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Si je vous demande de me citer une voiture appartenant au segment des citadines, vous me répondez sans aucune hésitation « Renault Clio », « Peugeot 208 » ou « Volkswagen Polo ». Il est cependant une voiture qui ne sera dans quasiment aucune bouche : la Chevrolet Aveo. C’est un tort (et c’est bien dommage, car le tort tue).

 

Introduite sur le marché français en 2011, force est de constater que l’Aveo est restée bien discrète sur nos routes. Ce n’est pourtant pas les qualités qui lui manquent, à commencer par son look, que je trouve très réussi (bien mis en valeur par ce superbe Bleu Boracay et ses multiples variations, passant du bleu électrique au violet selon la lumière). Les optiques détachées les unes des autres, à l’avant comme à l’arrière, les poignées arrière intégrées dans le montant des portes et les passages de roues bien marqués contribuent à un style dynamique et réussi.

 

 

 

 

 

A l’intérieur cependant, c’est une autre histoire : tout est noir ou gris foncé, des housses de sièges aux plastiques, et ce n’est pas le petit toit ouvrant monté sur mon exemplaire qui va apporter un peu de luminosité. On peut passer l’éponge sur l’absence de ces fameux plastiques moussés qui plaisent tant aux journalistes et s’attarder en revanche sur quelques assemblages hasardeux et les contre-portes un peu trop vides à mon goût… En revanche, bon point pour les rangements, nombreux (très utile sur une citadine) et la planche de bord inclinée qui donne une réelle sensation d’espace. Ce n’est pas qu’une sensation, d’ailleurs : les places arrière sont vraiment accueillantes et le coffre suffisamment généreux pour un usage quotidien. Ce qui attire l’œil en montant à bord en revanche est bien l’écran tactile qui regroupe toute la partie média & connectivité de la voiture. Cet ensemble, baptisé MyLink, est le même que l’on retrouve sur la petite Opel Adam et très semblable aux R-Link de la Clio et SMEG de la 208 : on y gère la radio, le Bluetooth et le contenu de son iPod, de sa clé USB ou de son téléphone directement depuis l’écran ou les commandes au volant. L’ensemble est réactif, intuitif et de bonne facture : que du tout bon. On pourrait regretter cependant l’impossibilité de se connecter à Internet depuis cette interface, d’autant plus que cette fonction tend à se généraliser chez les concurrentes de cette voiture.

Et à conduire, ça donne quoi ? Et bien, là aussi, pas trop mal. Mon Aveo était équipée du moteur Diesel de 75ch que l’on retrouve un peu partout, de l’Opel Corsa à la Fiat 500 en passant par les Punto et autres Ford Ka. Le fait de mettre un diesel dans une citadine est pour moi un non-sens absolu, mais force est de reconnaitre que ce bloc est à son aise sous le capot de ma Chevrolet dans (presque) toutes les situations : souple en ville, bien aidé par un Stop&Start très discret et réactif, il n’hésite pas à sortir des grandes villes pour les petites routes, voire même les autoroutes. Il n’est cependant pas sans défaut : il se rappellera très bruyamment à votre bon souvenir à la moindre accélération… C’est d’autant plus dommage lors des redémarrages aux feux rouges, où le moteur était coupé et l’habitacle était redevenu calme. Le niveau sonore est aussi plutôt élevé sur autoroute, mais il suffit d’augmenter un peu le volume de la radio pour que ce désagrément disparaisse. Une sixième vitesse aurait été appréciée… Et tant qu’on parle de boîte de vitesse, n’hésitez pas à vous en servir si vous voulez avoir un tant soit peu de punch : il ne se passe rien sous 1500 tr/min. Cependant, lorsque le rythme s’intensifie un peu, la voiture reste saine et sécurisante, et l’ESP (livré de série) est là pour rattraper les petits excès d’optimisme. A vitesse normale, vous aurez cependant le sourire en voyant s’afficher les chiffres de consommation sur l’ordinateur de bord : j’ai parcouru environ 200 km, des grands boulevards parisiens aux petits villages des Yvelines, en passant par l’autoroute et la nationale. Sans faire vraiment attention à ma conduite, ma petite Aveo s’est satisfaite d’un très raisonnable 4,8 l/100km. Et pour conclure ce chapitre, sachez que le confort est très bon, même à basse vitesse. La petite monte de 15 pouces n’y est sans doute pas étrangère…

Vous avez donc vu que cette voiture cache quelques arguments plutôt convaincants. Et voici le meilleur : son prix ! Chevrolet est connu en France pour ses prix serrés, et l’Aveo ne fait pas exception à la règle. En effet, à niveau d’équipement équivalent, une Clio ou une 208 vous coûtera environ 2 000 € de plus… Alors, certes, sur cette finition intermédiaire LT, il faudra rajouter 350 € pour le MyLink, mais pour 13 800 € (ou 15 400 € pour la version diesel) on a quand même le Bluetooth avec prise Aux et USB avec commandes au volant, la climatisation, les jantes alliage, l’ordinateur de bord, le régulateur/limiteur de vitesse… Bref, une dotation bien fournie.

En conclusion, la brièveté de cet article reflète bien la personnalité de cette voiture : rien d’extraordinaire chez elle, aucun point particulier à relever, mais elle fait les choses qu’elle a à faire et les fait bien. Alors, certes, elle n’a pas ce petit truc qui fait qu’elle se démarque des autres, mais dire d’elle que c’est une mauvaise voiture serait totalement faux ! Une alternative intéressante, donc.

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Merci à Chevrolet France pour le prêt de la voiture et au fonctionnement curieux des bornes du Théâtre 95.