L’importante et historique usine PSA de Poissy va t-elle prendre le même chemin que celle d’Aulnay sous bois ? C’est de l’ordre du probable ou du possible à l’horizon 2016 quand la remplaçante de l’actuelle Citroën C3 sera lancée.

-

L’affaire se confirme ce jour après l’annonce de la délocalisation de la production de la future citadine de Citroën puisque les syndicats qui sont sortis il y a quelques minutes d’une réunion à Poissy avec le patron du groupe ont bien validé l’annonce du transfert de la majeure partie de la production vers la Slovaquie où PSA assemble déjà les C3 Picasso et la majeure partie de la gamme 208 sur le site de Trnava.

Poissy emploie actuellement quelques 5800 salariés en CDI. Ce nombre pourrait passer selon les sources syndicales de 5800 à environ 3000 soit une baisse des effectifs de l’ordre de 48%. Selon les représentants des salariés, la direction de PSA a déjà commencé à délocaliser de Poissy la production d’une autre voiture puisque l’entrée de gamme de la 208 n’est plus produite dans l’usine de la région parisienne. Cette décision que l’on doit à l’équipe Varin a déjà entrainé la suppression d’une des deux équipes sur la ligne de montage de la Peugeot 208. Les représentants expliquent que le démontage complet de la ligne de fabrication est prévu pour le dernier trimestre 2014 (non confirmé par la direction).

Selon la direction de PSA et son président, le constructeur est en accord avec le fameux contrat Varin signé par la majorité des syndicats qui garantit le maintien de l’emploi jusqu’en 2016 en France.
Cette nouvelle délocalisation de la production de PSA est une des conséquences de la stratégie imposée par la direction du groupe pour les prochaines années afin de pérenniser l’avenir de PSA et de garantir sa rentabilité.  Carlos Tavares, le nouveau président du directoire de PSA tout comme son prédécesseur Philippe Varin, a fait clairement savoir à plusieurs reprises qu’il n’était plus rentable d’avoir une production de petites voitures  vendues à grand volume sur le territoire français en raison de la concurrence qui fait rage sur ce segment et des coûts salariaux. On découvre ainsi qu’un salarié français coûte entre 32 et 34€ de l’heure alors que le même ouvrier… slovaque ne coûte guère plus de 8€ de l’heure. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un DECS, de sortir d’HEC ou de l’ENA pour comprendre où est l’intérêt du constructeur automobile.

Toutefois la direction du groupe a rappelé que la pérennité de l’usine de Poissy n’était aucunement remise en cause et que le groupe restera fidèle à ses engagements. Les usines françaises du groupe seront, si l’on en croit la doctrine de la direction, essentiellement consacrées à la fabrication des plus gros modèles et des versions les mieux équipées et les plus rentables. Cette situation correspond en effet à une certaine logique industrielle qui veut que les produits et notamment les voitures à forte valeur ajoutée soient ceux qui doivent être assemblés sur les « terres natales » du constructeur. Le fameux label « made in France » risque donc fort de correspondre dans les prochaines années à des autos dites « premium » notamment dans le cadre de la marque DS et du possible département haut de gamme que Peugeot veut instaurer dans sa gamme.
Reste que ces modèles, souvent pénalisés en France par la fiscalité et le système du Bonus/Malus, vendus en moins grand nombre sont produits en bien plus faibles quantités et demandent par conséquent moins de moyens humains…

Le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, est monté ce matin aux créneaux en faisant savoir via l’AFP que l’État français a toute légitimité pour s’assurer que les engagements de PSA notamment en termes de production de véhicules en France et d’investissements seront tenus et respectés dans les prochaines années. 

Un dossier important à suivre dans les prochains mois car il fragilise une fois encore un secteur automobile français déjà mal en point et dont la production est désormais essentiellement étrangère.

Via AFP, LePoint, Europe1.