Urban Adventure : Un concept de Subaru visant à créer une voiture conçue pour un usage dynamique et passionné, le tout dans un paysage urbain. Ainsi est née en 2012 la Subaru XV (présentée au 64e salon de Francfort en 2011), dont la face avant rappellera probablement à beaucoup celle d’une Impreza et pour cause, la XV est en fait une Impreza 5 portes Hatchback réhaussée (sans compter que le nom original semblait être “Impreza XV”). La plate-forme de base est donc identique. La prestation est-elle à la hauteur de la réputation du châssis ?

Commençons par être ennuyeux par le biais de quelques chiffres : Le modèle essayé est doté du moteur Boxer Diesel de 2.0L, développant 147ch (à 3600 tr/min) pour 350Nm de couple (maxi disponible dès 1600 tr/min et ce jusqu’à 2400 tr/min). Sur la balance, la XV pèse 1440Kg à vide.
Le classique exercice du 0 à 100Km/h est abattu en 9.3 secondes et la vitesse maxi est officiellement de 198Km/h.
Des Yokohama GEOLANDAR G95 en 225/55/R17 (pneus 4 saisons) assurent l’adhérence.

Premier contact

La couleur verte, nommée “Plasma Green Pearl”, est du plus bel effet. On aime ou on n’aime pas, mais ça a le mérite de mettre un peu de couleur au milieu d’un paysage automobile majoritairement monochrome !
Le coffre m’a permis de charger tout mon matériel photo et une valise, mais une impression d’étroitesse domine, probablement du au fait que la “plage arrière” (un solide rideau rétractable) reste fixe lors de l’ouverture. En réalité il est assez volumineux et l’est bien plus une fois les sièges arrières rabattus.
Seul point gênant niveau design extérieur : pourquoi avoir mis des rétroviseurs aussi gros ?

À l’avant

Vient enfin le moment d’allumer le moteur via le bouton START/STOP et premier constat : le moteur semble très réactif à la moindre pression sur la pédale d’accélérateur et c’est très bon signe. Les 3 premiers kilomètres se font en 30 minutes  dans les classiques bouchons parisiens du vendredi soir, ce qui me permet de tripoter à peu près tous les boutons disponibles sur le tableau de bord. Les commandes sont intuitives, que ce soit pour l’infotainment, le GPS, ou encore l’écran secondaire affichant les données du véhicules (consommation instantanée, consommation moyenne, pourcentage de pression sur l’accélérateur, durée du trajet, motricité, etc…).

Les sièges chauffants sont très agréables, mais on peut regretter le fait qu’il  n’y ait que 2 niveaux de chauffe, la position “LOW” chauffant parfois un peu fort si on est entre 2 saisons avec un ciel ensoleillé.
La pédale d’embrayage est ni trop lourde, ni trop légère. Le point de patinage se trouve très facilement. En bref, c’est agréable, sauf lorsqu’on est coincé dans les bouchons pendant plus de 3 heures, moment où on aurait tant aimé avoir une boîte de vitesse automatique !
La finition est bonne, bien que la quasi-totalité du tableau de bord soit en plastique. Rien ne bouge, et aucune impression que quoi que ce soit risque de nous rester dans la main !

Après les bouchons vient enfin le moment de liberté, le moment de profiter réellement de la voiture. Sous la pluie, la Subaru XV conserve une excellente motricité malgré certaines tentative pour la malmener : L’arrière peut partir si on le souhaite avec un léger coup de gaz, mais l’ESP, qui n’est pas hyper-restrictif, permet de conserver le fun tout en gardant une bonne trajectoire. Les virages s’enchaînent avec de bonnes sensations dans le siège, la commande de boîte de vitesse est vraiment bonne : assez dure avec une légère sensation dans la main signalant le passage du rapport. La direction électrique est précise et relativement assez lourde : très agréable en somme ! Le roulis est très peu présent malgré une garde au sol de 200mm (!!), ce qui contribue encore plus aux bonnes sensations.
Là où la XV impressionne encore plus, c’est lorsque l’on coupe le contrôle de traction: le comportement est parfaitement prévisible et contrôle sous toute situation, même si on met la voiture volontairement en travers (bien que ça ne soit pas conseillé!).
Dans tous les cas, en tant que conducteur, on peut dire que le concept “Urban Adventure” est très bien retranscrit : Du fun à des vitesses parfaitement raisonnables.

La pédale de frein a un toucher velouté sur le premier centimètre de la course. J’ai eu l’impression d’appuyer sur un matelas en latex, et difficile de savoir si on allume juste les feux arrière ou si on freine réellement. Au final on s’y adapte, mais ça reste extrêmement surprenant au début. Mais là où ça devient vraiment intéressant, c’est dans le fait que le freinage n’est que peu assisté : comprenez par là qu’il faut mettre bien plus de pression sur la pédale qu’une autre voiture pour que ça freine fort. On devient plus précis sur le dosage au fur et à mesure de l’usage. En bref, on est loin du concept de la voiture hyper-assistée, et la XV nous le fait bien comprendre en nous forçant à nous muscler un minimum les jambes.
Les déformations de la route se sentent, mais pas excessivement, tout du moins à l’avant, car des passagers à l’arrière ont eu une toute autre expérience.

À l’arrière

Après avoir testé les places arrières à travers différentes routes et beaucoup de ralentisseurs : je confirme, c’est raide ! Il y a bien pire certes, mais passer de l’avant à l’arrière donne l’impression d’entrer dans un tout autre véhicule, au point de passer d’un siège qui maintient un minimum le dos à une banquette glissante (le cuir n’aide pas, même si il est confortable). Il faudra faire donc preuve d’une certaine douceur dans les virages pour ménager vos passagers. Il faut noter que le véhicule de prêt n’avait que 657Km au compteur lorsque j’en ai pris possession et qu’il y ait des chances que quelques milliers de kilomètres soient nécessaires afin d’adoucir légèrement cette sensation.

Quoi qu’il en soit, vous pourrez caser sans aucun soucis des passagers de tous gabarits et de toutes tailles (testé et approuvé jusqu’à 1m90, et il y avait encore de la place !). La finition à l’arrière est légèrement en retrait par rapport à l’avant, les plastiques paraissent plus fins au niveau des portières. La finition de la garniture de toit laisse un peu à désirer à cause de sa finesse au niveau du toit ouvrant.
Détail pratique pour l’été : la lunette et les vitres arrières sont teintées d’origine.
Autre détail, mais inutile donc indispensable : les vitres électriques à l’arrière ont l’air plus rapides qu’à l’avant.

Et sur des longs trajets, c’est comment ?

Le crossover rejoint la plupart de la production automobile lorsqu’il s’agit de prendre de longues routes entre 90 et 130Km/h : trop confortable, au point d’en devenir malheureusement ennuyeuse. On en profite donc pour tester l’infotainment et l’audio de la XV.

Premier constat pour ceux qui favorisent les clés USB pour le stockage de la musique : tout est rangé par ordre alphabétique, ce qui est pratique, et devrait même devenir standard (ce n’est malheureusement pas encore toujours le cas, que ce soit dans le système intégré ou un autoradio aftermarket).
Le seul point noir réside dans l’ergonomie du “tout tactile”. Malgré les commandes au volant permettant de passer d’une chanson à une autre, voire d’un répertoire à l’autre, il suffit d’avoir une clé USB ou un iDevice avec à peine une vingtaine d’artistes ou albums pour commencer à s’y perdre lors de la recherche d’une chanson en particulier. On ne s’y perd pas dans l’arborescence, loin de là, mais le tactile manquant légèrement de sensibilité et de réactivité n’aide pas. Quand on est à l’arrêt, c’est bien, quand on roule, ça devient un véritable challenge ! Un mix entre le tactile et des boutons/molettes aurait été un véritable plus (comme sur la Nissan 370Z Nismo)

Au niveau de l’audio, le son ressort très bien, les basses sont définies, un bon équilibre entre un son rond et sec. Aucun grésillement n’est à noter, même lorsque le volume est poussé à des niveaux assourdissants ! Les hauts-médiums manquent légèrement de présence, mais l’egaliseur multi-bandes permet d’atténuer ce manque, même si à mon goût cela reste perfectible. Mais étant donné que nous avons tous une oreille différente, et des goûts musicaux différents, autant vous partager une partie de ce qui a été diffusé au travers des 6 hauts-parleurs, en essayant de bien couvrir le spectre sonore :

– De l’instrumental :

John5 – Noche Acosador http://www.youtube.com/watch?v=c0QlJaJStZs
Andy McKee – Rylynn http://www.youtube.com/watch?v=JsD6uEZsIsU

– Du calme :

City & Colour – The death of me http://www.youtube.com/watch?v=z4LYbw3eMSk
Amazarashi – Love Song http://www.youtube.com/watch?v=lxH_7QqzIdo
Christina Perri – Jar of Hearts http://www.youtube.com/watch?v=8v_4O44sfjM
Ayaka – Te Wo Tsunagou http://www.youtube.com/watch?v=jtnBVckwHvA

– Du moins calme :

D’espairsRay – REDEEMER http://www.youtube.com/watch?v=jrzbJJox5EI
Doll$box – Take my chance http://www.youtube.com/watch?v=mu2z4Uf9Tgc
Animals As Leaders – CAFO http://www.youtube.com/watch?v=NmfzWpp0hMc

– Mais également de quoi défriser les cheveux :

Meshuggah – Bleed http://www.youtube.com/watch?v=qc98u-eGzlc

Suite à cette interlude musicale, venons en à la question que nombre d’entre nous se posent quand il s’agit d’un véhicule à 4 roues motrices.

C’est comment en “tout-terrain” ?

Une partie de l’essai a été réalisé en pleine forêt boueuse, lors d’un soir où les températures commençaient à chuter dans le négatif, et il faut avouer que la XV se débrouille à merveille dans ce milieu ! Les accélérations sont fluides, et même en poussant à fond, les roues n’ont jamais patiné. Autant dire que le système Symmetrical AWD fait ce qu’on lui demande !

Le comportement est également très surprenant : Vu les sensations en zone urbaine, je m’attendais à sentir les moindres trous et bosses de mon parcours forestier, et c’est tout l’inverse qui se produit : C’est sain, agréable et rassurant, sans être mou. Le freinage se fait sans encombre malgré l’irrégularité du terrain. La XV n’usurpe donc pas son identité marquée de “Impreza Crossover” et fait honneur à la plate-forme Impreza.

Note intéressante : le GPS intégré comporte une option “tous chemins” permettant par endroits de s’affranchir des routes goudronnées.

En parlant de GPS intégré , il est comment ?

L’ergonomie du GPS est plutôt bonne, claire et intuitive. En revanche, les itinéraires sont loin d’être les plus pratiques, les plus courts, ou les plus rapides lorsqu’il s’agit de rouler un vendredi en fin d’après-midi en région parisienne.

 C’est vert ?

Oui, très.

Et sérieusement ?

Avec des émissions de CO2 officiellement de l’ordre de 146g/Km, notre crossover mange un malus écologique de de 900€ depuis le 1er Janvier 2014.
La consommation dépendra grandement de votre façon de conduire. Sur un peu plus de 1000Km parcourus en une semaine, la consommation moyenne fut de 6,3 litres/100Km. Il faut dans tout cela compter environ 6 ou 7 heures de bouchons parisiens, sans fonction Start&Stop.

Sur un parcours de 40Km d’une durée de 39 minutes, dont 10Km en ville avec quelques feux, quelques bouchons, beaucoup de rond-points et 30Km de route départementale comprenant quelques dépassements, on peut descendre facilement à 5,0L/100Km, ce qui est bien plus que respectable pour un véhicule de ce gabarit.

Une version hybride de la XV a vu le jour au Japon et est commercialisée depuis l’été 2013 dans ce pays. Il n’y a malheureusement aucune information quant à une éventuelle commercialisation en Europe…

Le démarrage sans clé, c’est bien ?

Le fameux bouton “START/STOP” devient de plus en plus une sorte de norme pour les nouveaux véhicules, avec la clé fonctionnant comme un transpondeur à “longue” distance. Mais quelle est la distance maximale autorisée ?
Après avoir mis la clé dans le coffre, il m’a été possible de démarrer la voiture. On peut donc se faire kidnapper et embarquer dans le coffre de sa propre voiture si on garde la clé sur soi.
Chose encore plus étrange (mais c’est visiblement le cas sur la grande majorité de la production actuelle) : Supposons que pour diverses raisons, votre compagne (qui ne perd rien, c’est bien connu) garde la clé de la voiture, et est passagère. Vous la déposez à son lieu de rendez-vous puis repartez : la voiture va se mettre à beeper dans tous les sens et afficher “Clé introuvable”, mais ça n’empêche en rien le fonctionnement du véhicule, à moins de caler !

Je peux me l’offrir ?

Alors là, tout dépend de votre porte-monnaie : La XV est proposée à partir de 24.900€. À ce prix, vous avez le droit au « Made In Japan” (comme pour toutes les Subaru), 5 étoiles au test EuroNCAP, ainsi qu’un châssis et une transmission vraiment agréables pour un tel gabarit. Le modèle d’essai présenté ici est affichée au tarif de 32.900€.
Cela fait certes une certaine somme dans sa configuration ultime, mais tout dépend réellement de ce que vous recherchez en terme de moteur, de confort et de finition. Malgré ses quelques défauts de jeunesse, être à son volant m’a énormément plu dans les parcours urbains et sinueux (et ça me fait mal au cœur de dire ça sachant que je suis « allergique » au diesel…).

 

Un grand merci à l’équipe Subaru France pour leur confiance, le prêt, ainsi que leur disponibilité.