Essai Peugeot 5008 II 2017 - Photos

Depuis sa présentation en septembre dernier et l’essai du 3008 quelques semaines plus tard, on attendait forcément avec impatience de pouvoir prendre en mains ce nouveau monospace 5008. Afin évidemment de juger de ses lignes mais surtout de savoir s’il aura su conserver un formidable dynamisme. Le constructeur veut frapper fort avec son nouveau véhicule, c’est pour cela qu’une trentaine de voitures étaient prêtes au pied de l’impressionnant hôtel Myriad à Lisbonne pour 6 semaines d’essai.

 

Esthétiquement, peu de choses à dire par rapport à son petit frère. Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, ce sont quasiment les mêmes.

Donc concernant le style, la volonté de proposer un SUV est toujours très visible. Ce genre continue d’être très à la mode et a véritablement poussé les marques à le décliner sur un maximum de modèles. Ce 5008 Mk.II propose alors une garde au sol surélevée, l’impressionnante calandre verticale, de grandes roues et évidemment quelques protections en plastique ici et là.

 

La face avant est strictement identique et les lignes acérées n’ont pas disparu. C’est à l’arrière qu’il faudra jeter un œil pour différencier les deux SUV. Pour offrir une habitabilité accrue à bord, exit l’allure coupé, place à un design plus rectangulaire. Mais grâce à quelques astuces, telles que des parties en noir ou encore une ligne oblique chromée, cela reste très agréable à l’œil. Évidemment, les feux arrières à trois griffes sont toujours de la partie et font leur petit effet.

Les Portugais ont beaucoup apprécié ce véhicule, beaucoup de regards sympas ou de questions. Et si vous vous inquiétez de devoir choisir le 5008 pour le côté pratique au lieu de vous diriger vers le 3008 qui vous plaît tant j’ai une bonne nouvelle pour vous. Le designer Gilles Vidal préfère notre nouveauté du jour pour les plus grandes difficultés qu’il a représenté en termes de design (oui j’écoute Turbo, et alors ?).

Dans l’habitacle on retrouve un i-Cockpit 2.0 totalement identique. Ce qui change le plus c’est évidemment l’habitabilité aux places arrières, l’apparition d’une troisième rangée de sièges ou encore une modularité nettement en hausse.

Je ne vous refais pas un tour complet de l’i-Cockpit que l’on vous a déjà bien présenté dans nos 3 essais du 3008 (1,2,3). Il opère toujours très bien sur moi, tant par son design, son ergonomie ou sa prise en main. Certains ajustements peuvent être encore à revoir pour se hisser au niveau des meilleurs mais le mariage des matières est vraiment agréable. Très peu de plastiques disgracieux viendront vous abîmer les yeux.

 

Le système Audio Focal est toujours de la partie à bord pour 850 € et fait toujours du bon travail dans la totalité de l’habitacle. De quoi accompagner vos trajets de vacances de la meilleure des façons et calmer les marmots…

Car des enfants vous pourrez en mettre à l’arrière, et pas seulement ! Comme je vous le disais un peu plus haut, une troisième rangée de sièges a fait son entrée dans le coffre pour proposer un total de 7 vraies places. Je les ai toutes testées, et même si personnellement je n’aurais pas envie de faire trop de kilomètres tout au fond, 7 adultes pourraient facilement y tenir. Alors vous vous doutez bien qu’il est possible d’emmener en vadrouille toute votre petite famille dans les meilleures conditions. La seconde rangée est extrêmement accueillante. La place aux jambes est absolument parfaite tout comme la garde au toit. Le seul reproche que je pourrais faire nous vient de la tablette qui descend trop bas, sur les genoux.

Le coffre (qui ne s’ouvre pas assez haut…) dispose de 702 l de chargement et jusqu’à 1940 l. Évidemment avec la troisième rangée de sièges on ne passe plus qu’à 166 l. Mais ils peuvent également très facilement se retirer (11 kg seulement), et vous faire gagner cette fois-ci 80 litres supplémentaires.

 

Le 3008 m’avait scotché par son incroyable tenue de route et le plaisir de conduite qu’il m’avait procuré sur les routes italiennes. Alors je redoutais vraiment de prendre en main ce Peugeot 5008 de peur de me prendre une énorme claque de déception.

Fort heureusement ce ne fut absolument pas le cas, la position de conduite reste idéale et on se sent très rapidement pleinement à l’aise au volant.

J’ai vite attaqué par des routes sinueuses, et il ne m’a pas fallu longtemps pour commencer à m’amuser à son volant. Tout en me rappelant qu’on en a parcouru du chemin en quelques années pour pouvoir presque prendre son pied dans un véhicule de ce segment. Une conduite sportive ne se voit pas entachée par une importante prise de roulis, cette dernière est très légère. Le petit volant est en plus idéal pour ce type de conduite mais est gâchée par des palettes fixes (avec la boîte EAT6). La trajectoire demeure totalement celle que l’on souhaite et le freinage fait bien son travail.

Côté motorisations, le Peugeot 5008 est une nouvelle fois plutôt bien fourni, même si il faudra faire avec des moteurs moins expressifs que chez Volkswagen par exemple. Sur la journée d’essai, 3 blocs sont passés entre mes mains. J’ai commencé par le THP 165 qui colle parfaitement au caractère bien trempé de ce nouveau SUV. La sonorité est tout d’abord agréable et les accélérations plutôt bonnes pour s’insérer ou dépasser en toute sécurité, mais sans être fulgurantes. Quant au BlueHDI 180 pris en main juste après, il s’avère plus onctueux et offre évidemment de meilleures reprises grâce à ses 400 Nm de couple. Ses accélérations sont linéaires mais il m’a cependant semblé moins agile et fun à emmener, peut-être en raison de son poids bien plus élevé (1530 kg contre 1365 kg). Étonnamment avec ces deux moteurs on ne ressent pas véritablement leur puissance, et on regrette l’absence de mécaniques plus fournies en chevaux vapeur.

Enfin, je retrouve le moteur pour lequel j’ai un gros coup de cœur depuis quelques mois, le PureTech 130. Il est moins puissant et les chiffres parlent d’eux même. Mais il offre un agrément de conduite terriblement agréable, il semble réactif en toutes circonstances et polyvalent. J’ai même eu du mal à le sentir essoufflé dans les ruelles très pentues et bondées de monde de la capitale portugaise. Si je devais conseiller de potentiels acheteurs je les dirigerais très certainement vers celui-ci. Pour ce type de véhicule (très familial) c’est pleinement suffisant selon moi. Autant le THP 165 peut-être vraiment très sympa sur le 3008 autant je préférerais économiser quelques euros sur un 5008. Quitte à me faire plaisir avec quelques options, comme le Grip Control et le toit ouvrant par exemple.

Même si je n’ai pas pu prendre en main les deux plus petits blocs diesel proposés je me dois de fournir un avis. Je n’avais déjà que peu apprécié le BlueHDI 120, trop pataud à mon goût, alors avec une soixantaine de kg en plus cela ne peut pas s’être amélioré. Mais si vous vous refusez à choisir une version essence il devrait quand même faire l’affaire face au PureTech 130. En revanche, je ne pourrais en aucun cas me résigner à conduire le BlueHDI 100, il est quand même à mon sens important d’en avoir un peu plus sous la pédale pour profiter de son véhicule.

Essai Peugeot 5008 II 2017 - Photos

Dans n’importe quelle configuration, je n’arrive pas à comprendre ce que reprochent mes collègues à l’EAT6. Elle représente pour moi une bonne boîte automatique qui ne provoque pas d’à-coups et place le bon rapport dans la majeure partie des situations. Trois modèles différents sont passés entre mes mains avec celle-ci et je n’ai jamais rien ressenti de désagréable en sa compagnie. Si vous, en tant que client et utilisateur quotidien, avez des choses à dire à son sujet : n’hésitez franchement pas à nous en faire part !

Pour en revenir à la prise en main générale, en ville notamment, la direction est bien démultipliée. Elle s’avère ainsi très maniable en ville ou lors de manœuvres. Son gabarit impressionnant à l’extérieur, ne se ressent pas depuis l’extérieur et il se prend en mains très facilement dans les petites rues. Un très bon point pour un véhicule familial. A l’inverse, sur les routes accidentées du Portugal, un mode confort offrant des suspensions un peu plus souples pourraient probablement ne pas être mal pour soulager nos lombaires. Il reste quand même très confortable et s’avère être un bon compagnon de route.

 

Le duo de crossover français est vivement critiqué pour l’absence de transmission intégrale. Pourtant cela permet de fortement diminuer le poids et donc améliorer l’agilité, surtout sur le sec. J’ai d’ailleurs été très surpris par son poids qui, à vide, varie de 1310 kg à 1530 kg. Au final, nous avons un véhicule énergique et demandeur qui n’a pas volé le Lion posé sur sa calandre. Et malgré cette absence de 4 roues motrices il se permet de pouvoir barouder à son aise sur quelques chemins de traverses, il reste stable sur les sentiers même en le malmenant. Sa garde au sol, plutôt importante, de 23,6 cm lui permet en plus d’échapper facilement à de nombreuses situations (angle d’attaque à 19°).

 

La composition de la route, les divers arrêts pour les photos ou la conduite dynamique ne nous ont pas permis de pouvoir vous offrir des chiffres de consommations réalistes pour une conduite au quotidien. Mais pour vous faire une idée. Vous pouvez facilement ajouter 1 à 2 litres aux chiffres annoncés. À titre d’exemple cela donnera environ  6.8 l/100 pour le 180 ou 7.2 l/100 pour le 130. D’autres essais arriveront rapidement dans l’année pour mieux vous conseiller…

Assemblé à Rennes, ce nouveau SUV Peugeot 5008 commencera ses livraisons dès la fin du mois de mai. Pour l’acquérir il faudra rédiger un chèque d’au moins 26 400 € (avec le PureTech 130) et jusqu’à 43 750 € (avec le GT BlueHDI 180). Quelques options incontournables sont évidemment disponibles comme l’Advanced Grip Control (810 €), le démarrage mains libres (400 €) ou le toit ouvrant (1 200€).

 

En cette semaine de salon de Genève, le 5008 est probablement l’une des stars du public lambda. Et il n’aura certainement pas volé ce coup de projecteur. Il est beau et offre un comportement routier exceptionnel, bien digne de Peugeot. Le confort est au rendez-vous tout comme la sécurité, avec un châssis collé à l’asphalte. La volonté de rendre extrêmement pratique ce nouveau 5008 est pleinement réussie et il s’avère parfaitement maniable au quotidien. Il n’est en plus pas facile de lui trouver des concurrents tant leurs philosophies semblent différentes. Du côté des 7 places vous pourriez vous diriger vers le tout nouveau Skoda Kodiaq ou le Nissan X-Trail. Beaucoup plus haut placé financièrement, un Discovery pourrait aussi faire le job.

J’en profite pour remercier vivement Peugeot pour cette nouvelle invitation.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)

En bonus, et comme je n’ai pas beaucoup parlé de l’i-Cockpit, je vous propose de (re)découvrir les animations avec une petite vidéo :