Allô ? Non mais allô ? T’es en 2018 t’as pas de SUV familial dans ta gamme ? Car oui, Citroën est l’un des derniers à arriver sur ce marché bien trop concurrentiel et surchargé avec son C5 Aircross. A ceci près…ce que n’est pas un SUV. Laissez-moi vous expliquer.

Alors je vous entends d’ici me dire « ouais bah t’es mignon Jean-Baptiste mais il ressemble quand même beaucoup à un SUV ton machin ». Ce à quoi je vous répondrai que vous avez tout à fait raison : le C5 Aircross ressemble bien à un SUV. Il en adopte tous les codes : la garde au sol surélevée, les grosses jantes, les protections de carrosserie, le capot haut et plat… Tout y est. Mais, à vrai dire, il ne reprend pas tous les codes du segment ; il jette en effet aux ordures tout le côté (faussement) sportif et (totalement) arrogant que reprennent bien des concurrents. Non, là, tout se joue dans la subtilité des volumes, la justesse des proportions : le C5 Aircross paraît rassurant, protecteur, comme une force tranquille dans lequel vous vous sentez bien, en sécurité. Reposant.

Mais le C5 Aircross, c’est tout de même une Citroën avant tout. Et c’est d’ailleurs avec lui que la gamme de la marque termine son cycle de renouvellement : dorénavant, toutes les Citroën sont reconnaissables grâce à leurs projecteurs avant en deux parties et leurs pavillons flottants ; pour les cinq dernières créations (C3, C3 Aircross, C4 Cactus, Berlingo & C5 Aircross), les ressemblances vont encore plus loin avec les Airbumps, les touches de couleur autour des antibrouillards et les montants de pare-brise noirs. Un design totalement cohérent, donc, et on ne sera pas surpris que la personnalisation est au rendez-vous avec trente combinaisons différentes dues aux sept teintes, aux trois Pack Color (intérieur des barres de toit, cerclage des antibrouillards et des Airbumps en gris, rouge ou blanc) et au toit pouvant devenir contrasté. Un vrai p’tit grand Citroën – n’oublions pas ses 4.50 m de long, 1.86 m de large et 1.69 m de haut.

Même histoire à l’intérieur : le côté SUV est très présent avec une console centrale ultra massive et une planche de bord tout en horizontalité. Mais la touche Citroën est bien là, avec la possibilité de choisir entre cinq ambiances intérieures…et des plastiques pas au niveau. On trouve quasiment partout des plastiques durs, à l’aspect et au toucher assez cheap. Autant ça passe sur un Berlingo à 22 000 €, autant ça le fait nettement moins sur une voiture pouvant facilement coûter 10 000 € de plus. C’est d’autant plus dérangeant qu’ils côtoient des matériaux beaucoup plus raffinés (on parle de cuir Nappa, s’il vous plaît !) et des technologies carrément à la page, comme des compteurs numériques de 12.3 pouces ou l’écran central de 8 pouces. Allez, tant qu’on tape dessus, dommage aussi de ne pas trouver de vision tête-haute, surtout lorsqu’on sait qu’il est disponible chez son petit frère, le C3 Aircross.

Mais le C5 Aircross est une Citroën, et qui dit Citroën dit confort. Je vous parlais plus haut des cinq ambiances intérieures disponibles ? Sachez que quatre d’entre elles sont équipées des sièges Advanced Comfort, garnis de mousses à haute densité. Et ces sièges, mes amis, sont une petite merveille, combinant un moelleux particulièrement appréciable et un maintien dorsal sans l’ombre d’un reproche. Certains pourraient en prendre de la graine (n’est-ce pas, petite Leaf ?)…

Le confort se joue également au niveau de la modularité, et le C5 Aircross peut se targuer d’être aux premiers postes à ce niveau-là. Notamment grâce à son rang deux qui, à l’inverse de la classique banquette de la version chinoise, est doté de trois sièges indépendants, rabattables et coulissants sur 150 mm. Ce qui permet de faire varier le volume de coffre entre 580 et 720 litres, tout simplement la meilleure valeur du segment ! Les rangements répondent également à l’appel, avec notamment un immense vide-poche central. Enfin, n’oublions pas la recharge par induction pour les téléphones compatibles (ou les multiples prises USB pour les autres) ainsi que le grand toit ouvrant panoramique, toujours utile pour laisser passer un maximum de lumière dans l’habitacle.

Mais la notion de confort, du moins chez Citroën, ne s’arrête pas à des sièges qui font pouët pouët. Non, ça englobe bien d’autres choses, comprenant des matériaux isolants renforcés, des vitres avant feuilletées et, bien entendu, les fameuses suspensions à butées hydrauliques progressives de la marque. Et dans la pratique, ça donne quoi ? Eh bien c’est bluffant. Tout simplement bluffant. Je me dois d’insister sur ce point, car c’est juste démentiel : tous les éléments cités ci-dessus se rejoignent pour transformer l’habitacle en un cocon totalement isolé de l’extérieur. C’est surtout l’insonorisation qui m’a bluffé : pas un bruit aéro, si peu de grognements moteur ! Tellement reposant…

En parlant de moteurs, le choix est simple : deux niveaux de puissance, 130 et 180 ch, en essence comme en diesel, un point c’est tout. J’ai essayé les deux plus puissants et je n’ai pas grand-chose à vous raconter, si ce n’est que les deux blocs sont largement suffisants pour un usage quotidien. Ma préférence va tout de même au bloc essence, qui vibre et grogne (logiquement) moins que son homologue diesel. Il a aussi l’avantage d’alléger le train avant, permettant à la direction d’être plus vive et précise, ce qui est toujours bon à prendre. Ah, et deux derniers points sur la direction : celle-ci est très légère en manœuvre et se donne un peu plus de consistance lorsqu’on prend de la vitesse, ce qui ne rend jamais le volant désagréable à manier. Second point : le rayon de braquage est très honnête, ce qui vous rendra bien des services lorsque vous le garerez dans les étroits parkings de supermarché.

Terminons l’article en parlant gros sous : avec un tarif partant à 24 700 €, le C5 Aircross entend se placer au même niveau que Hyundai et Ford, laissant Peugeot et VW se disputer à l’étage supérieur. Toutefois, il faut bien se rendre compte qu’il s’agit là d’un tarif d’appel, et les versions un tantinet mieux équipées seront logiquement plus chères. La meilleure version, pour moi, serait la finition cœur de gamme Feel associée au PureTech 180 BVA8, démarrant à 33 150 €. Après, c’est vous qui décidez !

Vous l’aurez donc compris : je l’aime bien, ce C5 Aircross. Mais je n’ai toujours pas répondu à la question initiale : pourquoi n’est-il pas un SUV ? Parce que le terme « SUV » n’est rien d’autre que l’acronyme de Sport Utility Vehicle. Et si vous avez bien suivi, le C5 Aircross est à peu près aussi identifiable à une voiture de sport qu’une Bentley l’est à une auto bas de gamme. Du coup, je propose de le nommer CUV. C comme Cool, C comme Cohérent, C comme Confort, C comme Cocon, C comme…bah, comme Citroën quoi.

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux.

Merci à Citroën pour l’invitation !

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