Pour son exposition de printemps, le C_42 accueille des Citroën de sport et des baroudeuses chevronnées de l’extrème.

Citroën accueille au C_42 le concept-car C4 Cactus Aventure, découvert au Salon de Genève. Autour de lui a été construite une exposition qui se nourrit du passé sportif et aventurier de la Marque, qui s’inscrit directement dans des logiques de communication. De la B2 Autochenille à la C-Elysée WTCC, en passant par le trio des oeuvres de Bertoni-Lefebvre que sont les Traction, 2CV et DS, ainsi que la ZX de Rallye-Raid, partons à l’avenuture, là où il y a des routes comme là où il n’y en a pas, avec les Chevrons !

La B2 Autochenille et les Croisières Citroën

André Citroën a fait fortune grâce à un brevet d’engrenage à chevrons polonais et a contribué à l’effort de guerre en produisant de très nombreux obus, à la chaîne avec des munitionnettes, dans son usine du Quai de Javel. Au sortir de la Première Guerre Mondiale, et alors que l’homme possède les usines automobiles Mors et a tout compris des principes Tayloriens comme des chaînes de montage d’Henry Ford, il sort sa première voiture en 1919, la Type A 10 HP.

La toute jeune marque Citroën veut se faire un nom et vite, dans les années 1920. Cela tombe bien, André Citroën a un goût affirmé pour la communication : de la Tour Eiffel illuminée à son nom dès 1924 aux jouets automobiles, des concessions monumentales aux visites d’usine, les Français apprennent vite l’existence de la Marque. Une Marque qui parcourt le monde pour prouver la solidité de ses voitures. C’est dans ce contexte que naît la B2 Autochenille en 1922. Conçue avec l’ingénieur Kégresse, la voiture est propulsée par un 4 cylindres 1,5 l de 20 chevaux, et roule à moitié sur des chenilles, la rendant apte à de nombreux terrains. Sa fiabilité lui permet de traverser le Sahara entre 1922 et 1923 en 21 jours, un record alors que cela prenait plusieurs mois sur des chameaux. L’expédition est conduite Georges-Marie Haardt, ami de Citroën, qui rempile en 1925 pour la Croisière Noire, qui traverse tout le continent Africain, puis en 1927 avec la Croisière Jaune, pour rallier Pékin. Les voitures arriveront péniblement à bon port, devant être démontées pièce par pièce pour passer l’Himalaya et devant composer avec une fragilité des bandes pneumatiques des chenilles ; Haardt y perdra la vie, en 1932, des suites d’une pneumonie.

La Traction Avant, toujours prête à parcourir le monde

On fête son 80ème anniversaire cette année, et des articles sur ce sujet suivront bientôt sur BlogAutomobile. Pour l’heure, nous parlons de l’association « Traction Sans Frontières », qui organise des missions humanitaires, participe à des rallyes historiques, et fait rouler à travers le monde des Traction. Les trajets peuvent aller de 3500 à 8500 km, des distances qui ne lui font pas peur ! La robustesse de sa caisse tout acier monocoque autoporteuse et de ses éléments techniques se mêlent à la modernité de ses choix techniques pour l’époque, tels que les amortisseurs et les freins hydrauliques, la direction à crémaillère, la boîte de vitesse synchronisée ou le moteur monté sur silent-bloc, pour faire de cette vieille automobile une voiture encore dans le coup ! Le modèle exposé, qui appartient à l’association, est une Traction Avant 11 B de 1955.

La DS, ou l’âme d’une voiture de rallye

Parlons de la DS avant de discuter de celle qui la précéda et qui lui survivra, la 2CV. Haut de gamme, véhicule d’apparat comme d’administration la DS est « la » berline de la production automobile française, de 1955 à 1975. Ses solutions techniques telles que la suspension hydropneumatique ou la direction et le freinage assistés en font un modèle de confort et de comportement routier. C’est alors qu’elle va également exceller dans un domaine pour lequel elle n’avait pas été prioritairement pensée : la course automobile de rallye ! Et c’est dès 1959 que son potentiel est exploité, avec une victoire de l’ID 19 au Monte Carlo pilotée par Paul Coltelloni, qui deviendra à son volant Champion d’Europe des Rallyes la même année. Ces années passent et les succès continuent, jusqu’en 1974 !

Le présent modèle exposé au dernier étage du C_42, sous la verrière, est une DS 21 Prototype ayant couru le rallye TAP du Portugal en 1972 aux mains de Francisco Romaozinho. Elle y remporta le classement de sa catégorie Groupe 2 mais finit 2ème au général. Appartenant à un collectionneur privé, elle est motorisée par un 4 cylindres 2,5 l de 190 chevaux à 6000 tours/minute. Sa carrosserie est aménagée pour être aisément réparée, d’où la disparition des ailes arrières et plus largement le raccourcissement de 60 cm du châssis qui y perd les portières arrières.

La DS a également limé le bitume des rallyes du Maroc, du Tour de Corse, de l’Acropole, jusqu’aux marathons Wembley-Mexico ou Londres-Sydney, avec à son bord des pilotes connus comme René Trautmann ou Pauli Toivonen notamment.

La 2 CV, Quatre roues sous un parapluie… jusqu’en Afrique !

Voulue simple d’utilisation et de fabrication, la 2 CV répond à cette célèbre description : « Qautre roues sous un parapluie », rappelant ainsi son toit en toile découvrable. Son cahier des charges dès 1938 réclame des prouesses, tel que le passage d’un champ labouré sans casser d’oeufs, nécessitant des suspensions à très large débattement, mais aussi le transport économique de 4 personnes et 50 kg de pommes de terre à 60 km/h. De telles spécificités d’endurance et de flexibilité s’adaptent aussi bien à la campagne française qu’au déserts africains. Ainsi est lancé en 1973 le Raid Afrique, 8000 km de la Côte d’Ivoire à la Tunisie, avec une traversée des déserts du Ténéré et du Hoggar, avec des 2 CV conduites par 99 jeunes (de 18 à 30 ans). Nonobstant ses deux roues motrices, la légèreté et la finesse des roues de la voiture lui permettent de parvenir à bon port.

La 2 CV 6 exposée au C_42 était la voiture du directeur de course. Outre les décorations et les protections, elle dispose d’un blindage pour protéger carter moteur et boîte de vitesses, tandis que la capacité du réservoir de cette série PO (pour Pays d’Outre-mer) est portée à 65 litres. Le moteur est d’origine, à savoir le bicylindres 602 cm3 de 28 chevaux !

Années 1990 : Citroën en rallye-raid avec la ZX

La ZX est une voiture charnière dans cette exposition : elle marque la fin des grandes aventures, collectives comme individuelles, où l’on transformait des chevronées de série, pour entrer dans ce qu’André Citroën estimait ne pas être un vecteur de communication suffisamment intéressant pour être exploité : le sport automobile. Au tournant des années 1990, Peugeot quitte le rallye-raid après les succès des 205 et 405 T16 et Citroën profite de ce départ pour y engager des prototypes à l’effigie de la dernière née, la compacte ZX. Mais, plus le temps passe, et plus les voitures, d’abord jaunes puis rouges, s’éloignent de toute parenté esthétique avec la ZX pour ne plus en être qu’une lointaine évocation.

Le modèle présenté au C_42 est une ZX Rallye Raid de 1993, à l’époque engagée en caégorie T3 Prototype tout-terrain. Elle termina 7ème du Paris-Dakar de cette année, aec Alain Ambrosino comme pilote. Son moteur développait 330 chevaux pour seulement 1370 kg à déplacer, la rendant suffisamment véloce et légère pour travers le Sahara. Les ZX de Rallye-Raid ont couru de 1990 à 1997, remportant à 4 reprises le Paris-Dakar, et gagnant 5 fois la Coupe du Monde de Rallye-Raid avec des victoires au Baja Aragon, au Rallye des Pharaons, ainsi que dans le Paris-Moscou-Pékin. Le pilote Pierre Lartigue fut lui titré 4 fois à son bord.

C-Elysée WTCC : partie à la découverte du monde des circuits de tourisme

Baroudeuse, la C-Elysée WTCC n’a pas été pensée pour l’être. Même son dérivé C-XR chinois ne pense à se doter d’une transmission intégrale. En revanche, au côté des DS3 engagées en WRC, elle est le nouveau fer de lance de Citroën dans le sport automobile mondial, signant la reconversion du pilote phare Sébastien Loeb, engagé aux côtés de deux autres redoutables pointures du genre, Jose-Maria Lopez et Yvan Muller, sans oublier leur quatrième collègue chinois Ma Quing Hua.

La plongée de Citroën en WTCC se passe bien, merci pour elle. En 4×2 courses, on ne compte 7 succès, certains marqués par des triplés en qualification et en course. Une domination qui a conduit la FIA à lester les C-Elysée des 60 kg pour que leurs concurrentes ne soient pas larguées, mais ceci semble n’avoir d’incidence que lors des deuxièmes courses, lorsque la grille de départ est dans l’ordre inverse des qualifications. La C-Elysée, modèle mondial de conquête commerciale pour Citroën, était le modèle idéal pour profiter du rayonnement médiatique du World Touring Car Championship ; sa silhouette tricorps aérodynamique, ses jantes de 18 pouces, et son châssis rabaissé sont au service du talent des pilotes et d’un moteur 1,6 l Turbo de 380 chevaux qui, comme un hommage à 1934, est une traction avant.

C4 Cactus Aventure : bientôt sur les routes du monde

C’est la nouveauté « essentielle » de l’année pour Citroën, le C4 Cactus, qui inaugure le nouveau positionnement stratégique de la Marque aux chevrons. Afin de le faire connaître au public, Citroën a présenté au Salon de Genève un concept-car, le C4 Cactus Aventure, qui est censé être une interprétation baroudeuse du véhicule avec ses gros pneus BF Goodrich Mud Terrain T/A et sa garde au sol rehaussée ainsi que le coffre de toit, les pare-buffles, sans oublier la peinture d’inspiration militaire et les protections plastiques pour les optiques. Ce concept-car n’est pas destiné à resté sous les spots des salons comme du C_42 : cet été, à l’issue de l’exposition, il fera un « tour du monde connecté », pendant lequel son équipage retranscrira quotidiennement ses aventures, tandis que les 7 caméras GoPro fixées sur le toit et le capot retransmettent en direct leurs images. On remarquera le sympathique hommage à André Citroën, avec un fanion disposé sur le toit du créateur levant son chapeau.

Outre ces véhicules, la visite du C_42 vaut comme toujours pour la vue sur l’avenue des Champs-Elyses, ainsi que pour quelques animations interactives installées dans les étages. Un système de photo « avant-après » est ainsi proposé au public, où vous pouvez voir des clichés d’époque des voitures et ce à quoi ils ressembleraient s’ils était pris aujourd’hui, en couleur, avec un environnement moderne. On peut aussi sur un planisphère interactif commandé via un iPad découvrir géographiquement où les Citroën ont mené leurs aventures. Enfin, le dernier étage dispose de panneaux rappelant qui sont et qui furent les aventuriers de Citroën.

L’exposition Aventures Citroën est à voir jusqu’à la mi-juin 2014, au 42 avenue des Champs-Elysées.

Crédit photographique : François Mortier pour BlogAutomobile.fr
Remerciements au personnel sur place, dirigeants comme hôtes et hôtesses, pour leur accueil