Après la pluie, vient le beau temps ! Ce proverbe sied à merveille au Grand Prix qui s’est couru cet après midi dans les rues de la principauté, puisque contrairement aux qualifications qui furent assez arrosées, la course s’est déroulée sous un magnifique ciel bleu, sans l’ombre d’un nuage.

Cependant, une polémique est venue assombrir ce beau temps dominical : en effet, Mercedes a effectué des tests « secrets » de pneumatiques avec Pirelli durant 3 jours après le Grand Prix de Barcelone (secrets entre guillemets, car faire rouler une F1 sur un circuit réclame quand même pas mal de logistique, mais surtout ça se voit et ça s’entend !). L’équipe allemande a accumulé pas moins de 1000 km de tests, avec ses deux pilotes titulaires qui plus est (Hamilton et Rosberg), alors que cela est formellement interdit par le règlement ! Selon les responsables de l’écurie, le FIA était au courant et ces essais étaient donc « réglos », mais RedBull et Ferrari ne l’entendent pas ainsi et ont posé réclamation. On risque donc d’en entendre parler dans les prochains jours !

Bref, passons sur cet incident diplomatique et revenons à la course en elle même !

Jules Bianchi la commence de la plus mauvaise des façons puisqu’il doit être poussé sur la ligne de départ après le début du tour de formation, sa Marussia refusant de démarrer… Tout finit par rentrer dans l’ordre et le départ peut avoir lieu !

Un départ plutôt sage (qui a dit « contrairement au GP2? »), sans incident, le premier virage est également passé sans encombre (on a quand même vu une Caterham le court-circuiter pour éviter une collision). Romain Grosjean a encore une fois été (trop) prudent, il perd une place et se retrouve 14ème.

 

Le calme n’aura duré que très peu de temps, car on assiste vite à des tentatives de dépassements plus ou moins réussies, comme celle entre Pastor Maldonado et Giedo Van Der Garde, à l’épingle du Loewes, qui se solde par du carbone sur la piste et un passage aux stands pour les deux pilotes…

Vient ensuite une attaque fratricide entre les 2 pilotes McLaren, Sergio Perez et Jenson Button à la chicane après la sortie du tunnel, qui leur impose de la couper pour éviter de finir dans le mur. Cette endroit va vite devenir le terrain de jeu favori de Perez, on y revient dans quelques instants !

Au 9ème tour, on assiste à une tentative de dépassement de Kimi Raikkonen  sur Mark Webber avec l’aide du DRS, utilisable ici dans la ligne droite (qui n’en est pas vraiment une d’ailleurs) des stands, en vain.

Quelques instants plus tard, Charles Pic est contraint d’abandonner après que sa voiture ait pris feu à l’entrée des stands.

Les 2 RedBull restent à l’écart des Mercedes afin de conserver des pneumatiques en bonne forme pour la suite de la course. Les Pirellis apportés ici sont les Soft et Super-Soft, la piste étant beaucoup moins abrasive que les circuits traditionnels permanents. On conseille à Massa de passer la chicane en 2ème vitesse pour éviter un patinage trop important de ses roues arrière à l’accélération, signe que la stratégie repose encore une fois beaucoup sur l’utilisation des gommes, qui ont tendance à se détruire extrêmement rapidement cette année (mais c’est voulu, c’est pour le spectacle, enfin, en théorie !)

Alonso adopte également une stratégie à l’économie, il perd quelques dixièmes sur Raikkonen à chaque tour, jusqu’au tour 18 où il change de tactique et tourne alors 1 seconde au tour plus vite que le leader ! Où comment fausser totalement la course à cause de pneus qui obligent les pilotes à ne pas pouvoir rouler au maximum durant toute la durée de la course, comme on aimerait le voir ! Mais ça, c’est valable pour tous les Grands Prix depuis le début de la saison…

Au tour 23, les deux Mercedes haussent le rythme à leur tour, et on assiste à un premier contact entre Chilton et Maldonado, sans gravité (ça ne va pas durer !).

Tout le monde augmente progressivement la cadence pour ne pas laisser les Mercedes s’envoler, et Webber ouvre la valse des ravitaillements des « gros bras » au tour 26,  suivi très vite par Raikkonen, Button et Massa.

Massa justement, on le retrouve quelques secondes plus tard, cette fois ci non pas dans les stands, mais dans le mur à Sainte Devote, au bout de la ligne des stands… Il a vraisemblablement commis exactement la même erreur que lors de la troisième séance d’essais libres d’hier, en bloquant ses roues sur une bosse et en filant tout droit dans le Tecpro !

 

Cet accident oblige la direction de course à sortir la voiture de sécurité, et on assiste à un rush dans les stands pour tous ceux qui n’avaient pas encore changé les pneus. Vettel a eu le nez fin en s’arrêtant juste avant le Safety-Car, ce qui lui permettra ensuite de passer Hamilton malgré un très bon double arrêt consécutif des 2 Mercedes. Webber en profite également, et le pauvre Lewis ressort des stands en 4ème position.

La neutralisation prend fin au tour 38, et le restart est très bien géré par Rosberg qui parvient dès les premiers mètres à créer un écart d’environ 1 seconde sur Vettel. Ce nouveau départ est propice aux tentatives de dépassement, Alonso essaie sans succès de prendre le meilleur sur Raikkonen, Hamilton tente de passer Webber à la Rascasse avec une superbe manoeuvre, malheureusement infructueuse également. Décidément, doubler à Monaco est toujours aussi difficile !

Alonso et Button se touchent légèrement à l’épingle, ce qui permet à Perez de revenir sur son coéquipier et de tenter une manoeuvre kamikaze dont il a le secret à la chicane après le tunnel. Son freinage ultra tardif entraine un blocage de roues, mais il parvient tout de même à doubler sans rien casser…ouf ! Il tente quelques instants plus tard, au tour 45, la même figure acrobatique au même endroit pour doubler Alonso, lequel est obligé de court-circuiter la chicane pour éviter le carton.

En parlant de carton, on assiste le tour suivant au deuxième acte entre Max Chilton et Pastor Maldonado, mais cette fois ci ça ne se passe pas aussi bien que lors de leur premier contact, puisqu’ici les roues des 2 monoplaces s’entrechoquent ce qui entraine un beau vol plané de Maldonado qui atterrit directement dans le Tecpro (décidément très utile aujourd’hui) à l’entrée du port. Cet accident impressionnant entraine immédiatement un drapeau rouge, synonyme d’interruption de course, le Tecpro s’étant enroulé autour de la voiture de Maldonado, bloquant quasiment toute la largeur de la piste. Le pauvre Jules Bianchi ne peut l’éviter et endommage fortement son museau (enfin, celui de sa voiture !).

 

Tout le monde s’arrête donc sur la grille de départ pour laisser le temps aux commissaires de piste de nettoyer et de remettre toutes les protections en place. Cette neutralisation est l’occasion de discussions entre la direction de course, Ferrari et McLaren à propos du dépassement de Perez sur Alonso, qui ayant coupé la chicane aurait dû rendre la place au pilote Mexicain. Ce sera fait lors du nouveau départ effectué sous safety-car à 15h35 après 25 minutes d’arrêt.  Le restart a lieu au tour 48, il est encore une fois bien géré par Rosberg qui « oublie » Vettel et le reste du peloton. Chilton écope d’une pénalité (drive through) pour avoir causé l’accident avec Maldonado.

Au tour 52, Adrian Sutil parvient à dépasser Jenson Button à l’épingle, et Sergio -le fou- Perez retente sa désormais célèbre manoeuvre sur Raikkonen, qui oblige les 2 pilotes à couper encore une fois cette chicane (ah s’il y avait un mur… euh non, ça serait dangereux en fait !). Sutil lui est plutôt habile puisqu’il réussit encore un dépassement au tour 57, sur Alonso s’il vous plait, toujours à l’épingle.

Jules Bianchi subit un problème de freins et tire tout droit à Sainte Devote au tour 60, il doit alors abandonner, et ce n’est décidément pas la joie pour les français, puisque notre Romain Grosjean national escalade la voiture de Ricciardo après le tunnel au tour 63, ce qui entraine le 3ème safety-car de l’après-midi ! Grosjean parvient à repartir après avoir changé son aileron avant, mais abandonnera deux boucles plus tard, la voiture ayant subit trop de dégats.

 

Pendant l’intervention de la voiture de sécurité, notre valeureux pigeon du GP2 fait son retour mais cette fois ci esquive sans broncher la voiture de Rosberg.

On signale également à Kimi Raikkonen que son moteur chauffe trop, il serait temps que le safety-car rentre ! C’est chose faite au tour 67, mais Kimi va vite connaitre un autre soucis 2 tours plus tard, Mexicain celui-là, en la personne de notre ami Perez, qui retente son attaque kamikaze à la chicane qui cette fois finit dans le mur pour lui et avec une crevaison lente pour Raikkonen qui se voit contraint de rentrer aux stands pour effectuer un changement de pneus ; il en ressortira en 13ème position.

 

Perez continue avec un aileron avant passablement endommagé, il est en 5ème position. Button double Alonso au niveau de l’entrée des stands pendant que Perez bouchonne tout le peloton. Il finira par abandonner au tour 74, en ayant évité de justesse son coéquipier après voir perdu le contrôle de sa monoplace.

La course touche à sa fin, Vettel se fait enguirlander par son ingénieur après avoir signé le meilleur tour en course dans l’avant dernière boucle, et Raikkonen parvient à remonter en 10ème position en doublant 3 voitures dans les deux derniers tours !

 

Rosberg remporte ce Grand Prix à domicile (il a grandi à Monaco) devant Vettel et Webber. Il signe la sa deuxième victoire après celle obtenue en Chine l’année dernière, 30 ans après celle de son père au même endroit.

Le classement final est le suivant :

1. Nico Rosberg, Mercedes

2. Sebastian Vettel, Red Bull

3. Mark Webber, Red Bull

4. Lewis Hamilton, Mercedes

5. Adrian Sutil, Force India

6. Jenson Button, McLaren

7. Fernando Alonso, Ferrari

8. Jean-Eric Vergne, Toro Rosso

9. Paul di Resta, Force India

10. Kimi Raikkonen, Lotus

11. Nico Hulkenberg, Sauber

12. Valtteri Bottas, Williams

13. Esteban Gutierrez, Sauber

14. Max Chilton, Marussia

15. Giedo van der Garde, Caterham

16. Sergio Perez,  McLaren

Non classés

17. Romain Grosjean, Lotus

18. Daniel Ricciardo,  Toro Rosso

19. Jules Bianchi, Marussia

20. Pastor Maldonado, Williams

21. Felipe Massa, Ferrari

22. Charles Pic, Caterham

 

Au championnat, Vettel reste en tête avec 107 points, devant Raikkonen (86 pts) et Alonso (78 pts).

Prochaine manche au Canada, le 9 juin !

 

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