alfa_romeo_33_1.5_quadrifoglio_oro_1Au début des années 80, Alfa Romeo songe à donner une descendance à son Alfasud mais déjà chez Alfa, il est question de budget et on décide donc que la nouvelle compacte de la firme milanaise sera développée sur la plateforme actualisée de l’Alfasud. Nouvelle carrosserie 5 portes (la 33 ne sera jamais déclinée en version 3 portes comme la Sud’) mais on conserve  le moteur boxer, la BVM5, la traction avant, le train arrière fait d’un essieu rigide avec parallèlogramme de Watt, les freins à disque à l’avant mais on oublie, pour des raisons essentiellement financières, les disques de l’Alfasud au profit de classiques tambours (disques Ar optionnels sur la série 3 et seulement sur la version 1.7 L  16V QV 137 ch).

Pour la 33 (Tipo 905), exit Giugiaro puisque c’est Ermanno Cressoni, directeur du centre de style Alfa Romeo qui dessine la voiture sous la forme d’une apparence en deux volumes et demi qui feront beaucoup parler en 1983 au moment du lancement de la voiture. (NDLR : Pour ceux qui ne connaissent pas Cressoni, sachez qu’on lui doit chez Alfa : la Giulietta 77, la 75, une partie de la 145 développée avec de Silva et certaines Fiat comme la Barchetta, la Cinquecento, la Bravo 95 et il a dirigé l’équipe qui a dessiné le Coupé Fiat. Il a aussi formé de Silva, Bangle et Zapatinas).
A son lancement, la 33 est vue comme une voiture moderne dans son design, dynamique sur la route, assez confortable et équipée pour l’époque, en somme elle est totalement raccord avec le statut d’Alfa Romeo et lors de sa présentation, la presse ne tient pas vraiment cas de l’ancienneté de sa plateforme et des motorisations habilement actualisées. C’est le site de Pomigliano d’Arco qui va produire de 1983 à fin 1994 cette successeure à la Sud’. Dès son lancement la 33 profite de la bonne image de « fille de l’Alfasud » pour réussir sur les marchés européens mais elle pâtit aussi de sa mauvaise réputation de voiture qui apprécie la rouille. Réputation en grande partie usurpée car la compacte d’Alfa Romeo sera bien moins atteinte que sa prédécesseure par ce mal.
L’Alfa Romeo 33 est une berline compacte aux dimensions suivantes :

L : 4.01 m / l : 1.613 m / h : 1.30 m
Poids entre 910 et 980 kg

Au lancement la 33 est proposée à la  clientèle avec deux moteurs, le 1.3 L Boxer de 79 ch et le 1.5 L Boxer d’abord en 84 ch puis en 95 ch. Les deux versions avancent une apparence assez similaire et seuls les différences d’équipement différencient la 1300 de base de la 1500 Quadrifoglio Oro qui se singularise par les équipement suivants :  calandre couleur argent, les larges bandes latérales, enjoliveurs de roues spécifiques, inserts dorés sur les pare-chocs, clignotants avant blancs, tissu de qualité supérieure, volant en bois avec pommeau de levier de vitesse assorti (on ne reviendra pas sur le fameux bois Alfa qui blanchissait avec le temps…)
En 1983, l’Alfa Romeo 33 avance une spécificité rare, seulement utilisée par Porsche sur sa 928, le combiné porte instruments suit le réglage du volant et se trouve donc dans un angle de vision optimal pour le conducteur.
1984 est une année importante pour la 33 qui connait un vrai engouement auprès de la clientèle italienne mais aussi européenne. C’est l’année de la fin de production de l’Alfasud et la gamme évolue assez sensiblement avec l’arrivée d’un modèle basique propulsé par le 1.3 L dans une version 86 ch, de la version QV équipée du moteur 1.5 L en 105 ch à l’esprit sportif , de la version 1.5 L Quadrifoglio Oro 105 ch 4×4 (avec pont arrière rigide). Alfa Romeo poursuit rapidement le déploiement de la gamme et lance cette même année l’élégante version Giardinetta (SW chez nous) dessinée non pas le bureau du style Alfa mais par Pininfarina. Une version qui connaitra un assez joli succès notamment en Suisse, Autriche, Italie du nord du fait de sa transmission intégrale. C’est le moteur 1.5 L 95 ch qui motorise la 33 Giardinetta tant en traction qu’en version 4×4.

La période 84-86 se déroule sans évolution notable et il faut attendre le courant de l’année 86 pour voir apparaitre la 33 dite Serie 2 qui se distingue essentiellement de la Serie 1 par la présence de clignotants blancs à l’avant et à l’arrière, d’une nouvelle calandre avec de grosses barrettes, de mini jupes latérales (qui n’allègent pas la ligne) et de nouvelles jantes alu.  Mais la grande nouveauté est à chercher dans l’habitacle qui profite d’un nouveau mobilier de planche de bord plus simple dans son apparence et fait de plastique mat et non brillant pour une meilleure qualité perçue. Déjà !
Nouveau volant, nouveaux contreportes et nouvelles selleries sont aussi de la partie. La gamme garde la même articulation qu’en 85 et 86 si ce n’est que certains pays dont l’Italie ont droit à une version turbodiesel équipée d’un L3 1.8 L fort de 72 ch, 130 Nm qui emmène la 33 à 165 km/h pour une consommation moyenne moyenne officiel de 6.36 L/100 km ce qui est toujours que les moteurs Boxer alimentés par des carburateurs. La Serie 2 perdure ainsi jusqu’en 1989 même si entre temps la version sportive 1.7 L QV a vu sa puissance chuter de 118 à 110 ch du fait de l’installation de l’injection électronique qui permet une toute petite baisse de la consommation mixte.

La fin des années 80 voit le segment C passablement évoluer, se moderniser pour prendre de l’ampleur sur les marchés d’Europe de l’ouest et il est temps pour Alfa (passer sous contrôle Fiat en 1986) de faire bouger sa 33 si le constructeur milanais ne veut pas être largué par les Renault 19, Rover 200, Peugeot 309, Ford Escort Mk5, la montée en puissance d’une certaine VW Golf 2 et cela sans parler de la Fiat Tipo lancée au printemps 88.

Ainsi au Mondial de l’automobile 89, on découvre la 33 Serie 3 (Tipo 907) qui est en fait un gros restylage de l’auto afin de lui permettre de vivre sur le marché. La 33 profite donc d’une nouvelle face avant inspirée de celle de la grande 164, une partie arrière avec des feux plus fins inspirés de ceux de la… 164. Les pare chocs se font plus enveloppants mais aussi moins élégants. L’allure est moins séduisante et très vite la voiture accuse le poids des ans face à la concurrence malgré ce gros restylage, un habitacle revu, de nouvelles jantes et un évolution des motorisations qui voit la venue de l’injection sur les bloc 1.5 L, 1.7 L et 1.7 L 16V 137 ch. Le diesel évolue lui aussi et voit sa puissance passer de 72 à 84 ch et son couple grimper de 130 Nm à 184 Nm mais les performances de ce modèle n’ont toujours rien d’Alfa.
Quelques mois après la berline, c’est la 33 break qui prend le même chemin sauf pour la partie arrière qui reste identique à celle des Serie 1 et 2. Sur tous les marchés cette version prend le nom de 33 Sportwagon et laisse au placard, le nom de Giardinetta.
Le milieu de l’année 1992 voit le retrait du catalogue de la version Turbodiesel et l’installation sur tous les modèles de l’injection électronique et du fameux pot catalytique qui modifie légèrement les puissances de la 33. Les années 92 et 93 voient l’arrivée de plusieurs séries spéciales ou limitées pour tenter de maintenir la compacte dans le coup notamment face à une certaine Golf 3 et à la R19 et sa qualité « presque allemande » qui se vend bien en Europe. A coup de décorations, de jantes alu, d’aileron, d’autoradio, Alfa fait le nécessaire pour que la 33 ait encore un pouvoir de séduction malgré ses 10 années sur le marché. Début 1993, bon an mal an, la 33 continue à être vendue alors que du coté de Milan on met la dernière main à ses remplaçantes, les 145 et 146 développées comme la 155 sur la plateforme de la Fiat Tipo. Une page se tourne chez Alfa.
L’automne 1994 et le millésime 95 verront la fin de vie de ce modèle qui est retiré du catalogue Alfa avant la fin de l’année dans la quasi indifférence générale puisque les nouveautés du constructeurs sont déjà là. Au total, en onze années de production, Alfa Romeo aura mis à la route près d’un million de 33 réparties comme suit :

Berline : 866.958 exemplaires
Sportwagon : 122.366 exemplaires

Quelques vidéos (la qualité des films est d’époque !)

De l’Alfasud à la 33.

Rare moment, une 33 en course.

Après les 75, Duetto, 90, GTV, elle est la dernière Alfa Romeo née sous l’ère Alfa Romeo puisqu’à partir de la 155, les Alfa et les Fiat partageront beaucoup de choses, peut être même trop au point de perdre leur identité, leur charme, leurs performances et le petit truc en plus qui fait que chez les alfistes que nous sommes il y a désormais comme un vide et il nous sera bien difficile de retrouver à l’avenir (avec une marque presque « roverisée » !) le fameux « Cuore Sportivo »… Heureusement il reste les anciennes milanaises qui nous séduisent toujours et encore !

Via Alfa Romeo, Youtube, Autowp.ru.