ATS, ce nom ne vous dit probablement pas grand chose sauf peut être si vous suivez l’actualité Cadillac et la vie de la production mondiale de jantes alu… Mais oubliez les américaines,  ATS le spécialiste allemand des jantes alu et regardez en direction de l’Italie car en cherchant bien et en fouillant dans le livre de son histoire automobile vous y découvrirez surement quelques lignes qui parlent d’ Automobili Turismo e Sport ou ATS.

Un peu à l’image de ce qui s’est passé avec Lamborghini, ATS est né d’un profond désaccord entre Enzo Ferrari et les directeurs de la Scuderia qu’étaient Carlo Chiti (directeur technique) et Romolo Tavoni (directeur sportif) à l’issu de la saison 1961 de Formule 1 pourtant couronnée de succès puisque c’est Phil Hill qui remporte le titre mondial sur une voiture rouge. Le différent est consommé et dès la fin de l’année les deux directeurs de la Scuderia claquent la porte et s’en vont créer leur propre entreprise automobile ainsi que leur écurie de F1 avec le soutien financier d’un riche entrepreneur de Venise, Giovanni Volpi qui fait déjà courir des autos au sein de son propre team, la Scuderia Serenissima  (qui devient Scuderia Republica di Venezia pour la saison 1962) qui fait courir selon les périodes (1961-1962 et 1966) une Ferrari 250TR  Bizzarrini, une Cooper T51, une de Tomaso-Osca, des Lotus (18/21 Climax et 24) et une Porsche 718.

 

 

 

 

 

 

 

 

Laissons la Scuderia Serenissima de coté malgré une courte vie mouvementée et intéressante puisque c’est un peu à cause de l’esprit rancunier de Ferrari que l’équipe disparaitra en 69-70 faute de disposer d’une voiture performante (Enzo en voulait à Volpi d’avoir financé le projet ATS et il refusa de lui vendre des autos). Début 1962 Chiti et Tavoni avec la complicité financière de Volpi créent ATS qui a pour objectif de venir jouer dans la cour de Ferrari tant sur la route que sur la piste. C’est comme ça que nait courant 1962 la 2500 GT qui a pour objectif d’attaquer la firme de Maranello par la droite alors que Lamborghini se charge de la gauche… sans oublier le coup de main de Maserati ! Hélas la 2500 GT présentée au salon de l’auto de Paris 1963 est un flop.Elle ne sera produite qu’à 12 ou 13  exemplaires malgré un dessin assez élégant signé Scaglione en association avec Chiti et Bizzarrini. Un bon moteur V8 2.5 L ouvert à 90° maison qui développe 220 ch, 255 Nm en version GT et 245 ch en GTS qui permet aux GT et GTS d’aller jouer dans la zone des 240-250 km/h ne changera rien à l’affaire quand Volpi se retire de l’affaire ATS fin 1963. Début 64 après moins de 24 mois d’existence, ATS disparait et Ferrari est toujours là et aussi fort !
L’année 1970 voit une tentative de relance d’ATS par un certain Baldi Moreno qui ne fait rien de mieux que de faire un peu reparler du nom d’Automobili Turismo e Sport. La marque disparait corps et âme avant de réapparaitre en cette fin d’année 2012 avec une sportive classique, presque « revival » dans son dessin qui s’inspire de celui de l’ATS 2500 GTS mais singulière et attirante par sa conception relativement simple et sa motorisation. Mais ATS ce n’est pas seulement la 2500 GT, c’est aussi la Sport 1000 qui est une pistarde dans l’esprit des autos construites par Radical ou Caterham motorisée par un un moteur débridée de moto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ATS 2500 GT 2012/2013 est un coupé long de 4.25 m, large de 1.90 m, haut de 1.15 m qui repose sur un empattement de 2.44 m. La voiture est construite autour d’une structure tubulaire et une cellule centrale en nid d’abeille et matériaux composites. La carrosserie est réalisée en matériaux composites et aluminium. La voiture est propulsée par un moteur positionné en position centrale arrière afin d’assurer motricité, tenue de route et performances.

Le constructeur de Borgomanero (dans la région du Piémont au sud des lacs d’Orta et Majeur) a fait le choix d’un moteur Boxer turbocompressé. En l’occurrence c’est le H4 2.5 L Subaru revu et sérieusement modifié qui officie dans une version forte de 500 ch grâce notamment à une nouvelle ECU Motec M600, un nouveau système de refroidissement, un équipage mobile renforcé, un nouveau circuit de lubrification et bien sur un turbocompresseur adapté. Cette motorisation est associée à une BVM6. La 2500 GT dispose en outre d’un système de contrôle de la motricité déconnectable et d’un différentiel à glissement limité pour une meilleure tenue de route. La sportive italienne est posée sur 4 roues indépendantes avec triangles superposés, barres anti roulis Av et Ar et amortisseurs réglables Ohlins. Le freinage est assuré par des disques ventilés et percés en 380 mm à l’avant et 355 mm à l’arrière. Bien sur ce sont des gros étriers fixes multipistons qui freinent cette voiture de sport de seulement 980 kg. Les roues, chaussées en Pirelli P Zero sont en 19 pouces à l’avant et 20 pouces à l’arrières. L’allure de la voiture est assez réussie, élancée et sobre et on pourra y voir outre, l’inspiration de l’ATS 2500 GTS, quelques influences venue de la Ford GT ( Ailes arrières) mais aussi des Lotus Exige ou Evora pour la face avant.

L’habitacle se veut simple, sobre et sportif avec un aspect personnalisable mais aussi un esprit à la croisé du vintage et du cockpit de l’Elise. L’ATS 2500 GT est annoncée pour une Vmax supérieure à 300 km/h et un exercice du 0 à 100 km/h plié en 3.2/3.3 secondes, ce qui placerait cette italienne dans la très bonne moyenne du segment.

Voilà pour les premiers éléments disponibles en attendant d’en découvrir un peu plus dans quelques mois, peut être au salon de Genève qui serait un agréable lieu de présentation pour cette italienne réussie et bien plus séduisante que certaines réalisations dévoilées par des apprentis constructeurs… à moins que ça ne soit des graphistes stagiaires.

Pour replacer la voiture dans son contexte historique, voici quelques images des 2500 GT et 2500 GTS.

 

 

 

 

 

 

 

 

La petite usine ATS au début des années 60.

Via ATS.