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Constructeur indépendant et singulier, Mazda multiplie les effets et les efforts pour conforter sa montée en gamme . Au sommet du segment C, le chiffre 3 ne sera peut-être bientôt plus l’apanage d’Audi. Voici l’essai de la 3 selon Mazda.

 

Assez injustement méconnu en France par rapport aux qualités de ses produits, Mazda, le constructeur nippon d’ Hiroshima, poursuit son ascension hors marché intérieur. Bien implanté dans le Nord des territoires américain et européen il est également très présent en Israël où, il y a deux ans, il m’a été impossible d’arpenter une rue sans y croiser au moins une Mazda3 Sedan. En France la présence de Mazda est plus discrète, beaucoup plus qu’à la grande époque ( commerciale!) des 323 et 626. Heureusement il y a la MX5 ( Miata) pour porter haut le flambeau de la marque dans nos coeurs. Après que Laurens Van Den Acker ai quitté le Japon pour une aventure française, la marque japonaise se remet de cet affront en revenant plus belle et plus sûre d’elle que jamais grâce au développement du Kodo Design sur l’ensemble de sa gamme. Dernière en date la compacte 3. Après nous avoir dévoilé ses charmes il y a quelques mois sur un podium endiablé à Saint-Pétersbourg, la belle asiatique m’a invité à la conduire dans les alentours de Barcelone.

Loin des spotlights des salons, la nouvelle compacte de Mazda conserve tout le charme et la séduction qu’elle avait développé lors de sa présentation statique. Le trait le plus marquant de sa nouvelle identité est la très belle face avant avec sa calandre ailée. Certes un peu inspirée de Lancia dans sa forme générale, cette grille aux contours chromés devrait assurer une vraie personnalité à la gamme Mazda actuelle et à venir. Techniquement, cette nouveauté de 4,465m de long est abaissée ( 1,45m) et élargie (1,795m) par rapport au modèle qu’elle remplace et c’est fort heureux. L’habitacle est « rejeté » en arrière, l’empattement est plus long, et les porte à faux avant et arrière ont été réduits.

 

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Dès l’entrée dans l’habitacle, le ton est donné. Je vous invite à découvrir la version Selection. Après avoir maladroitement voulu singer l’habitacle futuriste des actuelles CIVIC avec sa 3 précédente, Mazda revient avec bonheur au classique. Cuir noir aux surpiqûres rouges sur les sièges, le pommeau de levier de vitesse et le volant. Planche de bord sobre, robuste et élégante. Bienvenue dans un intérieur japonais à la sauce allemande, ou quand la délicatesse du sushi rencontre la puissance d’une bière bavaroise. Vive le melting pot ! Ici comme ailleurs le mélange a du bon. Aussi sérieusement présentée qu’une allemande, la Mazda3 affiche une rigueur appréciable tout en soignant son design dans les moindres détails. Ouf, le raffinement japonais n’a pas été oublié dans cette intérieur « nouvelle cuisine ». A la façon de Mercedes, l’écran tactile de 7 pouces qui affiche les données des systèmes de communication et de divertissement ressemble à une tablette posée sur la planche de bord. Ce qui peut d’abord paraître déroutant voire incongru sur cliché est en fait très agréable de visu et à l’usage. Cette même implantation m’avait également séduit sur la concurrente ClasseA. Chez Mazda la fonction tactile est secondée par une molette de commande implantée à plat sur la console centrale et c’est un grand + pour la sécurité en roulant ! Les commandes de climatisation totalement indépendantes de l’écran tactile apportent elles aussi confort et sérénité là où malheureusement la nouvelle 308 peut agacer avec trop de menus à parcourir pour descendre d’un seul cran le degré de ventilation de l’habitacle…

A l’allumage du moteur via un push START/STOP au tableau de bord, le compte tours apparaît au centre des trois cadrans en canons sciés face au volant. L’indicateur digital de vitesse est relégué en bas à droite du cadran principal, laissant l’aiguille du compte tour occuper majestueusement tout le champs de vision du pilote. Mais comme à ce niveau de gamme une vraie japonaise ne saurait être politiquement incorrecte, l’affichage de la vitesse est dupliqué sur une lamelle translucide à lecture tête haute dans la ligne de mire de la route. Impossible alors de louper cette information capitale. Le confort de lecture du tableau de bord est donc tout à fait satisfaisant.

 

La conduite de cette nouvelle Mazda3 promet d’agréables sensations. La position de conduite, l’ergonomie et la qualité d’assemblage du mobilier intérieur sont autant de gages d’un plaisir qui ne devrait plus tarder à se manifester. Moteur ! Et pas des moindres. Plutôt que de prendre le volant d’une sempiternelle version diesel dont vous trouverez les comptes rendus d’essai dans tous les bons papiers et les bons blogs de nos confrères et amis, je vous embarque pour une virée à bord d’une version essence, le très prometteur 2.0l 165. Soyons fous, il n’y a pas que le diesel dans la vie ! Surtout que dans le segment C où, hormis les voitures de flottes qui représentent parfois la majorité des ventes, les foyers utilisateurs de compactes ne parcourent pas beaucoup plus de 20 000km par an. Et comme Mazda annonce des baisses de consommation importantes avec ce modèle, il nous est permis de nous faire plaisir, profitons-en !

 

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Les nouvelles Mazda3 sont disponibles avec les groupes moteurs SKYACTIV D et G de dernière génération. Leur conception a été allégée, et ils sont équipés de série du stop&start maison, le système i-Stop. Le SKYACTIV-G ( essence) peut disposer de l’i-Loop, le système de récupération d’énergie à la décélération. Comme sur les récentes 6 et CX5, la 3 snobe le DOWN sizing et préfère des moteurs à taux de compression élevés ( 14:1), les plus élevés du marché, soit le choix du RIGHT size. Cette spécificité est valable pour les moteurs essence et diesel. En essence, le très fort taux de compression du moteur permet d’optimiser la combustion et donc de réduire la consommation. Chez les concurrents il est autour de 12.  A l’inverse, il est plus bas que la moyenne des concurrents en diesel ( autour de 18) ce qui permet à Mazda de revendiquer moins de rejets et donc un coût de développement et d’entretien des systèmes dépollueurs très allégé. Biensûr cette technologie made by Mazda est inconnue du grand public et je souhaite bien du courage aux marketeurs maison pour rendre attrayante et populaire cette  exclusivité sur le marché. Il faudrait déjà enterrer pour de bon le Zoom Zoom peu à même de véhiculer le positionnement premium voulu par la marque. Qui peut avoir envie d’acheter une voiture HDG affuflée d’une communication aussi ringarde?

 

 

La promesse d’un essai fort en sensations reconjugue les mêmes items que mon essai de la Nouvelle308. Les compactes font décidément très fort en cette rentrée. Et pourtant la conduite de ce modèle à priori très puissant réserve des surprises, pas toutes bonnes. Au moment de libérer les 165ch de leur léthargie, et les laisser s’exprimer sur un parcours montagneux adapté au plaisir attendu, vient la première des déceptions. les performances promises par la cavalerie sont quasiment imperceptibles. Non pas que le SKYACTIV-G 165 se traîne, mais j’avoue avoir été surpris par sa nonchalance, peut être son aseptisation trop poussée. En fait il s’agit surtout d’une perte d’habitude de conduire des grosses cylindrées atmosphériques. Alors que la concurrence propose des petits 1.4l ou 1.6l turbocompressés, Mazda a fait le choix d’une motorisation plus linéaire, sans temps de réponse! Niveau confort, la Mazda3 frise heureusement l’excellence, la puissance disponible est parfaitement absorbée par le châssis. Le freinage et l’amortissement n’accusent aucun gros défaut. L’insonorisation est bien maîtrisée ( peut être trop pour ceux qui comme moi ressentent le plaisir de conduire aussi par l’oreille). Seconde déconvenue, au passage du feu vert, le redémarrage via le stop&start i-Stop est plus lent et plus bruyant que les systèmes les plus aboutis du marché, celui de PSA en tête. Heureusement la boîte SKYACTIV MT, voulue plus légère, plus souple et plus incisive, autorise des changements de rapports souples et fluides tout en améliorant la consommation de carburant. Au chapitre des petites pépites techniques, il y a aussi la calandre. Elle peut être occultée par des volets qui assurent plus de dynamisme et moins de consommation quand le moteur n’a pas besoin de refroidissement. La consommation de CO2 y trouve aussi son compte en fondant de 25% par rapport au modèle précédent ( 135g/km pour la version essayée).

Au final l’essai n’engendrera aucun coup de coeur particulier mais aucun rejet non plus, bien au contraire. Par rapport à des modèles germaniques trop froids et presque trop parfaits, Mazda propose une expérience de conduite unique de part l’histoire de son blason. L’histoire d’un grand constructeur qui cultive un esprit d’indépendance et d’originaité dans ses choix techniques et stratégiques. Un esprit unique capable d’enfanter un modèle culte comme la MX5 ou ORNIesque comme la regrettée RX8. Apprécier de prendre place derrière le volant d’une Mazda c’est entendre et comprendre une culture d’entreprise originale dans l’industrie automobile contemporaine où les regroupements et les accords techniques sont légion. Certes Ford détient encore quelques billes chez Mazda, mais le divorce culturel et industriel est consommé depuis longtemps. Mazda est bien et bien indépendant et il gagnerait à le faire (mieux) savoir.

 

Niveau tarifs, en France, la gamme Mazda3 vise le haut de l’offre et place sa compacte plus chère de 2000€ en moyenne par rapport au modèle remplacé. Pour justifier ce positionnement, Mazda peut compter sur un équipement de série pléthorique dès le premier niveau de finition, et bien sûr la très belle qualité de présentation décrite plus haut. L’entrée de gamme Elegance offre ainsi, et entre autres, les anti-brouillard, la surveillance de pression des pneus, les jantes alliage 16 », la navigation via un écran tactile 7 pouces, la clim auto bizone, le limitateur et régulateur de vitesse, les phares et essuie-glaces automatiques, etc, etc … La version essayée est facturée 28 400€, un prix compétitif sur la marché vu la dotation et la motorisation.

 

Disponible dès le 7 novembre prochain dans les 120 concessions de France, la 3 de Mazda fera un premier round d’essai jusqu’à la fin de l’année avant de viser modestement les 7000 ventes dès 2014. Forte d’une histoire de 10 ans, la 3 s’est écoulée à ce jour à 3,6 millions d’exemplaires et a remporté pas moins de 136 divers prix internationaux. Cette fois l’enjeu concurrentiel est inédit pour Mazda, les premiums germaniques sont clairement visées et en France elle trouvera également sur sa route la Nouvelle308 qui connaît elle aussi une montée en gamme remarquable. Et si, en plus de s’intéresser enfin aux bons moteurs essence proposés par les meilleurs constructeurs, les clients aisés du segment C poussaient d’autres portes que celles des concessions VW ou Audi ? Juste pour voir, juste pour essayer. Mazda a de très bonnes cartes en main, faites vos jeux, le 3 sera assurément gagnant d’autant plus que depuis cet essai, le constructeur japonais a fait l’annonce d’une prochaine version hybride !

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Pour les tarifs et les équipements c’est ici : http://blogautomobile.fr/mazda-3-tarif-204210#axzz2i6EoeZcn

Merci aux équipes Mazda et particulièrement à Marie de Mauduit pour son agréable accueil et sa disponibilité.

 

Photos : Philippe Kerleroux.