Élégance & Automobile à Monte-Carlo 2019

Organisateur du mythique Grand Prix F1 de Monaco, du Grand Prix Historique, de l’incontournable Rallye de Monte-Carlo ainsi que de nombreux autres événements, il ne manquait qu’un Concours d’Élégance à l’éventail fourni de l’Automobile Club de Monaco (ACM) : un Concours d’Élégance C’est à présent chose faite avec ce 1er « Élégance & Automobile à Monte-Carlo ».

Après une tentative en 2013 finalement repoussée, c’est en novembre 2018 que l’information tombe pour la première fois sur le site de l’Automobile Club de Monaco (ACM) : la création d’un événement intitulé « Élégance & Automobile à Monte-Carlo ». Création, ou plutôt renaissance puisque cette tradition des Concours d’Élégance est un héritage du passé de l’Automobile Club de Monaco (ACM).

En effet du 8 au 15 mars 1921 se déroulait la première édition d’un événement baptisé « la semaine automobile » qui comportait différentes épreuves automobiles dont un Concours d’Élégance. 1 Plus récemment, entre 1974 et 2001, 13 éditions du « Rallye Monte-Carlo des Voitures Anciennes » se sont déroulées. Évènements qui comportaient également un Concours d’Élégance. 2 18 Ans plus tard « Élégance & Automobile à Monte-Carlo » ressuscite cette lignée de Concours d’Élégance avec pour objectif de réunir de prestigieuses voitures d’avant-guerre (1930-1940), d’après-guerre (1950-1960), et d’aujourd’hui.

Fin février 2019, la liste des voitures est communiquée sur la page Facebook de l’Automobile Club de Monaco (ACM) confirmant ainsi tous les espoirs en terme de qualité de voitures. C’est en pleine semaine de canicule, sous une chaleur écrasante, que s’ouvre donc du jeudi 27 au dimanche 30 juin 2019 ce 1er « Élégance & Automobile à Monte-Carlo », édition moderne des concours d’élégance automobiles d’autrefois.

Organisé par l’Automobile Club de Monaco (ACM), sous le Haut Patronage de Leurs Altesses Sérénissimes Le Prince Albert II de Monaco et La Princesse Charlène de Monaco, en partenariat avec la Société des Bains de Mer (SBM), et avec l’appui du Gouvernement Princier et de la Municipalité, l’accent est mis sur l’élégance et l’exception.

Les voitures éligibles sont les automobiles de grand tourisme, de grand standing, ou de sport d’avant et d’après-guerre, et les carrosseries spéciales. Ne sont pas éligibles les voitures pouvant participer au Grand Prix de Monaco Historique (voitures de Grand Prix de toutes époques et de Sport de 1945 à 1952). Les voitures doivent être autorisées à circuler sur route ouverte, immatriculées et assurées. Elles doivent être accompagnées de leurs propriétaires dont la présence est requise durant la totalité de l’événement. 3

Les participants devront aussi s’acquitter d’un droit d’entrée de 9000€ avec hébergement à l’Hôtel de Paris, ou 7000€ sans hébergement. 4

Les 47 voitures qui participent à Élégance & Automobile à Monte-Carlo 2019 sont réparties en 9 classes :

  1. Catégorie Plein Soleil
  2. Catégorie Route et Circuit
  3. Catégorie Dans le Vent
  4. Catégorie Bella Macchina
  5. Catégorie Grandes Routières
  6. Catégorie Dolce Vita
  7. Catégorie Vitesse
  8. Catégorie Solitaires
  9. Catégorie Princes, Princesses et Chefs d’Etats

Cet événement ayant lieu 1 mois après le Concorso D’Eleganza Villa D’Este 2019, pas mal de voitures se retrouvent également à ce 1er Élégance & Automobile à Monte-Carlo 2019. C’est le cas de la Ferrari 512S Modulo, de l’Aston Martin DB4 GT Zagato (#DB4GT/0178/L), de la Touring Sciadipersia Cabriolet, de la Delahaye 135M Carlton Roadster (#49315), de l’Alfa Romeo 8C 2900B Lungo Touring Berlinetta (#412035), et de la Ferrari 166 MM Barchetta Touring Superleggera (#0006M).

Jeudi 27 juin 2019, une première journée dédiée à l’accueil des participants (à l’Hôtel de Paris Monte-Carlo où ils résideront pendant la durée de la manifestation) avec un dîner de bienvenue à l’Automobile Club de Monaco (ACM) le soir. Les premières voitures sont déchargées à l’Est de la Principauté et filent ensuite aux Terrasses du Casino afin de se mettre en place à leurs emplacements respectifs.

La première à ouvrir le bal est la Lamborghini 3500 GTZ (#0310), puis la Talbot-Lago T150-C SS Teardrop Cabriolet Figoni & Falaschi (#90115), suivie de la Ferrari 250 GT Lusso (#5607GT) et de la Ferrari 512S Modulo. Cette Ferrari 250 GT Lusso (#5607GT) de 1964 est peinte en Blue Sera avec un intérieur Tobacco, 290ème des 350 GT Lusso construites, certifiée Ferrari Classiche. Elle a été livrée neuve en mai 1964 à Rezzaghi Motors, le concessionnaire officiel de San Francisco, pour un propriétaire Californien inconnu. Après être passé entre les mains de deux autres propriétaires californiens elle partira pour le Japon en 2003 pour revenir quelques années plus tard aux Etats-Unis. En 2009 elle a subi une restauration totale. 5

Il est temps de partir vers le Casino, car l’endroit où sont déchargées les voitures n’est pas le plus photogénique. C’est à l’arrière du Casino de Monte-Carlo, sur les Terrasses du Soleil que vont se placer les voitures.

Arrivé sur place je vois déjà pas mal de monde, pleine saison touristique oblige l’afflux de voitures attire encore plus les curieux. C’est alors qu’arrive la Mercedes-Benz 540K Sport Cabriolet A Sindelfingen (#130946) qui attend les instructions du staff de l’Automobile Club de Monaco (ACM) pour se positionner à son emplacement définitif.

Cette Mercedes-Benz 540K Sport Cabriolet A Sindelfingen (#130946) de 1936 a été acheté aux enchères en 2014 pour 2 242 500€. Elle est surtout l’une des dix 540K Cabriolet A qui a quitté l’usine Mercedes dans la configuration dite « interim » : équipée d’un plus puissant moteur 5.4L tout en conservant le style de carrosserie des 500K, et avec deux roues de secours arrière. Cette Mercedes-Benz 540K Sport Cabriolet A Sindelfingen (#130946), numéro interne #226106 a été commandée le 03/06/1936 et a été assemblée dans les ateliers de Sindelfingen le 13/07/1936. Son premier propriétaire a pris livraison de la voiture le 12/10/1936 au concessionnaire Mercedes à Paris. Il était le propriétaire du très fameux cabaret parisien « La Roulotte ». Il fera restaurer la voiture en 1993 après avoir gardé la voiture pendant plus de 70 ans, avant de la vendre finalement en 2007 pour son deuxième propriétaire monégasque. La voilà de retour sur ses terres monégasques 5 ans après, lors de 1er Élégance & Automobile à Monte-Carlo 2019. 6

Certaines voitures se placent sur la partie haute des Terrasses du Soleil et d’autres sur la partie inférieure. L’ATS 3000 GTS Coupe arrive. Soutenue financièrement par le Comte Giovanni Volpi, le constructeur automobile italien ATS se compose d’anciens ingénieurs d’élite de Ferrari ayant quitté le cheval cabré après la fameuse révolte du palais en 1961. Ils décidèrent donc de créer leur propre GT de sport à travers la marque ATS (Automobili Turismo e Sport SpA) créée en 1962. La courte aventure d’ATS durera jusqu’à fin 1964. Difficile de trouver des informations détaillées sur les ATS (à part quelques châssis) tant l’aventure aura été éclair et le nombre d’exemplaires construits faible, sans parler de l’identification des châssis survivants à notre époque, pas tous connus (une dizaine connus à ce jour). On parle de 12 exemplaires construits (12 voitures terminées et de quelques exemplaires non terminés dont le nombre reste à déterminer). Parmi les ATS on distingue plusieurs versions : les ATS 2500 GT, les ATS 2500 GTS, et les ATS 3000 GTS. Les ATS 2500 GT avaient une carrosserie en acier et un V8 2.5L de 220ch alors que les GTS étaient en aluminium (S pour « Superleggera ») donc beaucoup plus légères mais aussi car dénuées de tout élément de confort. Elles avaient un V8 2.5L de 260ch. Pour les ATS 3000 GTS, ultimes et derniers modèles fabriqués, elles étaient en aluminium comme les 2500 GTS mais étaient dotées d’un V8 3.0L de largement plus que 260ch (sa puissance n’a jamais été mesurée officiellement). L’ATS 2500 était la première voiture de série italienne et la deuxième voiture de série au monde à moteur central au moment de sa création. Merci à Chanh Lê Huy (recherchiste/historien du designer Franco Scaglione) pour ses informations.

Difficile d’en dire plus sur cette ATS 3000 GTS bleue nuit présente au 1er Élégance & Automobile à Monte-Carlo 2019. Badgée sur la malle arrière « Coupé ATS 3000 GTS », elle appartient à Roland D’Ieteren. Restaurée en 2000 par une société italienne, elle apparait notamment en 2014 à l’exposition « The Cartier Style Et Luxe » dans le cadre du Festival of Speed de Goodwood. 7

Voici à présent l’Aston Martin DB4 GT Zagato (#DB4GT/0178/L). Une voiture également présente au Concorso D’Eleganza Villa D’Este 2019. Cette Aston Martin DB4 GT Zagato de 1961 est une des 19 Aston Martin DB4 GT carrossées par Zagato, et l’une des 8 en conduite à gauche. Elle était exposée au Salon de Genève en 1961 dans sa livrée rouge immanquable « Range Rosso » avant de se voir préparée pour courir au Grand Prix de Spa de 1961 par son premier propriétaire Edy Corthesy. Son deuxième propriétaire, Fridolin Haechler l’emmena aux USA avec pour but de l’engager là aussi en course, mais finalement l’idée n’aboutira pas et l’Aston Martin DB4 GT Zagato (#DB4GT/0178/L) passera les 47 années suivantes de sa vie de manière sédentaire. 8 En 2009 elle change de mains et reviendra enfin en Europe aux mains de Jean-Pierre Slavic. Quelques années plus tard elle sera rachetée par Timm Bergold (Destriero Collection).

Puis la Lamborghini Miura P400 Bertone (#3480). Une voiture que j’ai également vue lors du Concorso D’Eleganza Villa D’Este 2017. Originale avec ses bandes vertes et dorées, elle a été commandée spécifiquement dans cette livrée par Adrian Doyle (fils de l’auteur de Sherlock Holmes). Elle est aujourd’hui dans les mains de Jean-Pierre Salvic, un collectionneur Suisse bien connu qui l’a fait restaurer dans sa teinte d’origine par la Carrozzeria Cremonini. 9

Et maintenant la Citroën SM Mylord Cabriolet Chapron. L’acquisition à 60% de Citroën par Maserati en 1967 sera immédiatement suivie par une annonce selon laquelle serait commercialisée une luxueuse Citroën sportive avec un moteur Maserati. L’ingénieur Maserati, Giulio Alfieri dessina alors un V6 dérivé du V8 de la Maserati Indy limité à 2760cc, afin de ne pas dépasser la limite de 2,8L imposée par la loi française à l’époque au-dessus de laquelle une grosse taxe s’appliquait. Les théories sur la signification de l’appellation « SM » varient : on parle de « Sport Maserati », « System Maserati », « Série Maserati », ou encore surnommée par les français comme « Sa Majesté ». Quoiqu’il en soit la SM était l’incarnation d’une voiture de luxe à la française.

Un luxe qui sera poussé à sa quintessence par Henri Chapron qui s’était rapproché de Citroën, intéressé par la DS pour la transformer en Cabriolet. Intéressé là aussi avec la commercialisation de la SM, Chapron approcha de nouveau Citroën, avec qui il entretenait de très bonnes relations, pour en faire encore un fois un Cabriolet. Au Salon de Paris 1971, Chapron présentait sa création :la Citroën SM Cabriolet, baptisée « Mylord ». Seuls 7 exemplaires de la Citroën SM Mylord Cabriolet Chapron ont été fabriqués. Actuellement possédée par le belge Thierry Dehaeck qui parcourt près de 3000 kilomètres avec chaque année. 10

Puis la Ford GT40 Mk III (#M3/1103). Loin d’être les GT40 les plus répandues, et pour cause avec seulement 7 exemplaires produits entre 1967 et 1969, les Mark III adoptent l’esthétique la plus civilisée de toutes les GT40 (comparées aux Mark I, II, et IV).

La Ford GT40 Mk III châssis M3/1103 a été fabriquée en avril 1969, et vendue à Max Aitken, PDG du journal Beaverbrook. Elle sera revendue en 1973 et grandement modifiée par son nouveau propriétaire. Parmi les changements on pourra citer l’apparition de jantes aluminium, des ailes élargies, et elle sera repeinte en blanc avec bandes bleues ciel. Au début des années 1980 elle changera à nouveau de mains avant d’être revendue dans les années 2000. Son nouveau propriétaire la fera restaurer avec sa couleur d’origine, la suppression des ailes élargies, et le retour de ses jantes d’origine. 11

À présent l’Alfa Romeo 6C 2500 SS Cabriolet Pinin Farina (#915.026) de 1939. Aussi connue sous le nom d’Alfa Romeo Tipo 256 Cabriolet Sportivo, est un exemplaire unique. Ce spectaculaire Roadster Pinin Farina aurait commencé sa vie en tant qu’une des vingt Tipo 256 de compétition portant le numéro de châssis 915036. Des sources officielles affirment qu’en juillet 1939, Mario Tadini remporta la « Corsa dello Stelvio » avec ce châssis. Juste après sa carrière en course, la voiture a été recyclée, refrappée avec le numéro 615026 (les deux numéros sont encore visibles l’un à côté de l’autre) et envoyée chez Pinin Farina en 1940 pour être carrossée en magnifique voiture de route, telles étaient les consignes de dessin de Mario Revelli de Beaumont, son propriétaire de l’époque. 12 13

Impossible de manquer la Maserati V4 Sport Zagato Spider (#4002) et son vert caractéristique. Immanquable également puisqu’il s’agit d’un des deux exemplaires construits et le seul survivant. Baptisée Tipo V4 en référence à la cylindrée de 4L du V16 (oui oui V16 !), elle est dérivée des Maserati Tipo 26 et abrite en réalité deux V8 côte à côte qui portent la puissance à 280ch. Les performances étaient donc impressionnantes pour l’époque. Pour preuve en septembre 1929 Baconin Borzacchini pulvérise le record des 10 km (pour les voitures de moins de 5000 cc de cylindrée), à la moyenne de 246,069 Km/h, soit plus de 10 km/h de plus que le précédent record. Le développement se poursuit en 1930 où la Maserati V4 sera préparée pour les 500 miles d’Indianapolis mais sans succès, et en 1931 où elle remportera le Grand Prix de Rome.

Deux exemplaires supplémentaires sont seront construits en 1932, en utilisant probablement en partie les pièces de la V4 originale que l’on ne reverra jamais : une V5 (premier exemplaire, une voiture de Grand Prix baptisée V5 parce qu’elle est équipée d’une version 5L du V16), et une V4, le châssis 4002 (un Spider Castagna). Elle sera achetée la même année par un physicien romain Galeazzi Riccardo qui la fera re-carrosser en 1934 par Zagato, avec une plus attractive carrosserie Roadster.

À la fin des années 1930 la Maserati V4 #4002 est vendue, et atterrie dans les mains du hollandais Erik Verkade. À cause de la guerre qui éclate et de l’invasion de la hollande, Verkade démontera la voiture et cachera les pièces du moteur dans sa chambre. Elles y resteront près de 5 ans. À la fin de la guerre, Verkade remonte la voiture et l’emmène à l’usine Maserati pour vérification. Il faudra attendre 1946 et la vente de la Maserati V4 #4002 à un américain pour la voir restaurée dans sa configuration de 1934. 14

Tous les concurrents arrivent les uns après les autres.

La véritable première pour les participants et leurs équipages c’est le vendredi 28 juin 2019. Toujours dans l’esprit d’époque, les voitures partent dès le matin pour une balade dans l’arrière-pays, avec une halte déjeuner dans le plus grand respect des traditions avec un pique-nique gastronomique au Domaine de Mont-Leuze. De quoi faire rugir le moteur de leur voiture d’exception sur des routes sinueuses de l’arrière-pays, tout en appréciant un paysage bucolique et méditerranéen

Toutes les voitures ne participent pas à ce rallye dans l’arrière-pays. Ne sachant pas lesquelles participeront au rallye, ça sera la surprise totale. Je décide de me placer à la sortie du petit village d’Èze afin de profiter d’un arrière-plan rocailleux qui changera du côté urbain de Monaco. Heureusement pour moi un petit arbre me sert de parasol, car en plein soleil c’est une véritable fournaise en attendant les voitures qui arrivent au compte-goutte et par petits groupes.

9H48, les premières voitures arrivent : la Cadillac Dual Cowl 341 A Sports Phaeton Fischer, la Delahaye 135M Carlton Roadster (#49315), la Ferrari 166 MM Barchetta Touring Superleggera (#0064MM), la Mercedes-Benz SSK Corsica Drophead Coupé (#36241), la Bentley 3-Litre Speed Model Sports Two-Seater Park Ward (#141).

6 minutes plus tard : un autre groupe, avec la Ferrari 400 Superamerica Cabriolet Series I Pininfarina (#1945SA), l’Aston Martin DB4 GT Zagato (#DB4GT/0178/L), la Pegaso Z-102 Series II Cabriolet Saoutchik (#0102-153-0136), la Fiat 8V Berlinetta Rapi (#106*000032), la Siata 208S Spider Motto (#BS532), la Mercedes 300 SC Coupe, la Ferrari 166 MM Barchetta Touring Superleggera (#0006MM), la Ferrari 512S Modulo Pininfarina Concept, la Mercedes-Benz 540K Sport Cabriolet A Sindelfingen (#130946), la Ferrari 275 GTB Competition SEFAC (#08249), la Ferrari 250 GT Europa Coupe Vignale “Liliane de Réty” (#0359GT), la Ferrari 250 GT Lusso (#5607GT), la Ferrari 330 GTC Coupe Speciale (#09439), la Ferrari Mythos Concept, la Talbot-Lago T150-C SS Teardrop Cabriolet Figoni & Falaschi (#90115), la Ferrari 250 GTO (#3445GT), la Lamborghini 3500 GTZ (#0310), la Lancia Stratos HF Zero Concept (#C/1160), et pour finir la Touring Superleggera Sciadipersia Cabriolet.

C’est assez dingue de voir rouler ces trois Concept que sont la Ferrari 512S Modulo, la Ferrari Mythos, et la Lancia Stratos HF Zero Concept (#C/1160) surtout quand on réalise que c’est la première fois que la Ferrari Mythos roule sur route publique ! Alors que la Lancia Stratos HF Zero Concept (#C/1160) se passe de plaque d’immatriculation, la Ferrari Mythos s’est vue greffer des plaques garage monégasques. Quant à la Ferrari 512S Modulo elle garde sa plaque New-Yorkaise « PF MODULO ».

À 10H00 toutes les voitures sont passées, il est temps de se diriger vers le parking où seront stockées les voitures au Col d’Èze. Je croise quelques voitures arrêtées sur le bas-côté en montant au parking, notamment la Ferrari 250 GTO (#3445GT) qui est en panne. Il faut dire qu’entre la chaleur écrasante et la mécanique fragile de ces voitures d’époque, la montée de ce col n’est pas des plus clémente pour les voitures.

L’occasion de s’attarder sur la Ferrari 330 GTC Coupe Speciale (#09439), l’une des 4 construites par Pinin Farina en 1967. La 330 GTC Coupe Speciale n’est pas simplement une 330 GTC se distinguant par des caractéristiques spéciales, c’est un modèle totalement à part créé à partir d’une feuille blanche. Le dessin comporte des marqueurs caractéristiques du style Pinin Farina, comme par exemple le nez de la voiture qui rappelle les Ferrari 365 California Spider. Tout comme la 365 California elle adopte des phares couverts, des pare-chocs séparés, et des feux rétractables. Dévoilée au Salon de Bruxelles 1967, elle illustre une nouvelle collaboration brillante entre Ferrari et Pinin Farina.

La Ferrari 330 GTC Coupe Speciale châssis 09439 (la première des 4), sera vendue à un client royal : la Princesse Liliane de Réthy de Belgique. Liliane De Réthy et son mari le Roi Léopold III, étaient des amateurs de Ferrari uniques qu’ils se faisaient fabriquer spécifiquement. 15

D’ailleurs la Ferrari 512S Modulo a pris feu à l’arrière pendant l’ascension du col, comme en témoigne les photos. Aucun lien avec la chaleur ni la montée du Col d’Èze au final, c’est un silencieux défectueux qui est à l’origine du sinistre sur cette voiture comme le décrit James Glickenhaus, son propriétaire : « Agréable balade dans l’arrière-pays de Monaco. La voiture a bien roulé. La société avec laquelle nous ne travaillons plus a conçu un silencieux qui a pris feu. J’ai suivi la procédure pour ralentir le feu et le maintenir à l’arrière puis j’ai activé le système de bord qui a définitivement éteint le feu. J’ai vérifié la voiture et je suis parti. Nous la conduirons demain sur la Place du Casino et sur la Place du Palais dimanche. » 16

Il ajoutera : « Ils gardent les gaz d’échappement trop longtemps, et la température autour des silencieux est donc très élevée. Or il se trouve par hasard que juste à côté, il y a un petit coffre, où j’avais laissé un roadbook. Et par le seul effet de la chaleur, ce petit livret a pris feu. Heureusement j’ai pu continuer à rouler, ce qui a évité que les flammes se propagent. Et grâce au système anti-incendie de compétition, le feu a été vite maîtrisé. Les dégâts sont superficiels, le panneau de carrosserie n’a pas été déformé. Tout ça sera vite remis en ordre. » 17

La 512S Modulo qui est, rappelons-le, un Concept et un Show-Car de 1970 sur base moteur (#27) et châssis (#0864) de 512S, transformée en voiture roulante par la Scuderia Cameron Glickenhaus (SCG) quand il l’a racheté en 2014.

Après ce pique-nique gastronomique, il est temps pour les voitures de redescendre sur Monaco, et pour moi de tâcher de trouver un point de vue où on aperçoit la mer en contrebas. Je trouve un endroit qui fera l’affaire si je réussis à ne pas sécher au soleil avant que les voitures arrivent !