La mythique marque De Tomaso revient presque miraculeusement à la vie. Outre une évocation moderne de la Pantera par Ares Design, c’est maintenant sous son nom propre qu’un nouveau modèle est présenté. La P72 semble vouloir reprendre l’histoire à partir des années 60 et voit les choses en grand.

Fondée par l’argentin Alejandro de Tomaso en 1959, la firme éponyme est avant tout connue pour la Pantera, monstrueuse et caractérielle sportive à V8 Ford, et aussi pour ses quelques coupés et berlines de grand tourisme Longchamp ou Deauville.

Moins connue est la Sport 5000, également nommée P70. Il s’agissait d’une voiture de course, développée avec l’aide de Caroll Shelby. Sa carrière en compétition fut pour ainsi dire inexistante et elle fut bien vite oubliée.

C’est pourtant à cette P70 que la société De Tomaso Automobili a décidé de rendre hommage pour sa renaissance. Dorénavant dans le giron de la société Ideal Venture Team basée à Hong Kong, De Tomaso a pris pour base technique le châssis carbone de sa cousine Apollo I.E. Les autres détails techniques sont pour l’instant non communiqués, si ce n’est que la boîte de vitesse sera à commande manuelle. Une singularité qui devient petit à petit un signe de reconnaissance entre puristes et amateurs de belles choses.

Le dessin de la P72 semble reprendre là où la P70 de 1965 s’est arrêtée. La ligne tout en courbes est typique de cette époque où régnaient les Lola T70 et autres Ferrari P4. Elle semble d’ailleurs s’en inspirer ouvertement, sans pour autant tomber dans le plagiat éhonté. On peut retrouver aussi des bribes d’Alfa Romeo 33 Stradale ou de Ferrari 312P. De beaux hommages, mais le dessin sait rester personnel. Les ailes sont puissantes, les entrées d’air très échancrées, un embryon d’aileron s’esquisse sur la poupe, blotti entre l’échappement et les feux arrières ronds. C’est à croire que 50 ans de recherche aérodynamique n’ont pas eu de prise sur les designers. Et c’est tant mieux ! Sa cousine Apollo devrait en prendre de la graine… Seule fausse note : les touches de doré sur les jantes, rétroviseurs et logos. C’est clinquant à souhait, mais j’imagine que c’est configurable par le client. J’y penserai au moment de choisir la mienne.

Dans l’habitacle, l’ambiance est très éloignée de celle d’une voiture de course, ce serait même l’excès inverse : clinquant et pas très ergonomique.

Si les baquets en cuir matelassés sont superbes, les compteurs chromés à fond blanc avec chiffres romains, la tringlerie de boîte apparente, le cuivre poli et les panneaux de carbone forment un assemblage hétéroclite et bling bling qui n’est pas sans rappeler une Pagani Huayra ou une Spyker. Un habitacle bijou fait pour flatter le conducteur, pas pour piloter. La cible est définitivement différente de celle de l’Apollo !

Comme indiqué plus haut, De Tomaso reste muet quant au moteur animant cette belle P72. Alors, V12 Ferrari comme l’Apollo, V8 américain comme la P70 ou même bloc Mercedes ? Car rappelons que les Apollo seront construites par HWA, département compétition de Mercedes AMG. Gageons que nous aurons bientôt plus de détails sur cette belle machine vendue au prix de 750 000 € et limitée à 72 exemplaires (forcément….). Il se murmure cependant qu’un V8 Shelby de plus de 700 ch serait pressenti pour se loger sous le capot. Juste retour des choses !

La P72 a été présentée ce jour au Festival of Speed de Goodwood, et il faut bien avouer qu’elle a une sacrée présence !

Crédits photos : De Tomaso