De Londres à Téhéran, les automobiles britanniques se mettaient au service de la Compagnie Internationale des Wagons Lits…

C’est une histoire méconnue, et remise au jour à l’occasion de la très belle exposition « Il était une fois l’Orient Express » à l’Institut du Monde Arabe, à Paris. Premier train européen de standing, la société fondée sur le modèle des Pullman américains par Georges Nagelmackers en 1876, baptisée « Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens », mit plus de 50 ans à se déployer. Pour unir l’Europe par le rail, il fallait en effet des voies de chemin de fer, et certains pays moins avancés que la France ou l’Allemagne à l’époque n’en disposaient pas. Il fallait en outre construire le tunnel du Simplon entre Suisse et Italie, terminé en 1906 seulement, pour que la ligne de train gagne en rapidité.

Ces aménagements, conduits notamment la société de M. Nagelmackers, ne devaient pas pour autant empêcher l’Orient-Express d’arriver à son terminus. Débuté en 1883, le service devait composer avec les travaux, sur une distance de 3050 km parcourus en 81h30. Si bien que, sur le parcours, il arrivait que l’on demande aux voyageurs de descendre de voiture (de train) pour monter dans des voitures (automobiles) ! Et comme bien-sûr l’on parle de l’Orient-Express, un train de standing dont le ticket avoisinait les 20 000 € d’aujourd’hui, il fallait des voitures à la hauteur : des Rolls-Royce, à 6 roues, spécialement pensées pour ce service voyageurs + bagages exceptionnel.

Une fois la ligne européenne terminée, ces Rolls Royce de l’Orient Express continuèrent leur service de l’autre côté, au Proche-Orient, pour le Taurus Express. Cette extension du train Paris/Londres – Istanbul a été décidée en 1930, de Haydarpasa à Bagdad, Bassora, Téhéran, et au sud Le Caire. Là encore, la construction des voies demandant du temps, les correspondances étaient assurées par des Rolls-Royce de la société Nairn Eastern, filiale des CIWL de l’Orient-Express.  Ainsi, si ce mythique ferroviaire était considéré comme la ‘Rolls’ des trains, des automobiles Rolls-Royce ont été au service de ce train. Ces transports automobiles cessèrent au fur et à mesure des extensions de voies (en pointillés sur la carte), terminées vers la fin des années 1930.

Reste que Rolls-Royce a rendu hommage à cette histoire au Salon de Pékin de cette année, en exposant une Phantom spéciale « Pinacle Travel », issue de son programme de personnalisation Bespoke. D’une robe Rouge Madeira, elle est proposée ici avec un biton latéral de teinte Sable Argenté, mais toutes les teintes sont possibles… L’intérieur est du plus beau standing, avec des décors de bois taillés au laser dans 230 panneaux différents, assemblés à la main d’une précision rappelant les incrustations Lalique. L’ensemble évoque le train de l’Orient Express à pleine vapeur…

L’exposition « Il était une fois l’Orient Express » se trouve à l’Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard / Place Mohammed V, 75005 Paris (M° Cardinal Lemoine-Jussieu ou Sully-Morland). Comptez de 8,50 euros à 10,50 € l’entrée, c’est jusqu’au 31 août.

Source carte : Paperblog

Crédit photographique : François Mortier