L’espionnite, un mal qui gangrène le constructeur français, rien n’est moins sur ! Ainsi l’affaire qui a soit disant mis au jour trois espions qui travaillaient pour une puissance ennemie commence vraiment à agacer les enquêteurs de la DCRI et surtout elle ne semble pas du tout prendre la tournure qu’espérait le constructeur automobile français.

Ainsi entre les informations présentées par les gens de la Direction du Renseignement français, c’est à dire rien ou presque de défendable et de présentable à la justice, on apprend par le Canard Enchainé que Renault ne dispose d’aucune pièce justificative prouvant les faits et gestes que l’on reproche au trois cadres de l’entreprise. Il semble que cette situation est du au fait que le fameux ( pour ne pas dire fumeux ! ) enquêteur qui travaillait sur l’affaire n’aurait fait aux services de sécurité et d’enquête du constructeur que des comptes rendus oraux et par… téléphone. Pas un écrit, pas un fax, pas un mail, rien de rien.

L’enquête interne menée par deux des responsables de la sécurité de Renault aurait pris une drôle de tournure. Effectivement, les deux hommes se seraient tournés vers la société Geos ( entreprise de sécurité informatique présidée par un ancien militaire, le Général Heindrich qui s’occupait du renseignement militaire français il y a quelques années ) qui aurait refusé l’affaire car il fallait travailler sans aucune autorisation officielle pour accéder, entre autres, aux systèmes informatiques des banques et donc aux prétendus comptes des trois cadres dirigeants. Pas résignés, les responsables de la sécurité ont proposé l’affaire à un salarié de Geos qui, contre 100.000€ ( à priori en espèces et à répartir entre lui et l’enquêteur secret ) a pris l’initiative sans en informer sa hiérarchie de jouer les intermédiaires patentés entre les services de Renault et un enquêteur-investigateur privé situé… à Alger. Ce dernier n’aurait pas quitté le pays durant sa fameuse enquête et il n’aurait laissé aucune trace écrite ou sonore de son travail de recherche. Ce dernier n’ayant fourni oralement que des numéros de compte sans affectation et des noms de sociétés basées à l’étranger, rien de plus !

Là dessus, la société Geos, melée contre son gré à cette étrange affaire d’espionnage d’un modèle « économique et financier », a demandé à son salarié indélicat de démissionner après qu’il eut reconnu les faits. Geos se réserve d’ailleurs le droit de porter l’affaire devant la justice dans le cadre d’une action contre les acteurs de cette affaire d’espionnage car le PDG de la société estime que son entreprise a subi un préjudice en matière d’image et de crédibilité.

Fort de tous ces éléments, on apprend ce jour qu’un des cadres mis en cause dans cette affaire, M. Tennenbaum, vient de porter plainte contre X pour entrave à la justice et à l’établissement de la vérité puisque Renault n’a transmis que des éléments fictifs ou transmis verbalement et rien d’autre. Il semble que les deux autres salariés incriminés dans cette surprenante affaire envisagent de suivre cette nouvelle plainte en faisant de même dans les jours à venir.

Enquêteurs privés, absence de tout document, « on dit », enveloppes de billets, Algérie, absence de voyage vers les pays concernés pour les affaires d’argent, tout cela est vraiment très étonnant et pourrait bien se retourner contre Renault dans les mois qui viennent…  « Petits arrangements, apprentis barbouzes et pieds nickelés » pourrait bien être le vrai intitulé de ce dossier !

Tout cela me fait même penser que Renault aurait pu même être la victime d’un escroc situé de l’autre coté de la Méditarranée et qui aurait distilé des infos bidons pour recevoir son pactole !  Teste que tout cela fait beaucoup de brèches dans le dossier de Renault qui n’a comme unique réaction, l’absence de communiqué et de position officielle sur ce dossier pourtant entre mains de la DCRI et de la justice.

Via LePoint, LeFigaro, LeCanardEnchainé