Avant de commencer l’essai en lui-même, permettez-moi un instant de culture G blogautomobilesque. Lorsque vous lisez un essai sur notre site, c’est que nous avons essayé la voiture dans un des deux environnements suivants : soit par invitation de la marque (lors des lancements internationaux, généralement), soit la voiture nous est prêtée pour quelques jours. Les lancements internationaux, c’est trop bien. Ça nous permet de rencontrer d’autres blogueurs, les conférences de presse nous rendent incollables sur le modèle en question, plusieurs experts produits (en design, ingénierie, marketing…) peuvent répondre à nos questions les plus farfelues, bref, pour appréhender un nouveau modèle, c’est le pied.

Seulement voilà : on ne passe jamais assez de temps au volant et les boucles d’essais sont soigneusement sélectionnées pour faire paraître la voiture sous son meilleur jour. C’est pourquoi rien ne remplace un essai au long cours, et c’est pourquoi, maintenant que les présentations sont faites, j’ai décidé de mettre le nouveau Berlingo à l’épreuve du quotidien.

La partie statique sera toutefois assez courte, puisque rien n’a changé depuis notre première rencontre : oui, le Berlingo joue à fond la partition du cubisme, mais n’est pas non plus désagréable à regarder. La filiation avec les autres modèles de la marque saute aux yeux : les montants de pare-brise noirs, les trois étages d’optiques à l’avant, le capot haut et court, les touches de couleur autour des antibrouillards et des Airbumps, tout y est. La pack XTR, présent sur « mon » Berlingo, rend d’ailleurs ces derniers oranges et les accompagne de jantes spécifiques et de boucliers avec des petits skis de protection. Une bonne gueule, en somme.

L’intérieur ne change pas non plus, et se place vraiment dans la logique des « ultra ». Ultra logeable, avec cinq vrais sièges et un coffre aux formes droites, pouvant engloutir jusqu’à 775 litres. Ultra pratique également, avec toute une palanquée de rangements (186 litres au total !!) et des astuces qui facilitent la vie, comme les portes latérales coulissantes ou la lunette arrière ouvrante – bien utile, vu la taille pour le moins généreuse du hayon. J’émets simplement quelques doutes sur le bien-fondé du Modutop, cette arche de rangements sous le toit vitré : non seulement l’accès n’est pas hyper aisé, mais la capacité totale est assez décevante, sans compter que ça bloque la vue du toit panoramique… On aurait pu faire sans, je trouve.

Large !

La planche de bord est bien plus accueillante, avec notamment deux profondes boîtes à gant et des vide-poches en veux-tu en voilà. A noter que le pack XTR apporte quelques modifications sur le garnissage de l’habitacle, comme la jolie sellerie grise avec ses rayures vertes et sa grosse bande orange…et surtout (surtout) cette planche de bord « Reseda Green ». Alors je trouve ça absolument génial mais j’ai quand même reçu des témoignages moins enchantés. Une amie m’aura cependant fait remarquer avec grande justesse que la couleur permet de capter l’œil et ainsi ne pas (trop) contempler les plastiques durs et brillants aux ajustements parfois approximatifs.

Allez, en route ! Et c’est vraiment sur cette partie que l’on se rend compte du progrès énorme qu’effectue cette nouvelle génération de ludospaces. Je m’explique : avant, que ce soit au niveau de la position de conduite, du feeling de direction et de l’agrément routier, tout ramenait à la fibre utilitaire. On sentait vraiment que la base de la voiture n’était pas la transport de personnes… Sur le nouveau Berlingo, c’est tout l’inverse : on se sent à bord d’une vraie voiture. La position de conduite, certes très haute, ne souffre d’aucun reproche : les sièges sont confortables, le volant n’est pas (trop) à l’horizontale, les pédales tombent bien sous les pieds… Vraiment, rien à redire. La direction est très légère mais accompagne bien les roues, permettant ainsi à l’excellent rayon de braquage de l’illustrer avec brio. L’insonorisation est agréable, avec une vrai quiétude à bord jusqu’à 110 km/h – un peu de bruits aéro sont à relever au-delà, mais rien de dramatique. Une vraie voiture, quoi !

Un confort acoustique qui permet de discuter calmement et de profiter du système son vraiment pas dégueu. Quant au confort de nos petits derrières, je serai un peu plus mitigé. Citroën promeut depuis quelques temps un vrai confort d’usage, et la C4 Cactus, avec ses suspensions à butées hydrauliques progressives, en est un superbe exemple. Le Berlingo n’y a pas droit, mais profite tout de même de réglages franchement souples… Trop souples, même. Le maintien de caisse en virage est bien trop faible, et le Berlingo se vautrera et tanguera comme pas deux à la première courbe – ce n’est pas dangereux, juste désagréable. Dommage !

On terminera la partie dynamique avec mon moteur à l’essai, le BlueHDi diesel de 130 chevaux couplé à la boîte automatique EAT8. Ça ira vite : 130 chevaux, c’est largement suffisant pour l’usage de ce Berlingo. 10.8 secondes pour passer de 0 à 100 km/h, ça ne vend certes pas beaucoup de rêve, mais jamais le Citroën ne tire la langue, même à cinq à bord avec tous les bagages. Et la boîte automatique est absolument parfaite, toujours au bon rapport au bon moment, avec une rapidité et une réactivité assez bluffante. L’ensemble donne des ailes au Berlingo qui peut se targuer d’une vraie polyvalence et, couplé aux qualités routières énoncées plus haut, rend les longs voyages aussi légers qu’un vers de belle poésie.

Vous l’aurez compris : j’adore ce Berlingo. Citroën, dans sa communication et sa gamme, entend redonner aux voitures populaires ses lettres de noblesse : des voitures accessibles, qui se soucient du bien-être de leurs passagers. Avec le Berlingo, j’oserais même aller plus loin et dire que cette caisse entend rendre aux déplaçoirs ses lettres de noblesse. Attention, j’utilise ce terme avec une infinie bienveillance : après tout, nombreux sont ceux pour qui la voiture ne sert qu’à aller d’un point A à un point B –probablement ni vous ni moi, mais nous ne représentons qu’une frange infime de la population, ne l’oublions pas. Et pour ces gens, le Berlingo est parfait ! Il n’est pas trop cher (mon exemplaire facturé 32 000 € est complètement hors de propos, mais on peut avoir une config super sympa à 25 000 € avec l’excellent PureTech 110), déborde d’aspects pratiques, est à la page niveau technologies embarquées, est super confortable et se dote d’une polyvalence absolument imbattable. Pourquoi se fatiguer avec un SUV pseudo-sportif et pseudo-pratique quand on peut avoir mieux pour moins cher ?

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux

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