Après l’article sur l’annonce du dernier carré de voitures encore en course pour le titre de Voiture Mondiale de l’année 2014, je vous propose pour compléter le sujet quelques images que l’on ne vous montre pas souvent voire même jamais. Direction une conférence de presse pour découvrir la « dureté » des métiers de pigiste, journaliste, rédacteur, photographe, communiquant et autres rats de buffet ou adeptes des cadeaux lors des salons automobiles.

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En général, comme ici à Genève, vous arrivez bien à l’heure à la conférence de presse. Quelques poignées de mains aimables (on ne sait jamais, on pourrait trouver un meilleur job ou une invitation à une autre conférence-meeting de 2 jours aux Baléares !), deux ou trois sourires aux jolies hôtesses, on se faufile avec tout le matos du pro de l’auto (tablette, Smartphone HD, APN, petit carnet car le pigiste sait encore écrire avec un crayon sur du papier) … Soudain, un bruit sourd dans les hauts parleurs et on entend avec bonheur : » Ladies and gentlemen, can we have your attention ? »… Et hop c’est parti pour 12-15 minutes de conf’, intéressante ou non mais dont 50% de l’assistance se fiche éperdument, préférant, twitter, « zieuter » et se déplacer discrètement pour être proche des buffets. Fin de la conférence moins 3 minutes ! Ouf il a fallu donner 8 minutes d’attention, et quelques un sont déjà en hypoglycémie; les toasts divers et variés vont être aussi nécessaires qu’un cachet d’aspirine à un migraineux.

Pour être courtois, les organisateurs lâchent en français : » Merci à tous de votre attention. Un buffet et quelques petits cadeaux vous attendent derrière vous ! ». Allez, j’ai bien 5 minutes pour faire quelques photos et rentabiliser mon nouveau Bridge à objectif Leica… Manqué, car entre les professionnels d’Instagram et de l’iPhone 5, les adeptes du selfie inutile, les amateurs de photos avec les hôtesses, tout n’est que bousculade, bras en l’air, cris étranges mais heureusement que l’écran de l’APN est mobile et vous autorise quelques clichés qui se révéleront finalement inutilisables car flous, mal cadré ou pleins de mains en l’air et de smartphones. Oui il faudra attendre les clichés officiels.
Et là soudain, comme lors d’une charge à la façon peu élégante des spartes du film 300, vous vous trouvez emporté dans une cohue où l’on se bat pour un verre de Fendant, une bière fraiche, une brochette de viande des Grisons accompagnée de ses micros dés de vrai Gruyère suisse ou le fameux éclair à la pistache de 9h00 du matin.
Emporté par le flux, vous vous retrouvez face à une jolie blonde qui vous demande ce que vous désirez et là, même pas le temps de répondre que le reflux vous emporte face au jus d’oranges fraiches. Zut, loupé pour le Fendant 2012 ! Vous tentez une sortie, un dégagement grâce à deux discrets coups d’épaule et de coude mais non, c’est mort, rien y fait vous voilà coincé entre deux monsieurs bien mis, en costume, qui pleurent des tours de cou et les fameux sacs façon Marionnaud avec clef USB, pins, et autres crayons publicitaires qui viendront épater les collègues de bureau ou qui finiront au fond de la boite à gants de la voiture de fonction, oubliés à tout jamais.

Vous retrouvez l’équilibre, vous n’avez toujours rien grignoté car les pros du buffet et les vrais tamalous sont là. Ils gardent la boisson, la nourriture et les gadgets bien mieux que ne le feraient les chevaliers d’Arthur. Le coup de coude, de ventre ou de fesses est une de leurs armes favorites, c’est discret et imparable.
On vous adresse un sourire, tient, c’est bon signe ! C’est bien évidemment pour vous farcir le bavard de service, celui qui connait tout, vous donne les résultats de l’élection avec 5 semaines d’avance, vous raconte sa vie et finit par vous tourner les talons avec mépris quand vous lui dites que vous travaillez pour le web ! Pff, le net c’est pour les amateurs, pas pour les bons (et pourtant il y a des très bons sur la toile… Chris Harris est de ceux là !).
Un coup d’oeil à la montre, quelques bousculades plus tard vous accédez enfin au coin du buffet où une jolie brune vous demande avec un accent charmant : » Vous désirez ? Je peux vous aider ? » Et comme le Fendant et tout ce qui aurait pu être agréable au palais ont été dévorés par la horde, vous vous rabattez sur un verre d’eau d’Evian et… rien puisque tout a été englouti.
Le temps d’avaler votre verre d’eau, de faire un sourire, la demoiselle vous fait savoir qu’elle n’a plus le fameux sac cadeau de parfumeur et elle vous explique gentiment que vous trouverez dans deux jours sur le site officiel le communiqué de presse nécessaire à l’information !
Quarante cinq minutes, 28 coups divers et variés et un verre d’eau plus tard vous quittez le lieu de la conférence. un coup d’oeil au planning, il n’est que 9h15… Direction la conférence suivante ou la présentation sur le stand 24B, les voraces sont déjà partis et ils ont de l’avance, une deuxième bataille du p’tit four se prépare mais il ne faudra pas en être tant cela est pénible quand on se coltine les grands professionnels de la chose.

Du calme, du recul et de la distance sont nécessaires pour bien travailler et le mieux, croyez moi, c’est après l’heure du goûter. Pour être profitable, agréables et enrichissantes, les journées presse doivent se faire de 16h30 à 20h00 quand les voraces, les profiteurs sont partis digérer ou squatter les réceptions données hors du salon.

Crédits photos : WCOTY