Better Place en liquidation

Il n’y aura pas fallu attendre longtemps entre l’annonce faite par Renault de stopper provisoirement ses investissements dédiés au développement des autos équipées du système Better Place et la demande de cessation d’activité de l’entreprise future ex partenaire de Renault. C’est la cour du district de Lod, près de Tel-Aviv qui gérera la dissolution et se chargera de la nomination d’un liquidateur judiciaire.
Cette décision a été prise par les dirigeants de l’entreprise car il a bien fallu faire face à l’échec de la levée de fonds supplémentaires et à l’absence des ressources nécessaires pour poursuivre les activités. Alors que Renault et Better Place annonçaient en début d’année 2009 que 100.000 ZE avec système Quick Drop seraient mises en circulation d’ici 2016 en Israël et au Danemark, seulement 900 voitures circulent en Israël et bien moins au Danemark. Quant aux autres pays, ce ne sont que des autos de démonstrations…
Les communiqués de Better Place et Dan Cohen le PDG de l’entreprise d’expliquer :

« Malgré des efforts significatifs, les revenus sont toujours insuffisants pour couvrir les dépenses des opérations, et à la lumière du cash-flow continuellement négatif, le directoire a décidé qu’il n’y avait pas d’autre option que de demander à la cour de mettre en liquidation la société ».
« C’est un jour difficile pour nous tous. La compagnie avait une vision et a fait les premiers pas pour aider les VE à devenir une réalité, mais la vision que nous avons ne pèse hélas pas lourd face à la réalité : les clients israëliens n’achetaient pas les véhicules fabriqués par Renault malgré leur batterie échangeable pour réduire leur crainte de la panne sèche ». 

Près de 352 millions d’euros de pertes l’an passé, plus de 600 millions déjà investis dans l’entreprise (dont une partie par l’Europe), il aurait fallu presque autant que ce qui a déjà été engagé pour simplement remettre sur les rails l’entreprise créée par Shai Agassi. A ces 500 ou 600 millions d’euros supplémentaires nécessaires à la remise à flots de la société, il aurait encore fallu ajouter des millions pour développer commercialement le principe encore très onéreux et peu répandu en dehors des grands marchés automobiles israëliens, danois sans oublier une station récemment ouverte au Pays Bas qui aura donc une très courte durée de vie.
C’en est donc la fin de cette startup née avec la crise de 2008 et soutenue par Renault qui a quand même investi inutilement quelques millions d’euros dans l’affaire et dans la com’. Renault qui était le principal partenaire mais pas l’actionnaire de Better Place ne désire pas donner le montant de ses investissements dans ce partenariat pour lequel il a développé une technologie « Quick Drop ». Chez Renault on tente de minimiser l’impact de cette liquidation et on se borne à expliquer que les investissements dans le projet Better Place représentent une part extrêmement limitée des 4 milliards d’euros consacrés au développement des VE et des ZE jusqu’en 2015 par l’Alliance Renault-Nissan.

Reste qu’au delà d’un échec quasi annoncé pour diverses raisons, on se demande ce qu’on fait les stratèges et prévisionnistes de Renault pour avaliser de tels chiffres quand on sait que sur les marchés français et européens, les ventes des VE et donc des ZE ne décollent toujours pas.
Greenwashing et communication, quand vous nous tenez !

Via BetterPlace, TheAtlantic, LaTribune.