BMW i3.3

Les amateurs de BMW vont se jeter sur cette citadine « sportive » électrique. Une chose de sûre, BMW crée le buzz avec la BMW i3. Vraisemblablement, ce n’est pas qu’un coup marketing, alors qu’a-t-elle de plus qu’une citadine électrique en plus du logo qui vaut de l’or ?

BMW parle de son concept car électrique i3 depuis des années, nous allons (enfin) découvrir la version de série en septembre prochain lors du Salon de Francfort. Mais avant et en ce début de semaine, ce sont tous les éléments officiels qui ont été révélés par le constructeur bavarois.
Ecolos, branchés et amateurs sont sur le pont depuis que BMW l’a officiellement dévoilé lundi. Les temps changent, l’écologie autrefois destinée aux marginaux devient Hype. Il est politiquement correct d’être écolo (qui a dit j’ai ma carte à EELV ?), quitte à conduire une voiture qui jure un peu dans le paysage par son esthétique déroutante et peu envoûtante. Enfin, écolo, écolo, 8 heures sur une prise domestique pour une charge à 80 %, 30 minutes sur une borne rapide de 50 kW, c’est comme la carte bleue, on ne voit pas le liquide filer. Outre le fait que BMW va gentiment vous proposer la Wallbox (Wallbox installable si votre alimentation domestique est suffisamment dimensionnée en terme d’ampérage sinon, il faudra choisir en le linge de la famille et le frigo ou 150 km en i3)  l’augmentation des besoins énergétiques vont faire tourner les centrales nucléaires mais aussi les autres  comme jamais jusqu’à présent notamment si les quotas de ventes des VE atteignent les objectifs un peu démagogiques annoncés par des constructeurs comme Renault, Nissan ou… BMW !

D’après certains, la voiture électrique est en train d’envahir le paysage routier. Je devrais m’offrir des lunettes de vue car je ne vois rien à l’horizon ou presque et les derniers chiffres vont dans ce sens. Les ventes de la Leaf et de la Renault Zoé sont encore et toujours trop faibles. Serions-nous dans le même cas de figure que lors des comptes pendant une manifestation ?

Pourtant, Norbert Reithofer et le directeur des ventes de BMW croit ferme en la i3. BMW la pense même rentable dès la fin de sa première année de commercialisation. Optimiste lorsque l’on connait le coût de l’investissement, pas moins de 2 milliards d’euros. Partie d’une simple feuille blanche et non d’un modèle ou d’une plateforme existante, la BMW i3 serait à coup sûr rentable. Serait-ce grâce à son prix? 34.990€ de série et ajoutez 4.000€ pour le Rex et en supplément le fameux et très long catalogue d’options BMW. Chez le constructeur de Munich on prévoit d’atteindre 10% des ventes de BMW rien qu’en i3. L’espoir fait vivre, car jusqu’à preuve du contraire, aucune voiture électrique n’atteint ce pourcentage dans les ventes d’un constructeur.

La stratégie de positionnement de la marque Bavaroise est franche. La BMW i3 se veut racée (ils nous ont habitué à autre chose et à…mieux), sportive, citadine, premium et écolo. En clair, la BMW i3 veut se placer entre une très élitiste mais très réussie Tesla S et une plus commune Renault Zoé à l’allure et au tarif sympathiques. La BMW électrique ne propose aucun caractère affirmé sauf sa singularité faite d’un arrière raide et massif, d’un devant qui ressemble presque à une caricature de nez BMW et le teintier n’est pas des plus chatoyant.
Je suis assez déçue de l’esthétique générale, bien loin de ce à quoi nous a habitué BMW. La hauteur de caisse risque de rendre difficile le franchissement des dos d’ânes parfois raides en ville voire éviter les nids de poule, travaux. Dotée d’une carrosserie d’une longueur de 3.999 millimètres, d’une largeur de 1775 millimètres et d’une hauteur de 1578 millimètres, la BMW i3 affiche des proportions originales. Ses roues de très grande taille (19 pouces en série, 20 pouces en option) montées sur des pneus « verts » en 155/70 R19 donne une étrange allure haute et étroite. Celle-ci n’est pas sans rappeler les proportions de certaines keis ou microspaces japonais mais à plus grande échelle. La carrosserie est  faite de  plastique renforcé de fibre de carbone, , si cela est novateur, cela risque aussi de coûter une petite fortune en frais de carrosserie en cas d’accrochages ou d’accident. Et pas sur qu’un peu de « choucroute » posée à la maison fasse l’affaire…

Le côté sportif et écolo dissone. Avancer l’argument d’une sportive lorsque la voiture est destinée au milieu urbain me semble quelque peu amusant. Toutefois, l’i3 abat  le 0 à 100 km/h en 7,2 secondes tout comme une Peugeot RCZ 1.6 THP 200 ch. Il est vrai que ce détail nous fait vibrer, n’est-ce pas ? Est-ce exactement la performance attendue d’une voiture électrique ? Rien est moins sur et on peut douter qu’une accélération qui nous écrase le plexus contre le siège en cuir enduit d’huile d’olive bio soit un élément déterminant dans l’acquisition d’une VE. On ajoutera sans mauvaise foi, que manier un VE comme une sportive diminue de manière non négligeable son autonomie… Hop, trois démarrages canons pour griller une 128i, une GTI et une RS et il faudra faire une croix sur le retour à la maison en i3 ! Alors lorsque vous vous amuserez à tester ces dires, veillez à avoir une prise EDF pas loin, l’autonomie doit prendre un sacré coup dans le réservoir. On sourira aussi au fait que BMW met en avant les jolies accélérations de sa VE de 125 kW et le fait que dans ses catalogues et sa communication officielle, il nous loue les bienfaits de la conduite en mode ECO-Pro…

BMW perfectionne sa politique environnementale à tel point que l’usine de Leipzig, où est fabriquée la i3, est alimentée à 100% en énergie électrique par des éoliennes. Moses Lake aux USA récupère son énergie de l’hydraulique. Sur l’ensemble de son cycle de vie, l’écobilan de cette VE est inférieur d’un tiers par rapport à celui d’un véhicule thermique à faible consommation. C’est toujours mieux que rien, convenons en !

La BMW i3 sera également vendue dans une configuration hybride avec prolongateur d’autonomie thermique (Rex) fort de 34 ch avec un réservoir d’essence d’une capacité de 9.0 L ce qui lui permet de parcourir jusqu’à 300-320 km avant de recharger contrairement à la voiture hybride Ë-avto E-Mobile du milliardaire russe Mikhail Prokhorov qui promet de vous faire quasiment traverser la Sibérie grâce à une conso digne d’un chameau !
Chez BMW, on pense désormais écolo mais aussi luxe et confort. Ainsi en option, on pourra agrémenter l’équipement avec des phares adaptatifs à LED, un toit ouvrant panoramique, une climatisation automatique adaptative, des sièges chauffants, le Driving Assistant Plus (alerte de risque de collision, régulateur adaptatif de vitesse ACC), le stationnement automatique (volant, frein , accélérateur), la reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse Speed Limit Info et j’en passe car il y a fort à parier que la division Individual de BMW fasse aussi ses propositions en matière d’équipements.

Cette voiture est étonnante, surprenante et n’attend que de confirmer ses ambitions. Beaucoup de questions restent cependant en suspens. Même si nous sommes convaincus de la qualité du groupe BMW et de ses productions, il n’en reste pas moins que le constructeur doit tout prouver dans le segment de l’automobile électrique. Nous ne pouvons pas nier les avancées dans ce segment du marché ainsi que le génie des personnels qui travaillent en R&D.

 

Crédits illustrations : BMW.