À quoi ressemble une journée type sur le Tour Auto ? Un réveil (très) matinal, un petit-déjeuner englouti en vitesse sur le bord d’une jolie départementale, beaucoup de belles routes et de beaux villages traversés avec notre Clubman, un passage sur circuit pour voir bruler les gommes et se faire exploser les tympans mais aussi et surtout des épreuves spéciales chronométrées pour faire parler le savoir-faire des pilotes, et accessoirement établir un classement. En ce mardi ensoleillé, nous partons de Beaune pour rejoindre Lyon.

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Pas de répit pour les pilotes et leurs voitures, un doux bourdonnement résonne dans Beaune dès 7 heures, et les 240 équipages se mettent alors en route vers de nouvelles aventures et des contrées plus jolies les unes que les autres. Les bords de route sont à eux seuls un spectacle avec des scènes aussi pittoresques qu’impressionnantes dans des villages habituellement meurtris par le passage des poids-lourds.

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Après quelques dizaines de kilomètres de roulage pour préparer les voitures et réveiller les pilotes, cette seconde étape du Tour Auto nous plonge directement dans le vif du sujet en nous emmenant sur le Circuit de Bresse. Ce dernier se caractérise par un tracé technique et exigeant sur lequel se sont élancées les 237 voitures en lice et leur seul pilote, puisque le copilote n’est pas admis à bord lors des passages sur piste (en même temps, il perd pas mal de son intérêt sur circuit…).

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S’élançant par plateaux, comme la veille, la différence de performances entre les différents modèles engagés se fait immédiatement ressentir et il est assez impressionnant de voir les vitesses que peuvent prendre des voitures comme les Ford GT-40 ou les Jaguar Type-E en ligne droite, alors que des Ford Taurus ou Alfa Romeo Giulietta tournent alors en même temps. Ce genre de situation offre un spectacle assez impressionnant où les dépassements sont légion et les touchettes ne peuvent être évitées… Lorsqu’on voit le prix de certaines voitures, on serre les fesses (à la place des pilotes) mais on est heureux de les voir dans leur élément servir à ce pour quoi elles ont été conçues. La Corvette d’Anthony Beltoise et de Jean-Pierre Gagick remporte elle la palme du son le plus… éprouvant pour les oreilles. Engagés pour huit tours, les pilotes de la série « Compétition » se livrent alors une bataille acharnée pour décrocher le meilleur temps et grappiller ainsi des places dans le classement principal, alors que ceux de la série « régularité » ne sont là que pour le fun (et encore…).

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Les paddocks et espaces réservés aux techniciens sont l’occasion de voir à l’arrêt ces monstres de puissances et/ou modèles d’élégance se transformer pour passer sur piste, à l’image de cette Porsche 911 3.0 RSR rouge qui voit sa chausse modifier…

Midi, le soleil est au zénith et nous prenons la route en direction de notre escale pour déjeuner : Cluny. Nous en profitons ainsi pour continuer notre découverte de la Bourgogne et découvrons une facette plus vallonnée de cette région autour de Mâcon, pleine de routes en lacets et de forêts de sapin à l’odeur et aux couleurs printanières.

Notre Clubman continue lui vaillamment de faire son travail avec la manière, là où le road-book nous le demande. Les routes du Tour Auto sont une nouvelle fois bondées de spectateurs et l’ambiance est décidément très bon-enfant, la bouille sexy de la Mini avec ses feux de jour ronds à LED et ses bandes noires aidant beaucoup à provoquer de la sympathie sur son passage… Son museau bodybuilé par rapport à une Mini 3 portes et son allure de break de chasse attirent l’œil de nombreux badauds une fois la belle arrêtée, et l’on se transforme même pendant quelques minutes en concessionnaire Mini pour leur faire découvrir la voiture.

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Nous arrivons à Cluny et faisons notre entrée dans le parc de cette superbe abbaye du Xe siècle, lieu d’étape-déjeuner avant de repartir sur les spéciales de l’après-midi. Pendant que les voitures et leurs pilotes font le plein et relâchent leurs efforts, nous les admirons dans ce cadre idyllique avant de partir vers Lyon…

Déjeuner littéralement absorbé et voiture remplie, nous mettons le GPS en direction de la spéciale se déroulant sur les hauteurs de Villefranche-sur-Saône et empruntons ainsi la magnifique route des vins, là où nait le Chardonnay. Notre balade sportive se transforme alors en véritable promenade touristique avec un enchaînement de villages de plus en plus pittoresques, nichés entre coteaux et forêts. L’architecture change petit à petit, les toits s’aplatissent et les pierres s’éclaircissent… Le sud arrive. Les routes sont un appel à attaquer et les pilotes n’hésitent pas à y aller, alors que les routes sont ouvertes à la circulation. Lorsque les gendarmes ne sont pas là, l’organisation joue les rôle de garde-fous et n’hésite pas à distribuer des boulets aux participants un poil trop pressés, comme cette Porsche 911 2.0 L qui écope d’une pénalité de 10h00 (!) pour excès de vitesse.

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Malgré un coffre rempli et quatre gaillards à transporter, la Clubman Cooper SD ne bronche pas et garde un agrément de conduite excellent quelque soit les situations et le type de revêtement. Faute de bénéficier d’un amortissement piloté qui aurait pu lui permettre d’être un poil plus souple sur route abimée (et dieu sait que nous en avons en France), elle offre une polyvalence agréable grâce à son sélecteur de mode qui lui donne, comme nous l’avons vu hier, plusieurs facettes. Respectueux de la nature (malgré ce pauvre petit serpent qui avait décidé de faire une sieste sur la route), nous enclenchons le mode « Green » et profitons ainsi de paramètres optimisés pour moins consommer… L’anneau lumineux au centre de la planche de bord se pare alors de vert et un système de récupération d’énergie en descente nous permet d’alimenter les fonctions de confort de la voiture (clim’, multimédia, etc.), un dispositif tout droit venu de chez BMW, l’Efficient Dynamics. Cela offre au Clubman Cooper SD une relative sobriété avec un score mesuré de 7,5 L / 100 km, et ce malgré des routes au dénivelé changeant et une conduite somme toute « normale ».

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Nous arrivons sur la dixième section de la seconde spéciale (longue de 12,4 km) et nous nous postons à un virage stratégique, un droite serré en montée au bout d’une portion rapide sur laquelle les équipages arrivent à une certaine vitesse. Il est toujours assez impressionnant de voir les pilotes attaquer autant au volant de telles voitures à plusieurs centaines de milliers d’euros et ayant un certain âge…

Le poids des années se fait alors sentir le soir, lors de notre arrivée à Lyon. Le parc fermé est l’occasion pour nous d’approcher les voitures après une journée menée à tambours battants sous 25° avec un passage sur circuit, 250 km de routes ouvertes et deux spéciales chronométrées. Autant vous dire qu’après autant d’efforts, machines et équipages sont rincés… Rentrent alors en jeu les petites mains de la course, des orfèvres de la mécanique capables de monter/démonter une voiture les yeux fermés. L’ambiance dans le parc d’arrivée est assez particulière avec une pléiade d’officiels et d’invités en tenue de soirée et parfumés qui viennent saluer des pilotes en sueur sous leurs combinaisons, alors que des centaines de personnes s’affairent devant l’arrivée de cette seconde étape pour admirer les athlètes et leurs jouets motorisés. Une chose est sûre, tous ces gens ont un point en commun : la passion de l’automobile.

Le classement général de l’épreuve, toujours menée par les Shelby Cobra et Jaguar Type E, est à retrouver ici. Quant à nous, nous vous retrouvons demain pour la troisième étape de cette 25e édition du Tour Auto longue de 380 km et qui ralliera Lyon à Valence.

Photos : Ugo Missana.