Ce qui va suivre sort un peu des conseils classiques que vous pourrez trouver en tapant “conseils pour améliorer son pilotage” sur Google. Il s’agit pour beaucoup d’aspects plus psychologiques que techniques, que l’on sous-estime souvent. Mais, une fois lues et assimilées, ces réflexions font sens. Ces conseils ne proviennent pas de mon expérience mais d’une synthèse des points que j’estime important au sein d’un livre écrit par Ross Bentley intitulé Speed Secrets : Professional Race Driving Techniques (Les secrets de la vitesse : les techniques professionnelles de course).

  • 1 / Freiner plus tard n’est pas utile si on freine plus fort pour compenser

En effet, un des gros gains afin d’améliorer ses temps sur circuit c’est le freinage. Freiner plus tard, c’est le nerf de la guerre. Mais inconsciemment, il arrive qu’en freinant plus tard on mette plus de pression dans le freinage pour compenser. En définitive, aucune amélioration… Méfiance donc à ce que retarder son freinage ait un réel impact.

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  • 2/ Le bon moment pour relâcher les freins

Se focaliser sur un point de freinage de plus en plus tardif c’est en effet très important, même primordial. Mais nul ne sert non plus de retarder son point de freinage si c’est pour retarder le point où l’on arrête de freiner… C’est alors un aspect sur lequel également se concentrer, veiller à conserver toujours le même point où l’on arrête de freiner pour que la distance de freinage soit réellement raccourcie.

  • 3/ Réussir à passer une courbe à fond

Parfois, on sait qu’une courbe passe à fond. Malheureusement, passage après passage, votre pied attrape machinalement les freins ou relâche irrémédiablement les gazs. Votre fusible interne ne veut rien savoir et se déclenche à tous les coups. Que faire alors ?

Pour un virage que l’on veut prendre à fond, relâchez de vous-même dans la ligne droite et reprendre du gaz avant de tourner. Au fur et à mesure, relâchez de plus en plus tard les gaz jusqu’à être à fond partout.

Voici une vidéo de Jethro Bovingdon, journaliste et pilote, qui tente de passer le Raidillon de l’Eau Rouge à fond, impressionnant…

  • 4/ Ne pas suivre les traces de pneu

Sur piste, on pourrait croire que suivre les traces de pneus donne une bonne idée des trajectoires correctes. Néanmoins, ces traces de pneus signifient justement une erreur de trajectoire. C’est alors une bonne indication à condition que l’on se tienne un peu à l’écart de celles-ci.

  • 5/ En cas de sortie de piste, ne pas chercher à se remettre en piste trop vite

Il arrive que, lors d’un virage un peu optimiste, on morde au delà de la piste et que l’on se retrouve dans l’herbe ou les cailloux. Ça “jardine” comme on dit dans le milieu… Le reflex est de braquer à l’opposé toute afin de se remettre en piste tout de suite. Malheureusement, dans la précipitation, l’avant de la voiture se retrouve vite sur l’asphalte et l’arrière encore dans le jardin. Je ne vous fait pas de dessin, c’est le tête à queue. Il vaut mieux laisser la voiture se stabiliser dehors, si vous n’en avez pas encore perdu le contrôle, et revenir doucement en piste.

  • 6/ “L’ivresse des G”

Le bonheur dans le fait de rouler vite, c’est cette sensation de grip latéral d’une voiture qui tourne, cette sensation de G latéraux, surtout sur piste. Mais il ne faut pas se faire avoir par “l’ivresse des G” qui consiste à garder trop longtemps le volant tourné de façon à ressentir cette sensation le plus longtemps possible. Ceci aboutit à ne pas débraquer suffisamment tôt son volant en sortie de virage et donc perdre du temps bêtement. On rappellera donc qu’il faut débraquer son volant une fois passé le point de corde afin de pouvoir reprendre un maximum de gaz le plus tôt possible et s’extraire rapidement.

  • 7/ Gérer un freinage trop tardif

Si jamais on a un problème de frein ou alors si on arrive beaucoup trop vite sur un virage, il faut prendre la corde plus tôt pour essayer de se rattraper. Ne pas hésiter non plus à relâcher un peu les freins, plutôt que de taper comme un sourd dedans, afin d’aider la voiture à tourner.

  • 8/ Trop vite, c’est aussi ralentir

Si votre vitesse d’entrée en virage est telle qu’elle retarde le moment où vous pouvez accélérer alors il faut ralentir. Cela répond notamment au principe général qu’il vaut mieux sacrifier l’entrée et optimiser sa sortie.

  • 9/ Rapide n’est pas brutal

Il faut en effet freiner fort. Néanmoins, il s’agit de relâcher doucement les freins d’une part et passer des freins aux gaz doucement d’autre part. Le fait de passer des freins aux gazs, ou inversement, trop brutalement aurait pour cause de déséquilibrer la voiture. Le temps gagné dans la brutalité des actions est anecdotique en comparaison à ce qu’on perd à déséquilibrer la voiture voire à en perdre le contrôle. C’est d’ailleurs une notion à appliquer dans tout comportement à bord que se soit dans le changement de rapport ou les actions sur le volant.

Regarder ici les actions de Loeb à la fois au niveau du volant mais aussi des pieds. Tout parait si calme et pourtant tout va très vite.

  • 10/ Si l’on a du corriger, c’est que la trajectoire n’était pas la bonne

Il faut regarder si on a du corriger son angle au volant pour atteindre le point de corde. Notamment, si on à du débraquer un peu, ce qui signifie probablement que l’on a plongé trop tôt et que l’on aurait pu passer plus vite. Normalement, une fois le volant braqué, on n’est plus censé modifier l’angle avant de débraquer, passé le point de corde.

 

Source : Speed Secrets: Professional Race Driving Techniques, Motorbooks, Ross Bentley.