Où BMW invite quelques blogueurs à découvrir en avant-première ses nouveautés…

Jeudi 16 janvier : il est 19h, et les équipes de la communication digitale de BMW étrennent un nouveau type d’événement qu’elles réservent aux médias de l’Internet : une Closed Room. Derrière cet anglicisme distingué, l’idée d’un espace réservé, pour une soirée, à un public trié, pour une présentation privée. Alléchant, d’autant que la présentation se double de la possibilité de s’entretenir avec les différents responsables marketing de la marque. Dont acte.

Les forces en présence : en ce début d’année qui s’annonce pléthorique en matière de lancements pour l’Hélice, on choisit des véhicules « plaisir ». A savoir, la M235i, la Série 4 cabriolet, et en Première Française, la M4 Coupé !… mais si toutes seront révélées au public présent, la M4 restera sous bâche : tous les objectifs des appareils photos seront obstrués pour s’assurer de la confidentialité. Pas toutes les émotions d’un coup… !

BMW M235i

Il s’agit du dérivé coupé de la M135i, qui remplace la Série 1M Coupé. Fidèle à la tradition de la marque, la Série 2, et à plus forte raison cette version sportive, est une propulsion, qui se remarque -même si c’est presque imperceptible- à ses voies arrière plus larges qu’à l’avant ; le creusement des flancs, en-dessous de la ligne courant des ailes jusques aux feux, ne trompe pas un œil expert. Pour autant, la raison de l’appellation complète « M235i » plutôt que « M2  » intrigue. A cela, le spécialiste produit responsable des Séries 1, 2, et X1, Thibault Clipez, apporte une réponse : « il s’agit d’une optimisation de la Série 2 réalisée par ///M Performance », « comme la M550d ou le X5 M50d pour vous donner un exemple, ajoute le responsable des Séries 3, 4 et Z4, Pierre-Alexandre Cornillon, c’est une évolution mais le design et l’ingénierie ne viennent pas de BMW ///M qui est une entité différente ».

L’un des défis de la conception de la Série 2 fut l’intégration d’une descente de pavillon plus douce que sur la précédente version, tout en prenant en compte l’ouverture de la malle et une nécessaire hauteur sous toit pour les passagers arrière. C’est pourquoi la Série 2 adopte un profil un peu différent de celui de la Série 1 coupé, grâce aux 7 cm gagnés par rapport à  cette dernière. La voiture y perd l’originalité de son profil mais y gagne un peu d’agrément de vie pour les éventuels occupants de la banquette arrière. La M235i dispose d’un moteur de 320 chevaux et coûte 47 602 €.

Si pour l’heure on promet qu’il n’y aura « pas de M2 « , celle-ci n’étant pas prévue pour l’heure, les responsables de BMW précisent les objectifs fixés à leurs nouveaux véhicules sportifs : « on n’est plus dans la logique de chercher toujours plus de puissance, explique M. Clipez, désormais,ce qui compte, c’est le temps au Nürburgring », c’est-à-dire moins la vitesse de pointe que des reprises avec un maximum de puissance à tous les régimes. « Une BMW se doit d’être facile au quotidien, et agréable à piloter, donc servir à tous les besoins ».

La création de la Série 2, l’émancipant de la Série 1, relève d’un besoin de différencier les gammes : les berlines en chiffres impairs ; les coupés et cabriolets en chiffres pairs ; « cela commence à être compris par nos clients, on ne se fait pas de souci pour cela », précise M. Cornillon. On retrouve ainsi, sans le dire, une gamme à l’inverse de celle d’Audi, où ce sont les berlines qui sont paires et les coupés/cabriolets impairs… La « distinction », qui n’a rien de Pierre Bourdieu et tout du marketing, se poursuit au niveau supérieur avec la remplaçante de la Série 3 Cabriolet, la Série 2.

BMW Série 4 Cabriolet

Cette nouvelle Série 4, malgré son changement de nom, ne change pas sa formule et reste un coupé-cabriolet. « C’est une demande de nos clients », précise Ludovic Leguem, responsable de l’équipe marketing-produit de BMW France. Cette contrainte de structure est toutefois invisible dans la ligne de ce long cabriolet 4 places, puisque le toit rétractable en 3 parties est parfaitement intégré au profil de la malle ; le jeu de lignes tendues du profil aide aussi à allonger et à alléger visuellement la voiture.

BMW a toutefois fait progresser son produit : ainsi, pour un meilleur chargement de la malle toit replié, un système d’ « aide au chargement » (pour une fois qu’aucun anglicisme n’est utilisé pour le nommer !), de série, qui est proposé : il consiste en deux systèmes complexes situés de part et d’autre de l’intérieur de la malle qui viennent soulever et le toit replié et la malle, afin d’offrir un accès plus aisé à l’ensemble du coffre et à sa trappe à ski. Un filet de protection est présent, pour protéger les bagages et indiquer le maximum de hauteur d’emport de fret pour pouvoir refermer l’ensemble. Raffinement ultime : tout est électrique ! Si la manipulation fait forte impression, on n’ose imaginer le coût de remplacement d’une telle pièce… ! L’ensemble débute à 48 302 €.

BMW M4

La cinquième génération de la « légende » M3 revient au 6 cylindres en ligne… et se dédouble, restant M3 en Berline, et devenant M4 en Coupé. Une M4 Cabriolet est également prévue. Avec 431 chevaux, certes elle n’augmente la marque que de 11 unités face à la précédente M3 V8 de 420 chevaux, mais l’ensemble de cette cavalerie est disponible bien plus tôt dans le régime moteur, dès 1700 tours/minutes, de quoi assurer des reprises instantanées. Allégée de 70 kg, grâce notamment à l’utilisation d’aluminium pour le capot, d’un mélange de plastique et de fibre de carbone pour le toit, ainsi que d’un polymère de fibre de verre pour la malle, la M4 est plus légère que la M3 CSL tout en étant plus puissante.

La rigidité de la structure est en partie assurée par une double barre anti-torsion et anti-rapprochement en fibre de carbone située sous le capot, et qui vient enserrer le L6 qui occupe toute la place sous le capot. On comprend pourquoi ce dernier reste bombé ! Cette bosse est d’ailleurs un atout aérodynamique, exploité sur le pavillon creusé jusque sur la malle. Cela crée un léger flux d’air qui, en plus de la forme spécifique de la malle due à son matériau, permet d’éviter l’utilisation d’un aileron additionnel (et de gagner 5 kg sur la masse totale).

De manière générale, toute la M4 est repensée pour mieux pénétrer dans l’air : bouclier inédit, avec en partie basse un double flux pour refroidir le moteur et les freins ; une écope latérale dans laquelle naît la ligne de profil jusqu’à la malle ; un diffuseur arrière et des rétroviseurs profilés finissent de confirmer les prétentions de « fille de l’air » de la bête. Présentée dans sa teinte jaune « Poussière d’Or » (le même Aurium Dust que sur le concept M4), elle sera également disponible en Orange Sakhir, celui-là même que sur la M6, ainsi qu’avec l’inédit bleu ciel Yas Marina Blau.

A la différence de la M235i, la M4 a été entièrement conçue par BMW ///M : design, moteur, tout a été repensé, tandis qu’il était fait appel à l’équipe Motorsport engagée en DTM pour qu’elle mette à contribution ses pilotes pour développer les liaisons au sol sur circuit. Le modèle actuel présenté en exclusivité à la Closed Room parisienne n’était qu’une pré-série, « pas faite pour rouler sur route, comme un vrai concept, mais avec un vrai moteur », précise M. Cornillon. Et quel moteur ! Le chant du 6 cylindres est d’abord sourd et un tantinet grave à l’allumage, mais sitôt appuyé sur l’accélérateur, c’est une sonorité bien plus aiguë, proche d’un rugissement, qui se fait entendre distinctement, et qui donne envie d’en prendre le volant.

L’intérieur a lui aussi été repensé : les sièges baquets, plutôt confortables et à l’accès plutôt aisé pour une telle sportive, sont dotés d’un sigle ///M rétroéclairé, c’est plus joli ainsi ! Le volant dispose d’une jante épaisse et d’un diamètre un peu réduit. Les informations de vitesse sont à la fois disponible sur les compteurs physiques en affichage tête-haute, avec, raffinement ultime, un diagramme de montée en régime aux couleurs de BMW ///M… ! Les prises de commandes de la nouvelle M4, concomittante à celle de la M3, est possible à partir du 1er février. On pourra aussi s’offrir, aux alentours de 80 900 € en berline et de 81 900 € en coupé, alors que les américains ont la M3 pour 62 000 $ et la M4 pour 64 200 $…

Les essais presse n’auront lieu qu’à partir d’avril, tandis que les premières livraisons se feront en juin. D’avril à juin, la M4 pourra être découverte à un public réservé dans la concession George V, tandis qu’à partir de juin elle sera montrée au grand public, sans distinction. Si tous les convives et nos hôtes ont pu la voir découverte à cette soirée de janvier, ce ne sera malheureusement pas votre cas… sauf si vous allez lire l’article d’Emeric, qui est allé la découvrir à sa Première Européenne à Bruxelles. Nous ne pouvons vous proposer mieux pour l’instant !

Qu’en conclure ?

Une belle soirée, à n’en pas douter, avec cette inévitable pointe de regret pour la confidentialité de la M4. Entre les différentes strates de BMW, il semble que l’on ait clairement préféré laisser l’exclusivité de la M4 à sa Première Mondiale (à Detroit) et à sa Première Européenne (à Bruxelles), et il convient de ne pas concurrencer ces salons.

D’un point de vue plus général, ce début d’année 2014 est aussi l’occasion de rappeler les très bons chiffres de vente de 2013 : « de toute façon, nos deux concurrents ce sont Audi et Mercedes, même si nous avons vendu 100 000 voitures de plus qu’Audi l’an dernier, et qu’Audi a fait 100 000 ventes de plus que Mercedes dans le monde », explique M. Leguem. La France n’est pas un marché anodin pour l’Hélice, « c’est notre sixième marché mondial,

spécifique parce qu’on y vend moins de sportives et plus de diesels notamment. Nous avons quand même des fidèles pour la M3/M4, et c’est d’ailleurs pour eux que nous avons pour le marché français une version à l’équipement très complet, avec éclairage 100 % DELs notamment », sans que le recours au long catalogue d’options soit obligé. « Il faut de l’équilibre à notre gamme : des véhicules images, mais aussi des véhicules de grande diffusion. Les deux se complètent et on est optimiste pour l’année qui vient ».

Sa place de leader, le constructeur Munichois compte bien évidemment la tenir, au moyen d’une kyrielle de nouveautés (Série 3 GranCoupé, Série 2 Active Tourer, X4, pour ne citer qu’eux…). L’occasion, espérons-le, de futures Closed Room au Brand Store George V de BMW.

Crédit photographique: Ugo Missana pour BlogAutomobile.fr

Bonus

Quelques derniers clichés d’Ugo Missana de cette soirée, notamment du véhicule exposé à l’entrée du Brand Store BMW : il s’agit d’un prototype électrique de 1972, la 1602 Electric. Une sorte de lointain ancêtre de la BMW Série 2 actuelle !