… Pour le porte monnaie des acheteurs de voitures neuves mais aussi à l’industrie automobile française qui voit ici la signature de son arrêt de mort dans les segments D et E ! C’était annoncé depuis le mois de juillet dernier avec la refonte de la grille du bonus et avec la présentation ce jour de la loi de finance 2013, c’est confirmé , l’état français frappe fort, il frappe au porte monnaie des conducteurs et il frappe aussi sur l’industrie automobile française en signant quasiment son arrêt certificat de décès sur les segments rémunérateurs D et E.

Le luxe à la française passera donc par les Clio Initiale Paris made in Flins ou les DS3 made in Poissy mais pas par des grandes berlines puissantes et cossues puisqu’elles vont désormais être très fortement taxées même en comparaison avec le barême 2012 qui n’est déjà pas vraiment favorable aux autos de plus de 180 ch.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme à l’accoutumée les paliers 2013 sont ajustés en fonction du fameux taux de CO2 rejeté par le véhicule et pour un kilomètre. L’affaire du Malus 2013 commence avec le réajustement de la fameuse zone neutre qui passe de 106 à 140 g/km à 106 à 135 g/km. Pour le reste, tous les paliers sont revus à la baisse pour le taux d’émission de CO2 et tous les montants du malus sont relevés de manière sensible pour atteindre un maximum de 6000€ au dessus de 201 g/km en lieu et place des 3600€ actuels à partir de 231 g/km.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas sur que cela aide le secteur automobile déjà bien mal en point, notamment du coté des constructeurs français. Selon les services de l’état, ce nouveau barême n’est pas uniquement destiné à punir et prélever les acheteurs des véhicules un peu émetteurs de CO2 que ce qui est défini par la « norme officielle » mais il est aussi prévu pour tenter d’équilibrer un système Bonus/Malus qui sera encore déficitaire à hauteur de 440 millions d’euros cette année et qui le sera probablement encore à hauteur de 50 millions l’an prochain. L’équilibre n’étant attendu que pour 2014 ou 2015 dans des hypothèses euphoriques d’un marché étal voir en très légère reprise… Mieux vaut ne pas commenter ! Enfin les médisants diront que ce nouveau Malus est un gage de bonne volonté donné à aux partenaires d’EELV qui veulent la peau de l’automobile.

Pas vraiment une bonne nouvelle surtout quand on se dit que la régulation du marché automobile se ferait peut être bien mieux et automatiquement sans aucune aide de l’état qui semble, sur ce coup, jouer une fois de plus au percepteur plutôt qu’à autre chose malgré des propos officiels qui tentent de nous faire croire que c’est pour notre bien et pour l’air de la planète.

Ce nouveau Malus 2013 va donc surement faire des victimes françaises comme les C5 HDI 240, Coupé Laguna V6 3.5 L mais sans aucun doute c’est une voiture peu chère et bien pratique qui va faire les frais de cette nouvelle grille, je veux parler de la Lada Niva 1.7 i dont le moteur émet 224 g de CO2/km et qui va, d’un coup d’un seul, voir son prix prendre 50% puisqu’il va passer de 11.990€ à 17.990€… Cette situation met d’aileurs les directeurs des marques importées en colère puisque chez Lada, Lucien Lacroix , directeur commercial de la marque explique : »Je suis en colère. Ce sont des centaines d’emplois qui sont menacés dans notre réseau, chez nos sous-traitants français. La survie même de notre marque en France est désormais en jeu ».   Chez Jeep (tous les modèles sont menacés), Jaguar même son de cloche ce lundi et on commence sérieusement à grogner dans le monde automobile français qui fait savoir qu’une telle élévation du malus aura un impact redoutable sur une bonne partie du marché et on fait d’ailleurs remarquer que même Dacia est touché puisque le Duster 1.6 L d’entrée de gamme va se voir affecter d’un malus de 1500€. Cette affaire du Malus 2013 ne va pas seulement jouer sur les ventes de 4×4 ou de grosses berlines mais bel et bien sur l’ensemble du marché qui est déjà très affaibli.
Je finirais en vous rappelant que sur le 1er semestre 2012, la France est le 5eme pays le moins émetteurs de CO2 avec une moyenne d’environ 124 g/km qui place l’hexagone à peine à plus de 5 g/km du pays le mieux placé dans l’Union Européenne (Danemark).

Via Ministère du Budget.