Voilà c’est fait, c’est vendu ! C’est ce qu’ont annoncé officiellement les administrateurs de SAAB AB et ce n’est pas Mahindra qui emporte l’affaire mais le fameux consortium énergico-financier sino-japonais basé à Hong Kong via sa nouvelle société créée en début de printemps et enregistrée en Suède sous le nom de NEVS AB (National Electric Vehicle Sweden). Le consortium est composé de l’entreprise chinoise National Modern Energy Holdings Ltd et du fond japonais  Sun Investment LLC.

NEVS AB et les administrateurs de Saab ont donc conclu un accord qui porte sur l’achat de la majorité des actifs de Saab Automobile AB, Saab Automobile Powertrain AB et de Saab Automobile Tools AB mais on ne connait pas le montant de la transaction qui est encore tenu secret mais le site économique Swedishwire parle de 210 à 250 millions de dollars (167-198 millions d’euros). NEVS AB annonce vouloir développer et construire sur le site de l’usine de Trollhättan où étaient produites les Saab 9-3 et 9-5, des véhicules électriques dont le premier modèle sera issu de la Saab 9-3 Griffin actuelle avant d’être commercialisé fin 2013 ou début 2014. On ne sait pas quels marchés sont concernés par ses futures NEVS-SAAB électriques. NEVS prévoit de fabriquer et de vendre quelques 100.000 voitures chaque année dès 2015-2016.

Comme je le disais il y a quelques semaines, NEVS AB est dirigé par une ancien cadre de Volvo Trucks, Karl-Erling Trogen (vrai manager ou homme de paille ?). Reste à savoir ce que vont faire le spécialiste chinois de la production de biomasse et le fond japonais spécialisé dans l’investissement dans les nouvelles technologies et l’écologie car on voit assez mal comment vendre 100.000 berlines de milieu-haut de gamme sur le marché quand des géants comme Nissan, GM se cassent les dents à coup de quelques milliers de ventes annuelles. On restera toutefois très dubitatif face à cette reprise et sa pérennité sans en passer par des autos plus classiques mais aussi sans réseau de distribution  et avec un seul modèle dans sa gamme.

A la vue de cette reprise (qui couvre à peine un tiers de la valeur de la dette de Saab), on peut se demander ce qu’il va réellement advenir de  Saab et personnellement j’ai de sérieux doutes avec cette reprise qui ressemble un peu à un bébé qu’on aurait jeté avec l’eau du bain pour s’en débarasser.

Via Swedishwire, LeTribune.