu et Carlos Ghosn ne s’en cache plus, il faut produire ailleurs (mais pas forcément loin) pour gagner plus ! Ainsi depuis le début de l’année 2012, la production Renault « made in France »‘ a reculé de plus de 12.0% alors que dans le même temps, la production extra hexagonale augmentait de près de 6.0% (5.8% exactement !) ce qui fait qu’en 2012, seulement 27% de la production Renault est faite sur notre sol alors qu’il y a une année environ c’était encore 30% de la fabrication qui était française. A ce rythme là dans deux ans environ, la production française du groupe Renault ne représentera plus qu’un cinquième (~ 20%) de la production totale de la marque au losange.

Mais ces premiers chiffre ne sont qu’une partie visible de l’iceberg « Alliance Renault-Nissan et associés » car si l’on regarde du coté des marques comme Dacia ou Samsung Motors et que l’on prend en compte les véhicules Renault construits dans leurs usines roumaines ou sud coréenne, la part de la production française chute de suite à 22% et si on applique le même coefficient que pour les usines Renault hors du territoire, on arrivera en 2015 avec un production nationale qui ne sera plus que de 17% environ dans la production totale de Renault. Des chiffres  qu’il faut en plus relativiser car ils ne prennent pas en compte la production à venir des usines du constructeur russe Avtovaz qui vient d’entrer dans le giron de Renault-Nissan.

Chez PSA, la situation n’est pas plus brillante et ce serait même le contraire car si la production nationale de Peugeot et Citroën a chuté de 2.3% depuis début janvier 2012 par rapport à 2011, il ne faut pas perdre de vue, qu’à la différence de Renault qui est dans une dynamique de conquête et d’expansion à l’international, PSA voit sa production en dehors du territoire reculer de près de 15% ce qui n’est pas rien et qui montre la difficile situation actuelle du groupe franc comtois. Si la part de la production française dans la production totale du groupe baisse et si la production mondiale du groupe chute, la diminution de la production issue des usines françaises chutent encore plus fortement mais sa part dans la production totale de PSA croit de 4%… J’espère que vous suivez !

Au bout du compte, tout cela n’engage sur le territoire national que des restructurations, des fermetures de sites, un accroissement du chômage partiel ou de l’emploi intérimaire comme variable d’ajustement de la production à la demande qui est en baisse sur tous la globalités des marchés de l’union Européenne. Dans cette affaire, PSA est plus fortement impacté que Renault qui s’est internationalisé depuis bien plus longtemps et quasiment sur tous les endroits de la planète grâce à son porte feuille de marque plus garni que celui de PSA qui n’a que deux logos à proposer à ses marchés qui sont essentiellement européens. Renault suit en fait la trace choisie par VW Groupe qui a tout misé sur la diversification de l’offre mais aussi des lieux de production. Pour Peugeot et Citroën, l’affaire est bien plus complexe et il n’est pas certain que l’alliance avec GM soit réellement profitable à moyen terme sauf si dans 10 ans GM met un autre pied chez PSA mais là ce ne sera plus la même affaire… Un gros dossier à suivre au fil des mois dans une Europe en récession qui ne semble pas voir le bout du tunnel même en regardant du coté de l’Allemagne car cette dernière montre depuis quelques semaines des signes de fébrilité. A cause de cette paupérisation en marche, il y a un risque à court terme de plomber le grand marché allemand qui profite encore pour quelques années à une production nationale peu délocalisée. Toutefois attention, les choses pourraient changer quand on voit le nombre d’usines que les constructeurs allemands construisent depuis quelques mois en dehors du pays et ceci sans parler de ceux qui envisagent de réexporter vers l’Allemagne des produits déjà fabriqués hors du pays !

Via CCFA.