Puisque c’est de saison, je me suis dit que j’allais vous pondre un petit récapitulatif concernant l’industrie automobile du Cher Leader Kim. C’est dans un moment comme celui-ci que l’on trouve les données JATO ou Mavel un brin incomplètes… Mais, voyez-vous, le Cher Leader n’a sûrement pas un mauvais fond : il tient à ce que son pays produise des voitures. Et pas n’importe lesquelles, Monsieur a du goût.

Oui, vous vous doutiez bien qu’un pays trop occupé à ne pas nourrir ses habitants se devait de produire des voitures. Pour le symbole de liberté, on repassera, de toutes manières, personne ne peut s’en offrir. Cela n’empêche pas le Cher Leader d’avoir un faible pour les Mercedes. Dès lors pourquoi se contenter d’en acheter ? Ce brave Jong-Il (ou plutôt son père Il-Sung, au vu de l’époque) a ainsi décrété que son pays allait produire sa propre Mercedes nationale : la Kaengsaeng 88 ou Pyongyang 410 (le 410 correspondant à la date du 10 avril où le Cher Leader a décrété que la voiture changerait de nom). La recette est assez simple : importez un lot de 190E, copiez la voiture et… Sortez la vôtre. On ose imaginer qu’elle a fortement été « decontentée » entre temps. Inutile de me demander un quelconque chiffre de production, la glasnost n’étant pas ancré dans les mœurs du Cher Leader.

Mais l’histoire ne s’arrête pas ici. Loin s’en faut. La République Populaire Démocratique de Corée du Nord étant aussi démocratique que Boy George est viril (méfiez-vous des noms trop explicites), il n’en fallait pas moins pour que Fiat, marque championne des régimes douteux y produise quelque chose (il manque tout de même Ceausescu au palmarès de la firme italienne). La world car d’alors est chargée de remplir son office : la Sienna (Palio tricorps) y est produite au compte-goutte [probablement plus d’affiches que de voitures] sous l’appellation Pyeonghwa Hwiparam, le Doblò suivant peu de temps après (Ppeokpuggi). Dans les deux cas, ce sont des kits CKD en provenance du Viêtnam assemblés pour le Glorieux Régime du Cher Leader.

Un petit mot sur la société qui produit ces voitures : il s’agit de Pyeonghwa (paix) Motors, joint-venture entre Pyeonghwa Group (liée à la secte Moon, les grands esprits se rencontrent) et Ryonbong General Corp (Nord-coréenne).

Une chaleureuse vidéo informative accompagne la Hwiparam (la bande son est une vraie merveille) et vous y découvrirez toutes les prestations du véhicule. Je me demande si l’installation audio peut capter Radio Free Europe…

En dehors de ces modèles, le Cher Leader a également fait produire via Pyeonghwa Motors des (au moins une, pour être plus exact) Ssangyong Chairman sous l’appellation Junma, la Brilliance BS4 a également eu droit à sa version (Hwiparam 2) tout comme un ancien Hi-Ace rebaptisé Samchurli. Les Premio et Premio Max sont quant à eux des répliques de 4×4 chinois (eux-mêmes pas très originaux à la base) : Huanghai Shanguan

Bien entendu, avoir une voiture en Corée du Nord est déjà un privilège mais sachez que le comble de la classe est assuré par une immatriculation commençant par 216 (pas la Rover mais la date de naissance du Cher Leader, soit le 16 février).

Quoi qu’il en soit, faîtes vos choix, je vous laisse le catalogue. Et une intéressante galerie d’images.

Via : Wikipedia, Autoweek et Leblogauto. La première image vient d’ici.