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Y10 GT

Retour sur… c’est la rubrique que je vous propose tout au long de l’année, pour revenir sur ces voitures qui ont fait l’histoire de l’automobile. 

Episode 1: LANCIA Y10. 

Aujourd’hui je débute cette série avec une voiture un peu oubliée qui fête cette année ses trente ans et qui a pourtant fait le segment des citadines chic avec la britannique MINI. Je veux parler de la Lancia/Autobianchi Y10 (1985-1996). Une excellente youngtimers par ailleurs !

 

Un peu d’histoire…

L’Y10 (prononcé Ypsilon Dieci) qui est à la base le nom de code du projet de la citadine va devenir son nom de baptême. Elle prend logiquement la suite de la populaire Autobianchi A112 et ses multiples versions dont la sympathique A112 Abarth. Le petit constructeur concurrent de FIAT est racheté par ce-dernier en 1968 et Autobianchi est offert à LANCIA en 1969. L’avenir d’Autobianchi est désormais mêlé à Lancia.

Début d’une saga…  Mouvementée.

En 1985, LANCIA présente au salon de Genève la remplaçante de l’A112. C’est désormais sous le nom de LANCIA que la mini citadine va vivre sa carrière commerciale (sauf en Italie et en France ou l’Ypsilon sera badgée Autobianchi). Alors on va pas sementir, la présentation de la voiture n’est pas brillante au contraire, elle ne rencontre pas un grand succès. Il faut dire que sa gestation a été des plus compliquées: conflits entre les projets, mauvaise entente entre les cadres… La fin des années 70 n’a pas été un fleuve tranquille chez FIAT. Mais chez Lancia, on doit gérer les projets de la nouvelle Thema, la finalisation d’une certaine Delta et penser à la remplaçante de l’A112. En 1982 Fiat et Lancia présentent chacun un prototype à des clients potentiels (aucun des prototypes ne sera badgé afin de n’influencer personne), en parlant de surprise, la déconvenue arrive pour Fiat: nos clients potentiels choisissent le projet Lancia. Qui serait multi-fonction, agréable et confortable. Fiat décide de récupérer l’auto, elle deviendra la FIAT UNO.
Revenons à L’Y10, l’ingénieur Ghidella en colère après Fiat d’avoir pris son projet, mis en place un nouveau cahier des charges, cette nouvelle voiture doit être aérodynamique, innovant et surprenante: elle prendra le nom de code: Y10. Le package ressoude l’équipe. Pour des raisons de coûts qui se mettent en place chez Fiat à cette époque, L’Y10 récupère le châssis de la Fiat Panda mais modifie son train arrière (j’y reviens plus bas) avec la volonté d’innover jusqu’au bout du capot, l’Y10 inaugure un certain FIRE ou Fully Integrated Robotized Engine (oui oui madame le même qui équipe votre Lancia Ypsilon Gold). Le Fire est assemblé dans l’usine de Termoli, dans la région du Molise et il est développé conjointement avec Peugeot. Il sera accouplé à une boîte à cinq vitesses – un choix surprenant pour une citadine dans les années 80 –. La carrosserie de l’Y10 se caractérise aussi par son excellente aérodynamique, avec un CX de 0,31, exceptionnel pour un véhicule aussi petit.  Côté dimensions la voiture mesure en longueur 3400 (mm) de long pour 1500 (mm) de large et une hauteur de caisse d’1 430 (mm). La petite voiture est légère avec un poids ne dépassant pas la tonne, le poids allant de 720 à 890 kg.

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La Y10 AWD ou l’adam Rocks des années 80.

Fiat Uno Lancia

La Fiat uno version Lancia

Le Fire n’est pas la seule innovation sur la Y10. Elle présente un essieu arrière totalement nouveau pour Fiat, sa forme dite “Omega” (un ancrage central et des bras de réaction transversaux) ressemblant à ce qui se faisait sur la Dyna Panhard, exception faite de l’emploi de ressorts hélicoïdaux (désaxés par rapport aux amortisseurs) en lieu et place des barres de torsion (vous suivez ?). Lors de l’arrivée de la version quatre roues motrices (oui oui la Swift n’a rien inventé, ni l’Adam Rocks), apparue en 1986, elle reviendra à plus de classicisme, le passage de l’arbre de transmission rendant impossible l’ancrage d’un Omega…

Voici L’Y10.

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Version Lancia

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ou Autobianchi (comme vous voulez)

Revenons à Genève c’est le 17 mars 1985, que le public découvre une voiture carré, de grandes surface vitrées, un hayon vertical noir mat (c’était dans le cahier des charges) et à l’intérieur: un équipement surprenant comme sur certaines grosses berlines de luxe. L’Y10 se distingue par son style très typé dit « capsule spatiale », elle se compose d’une ligne en coin très marquée aux formes nettes et dépouillées, l’hayon arrière vertical restera quelle que soit la couleur de la carrosserie avec sa couleur noir mat. Elle a été dessinée par le bureau de style Fiat, après le rejet des propositions de Giugiaro et Pininfarina. Quand on la voit on se demande si elle n’a pas un lien avec la Delorean de Marty McFly… Ok, je sors.

Il faudra un peu de temps à cette dernière pour que ce style fasse mouche auprès de la clientèle.

Pour résumer: la ligne choque avec ce hayon vertical, les observateurs qualifient le design de “passe-partout”. La bonne surprise pour Lancia, l’habitacle surprend les plus exigeants par sa richesse, digne d’une grande routière alors qu’elle se veut une citadine pure et dure : planche de bord et sièges revêtus d’Alcantara, poste radio avec un volet de protection, rétroviseurs réglables de l’intérieur plus une longue liste d’options comprenant les vitres de custodes entrouvrables électriquement, le verrouillage centralisé ou un combiné numérique. C’est la clientèle féminine qui s’intéresse à l’auto, et donne naissance à l’une des actrices des citadines chic qui fera mouche avec la MINI de 2000

Fiat fera le choix de badger l’Y10 Autobianchi en Italie, en France et au Japon, faisant suite au succès commercial de l’A112 et Lancia sur les autres. Cette confusion sera entretenue également sur le dossier de presse qui évoque « une Autobianchi née Lancia ».

C’est à la fin 1989, que la marque Autobianchi est abandonnée en France, suite à l’arrêt du contrat entre l’importateur français Chardonnet et le groupe Fiat. L’Y10 devient donc officiellement une Lancia en France, distribuée par le réseau Lancia, dépendant directement de Fiat France. En Italie, l’Y10 restera commercialisée sous la marque Autobianchi jusqu’à la fin de sa production.

Au total 1 133 774 exemplaires seront construits.
Pour les 90ans de la marques du Chiavasso, Lancia présente à Genève en mars 1996, la LANCIA Y qui reprend le flambeau de la Y10 après 11ans de carrières et ses multiples versions (avenue, LX, LE, LS, GT….) mais pour l’Y c’est une autre histoire…

Les prototypes Pininfarina et Giugiaro:

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Le restyllage en 1993:
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Quelques vidéo publicitaires:
La pub’ de lancement:
https://www.youtube.com/watch?v=0DRk1w1T59M
https://www.youtube.com/watch?v=Ap46jumpTSw

Spot de 1994:
https://www.youtube.com/watch?v=iuMu4pvt0qo

Via Wikipédia, Gazoline, Italian Car Club, Lancia Y community (ex-Lancia Y club italia)