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Alors que Monaco s’apprête à vivre une nouvelle édition de son Top Marques Monaco, le « supercar show le plus exclusif au monde » (du 14 au 17 avril 2016 au Grimaldi Forum), avec son ouragan de spotters attendus comme chaque année, c’est un autre coup de tonnerre qui a frappé la Principauté en cette semaine des Monte Carlo Rolex Masters : une nouvelle édition du rallye Louis Vuitton Classic baptisé cette année le « Spirit Of Yves Classic Run : Monaco – Terre Blanche », organisé par la marque Louis Vuitton.

Ces rallyes de prestige ont été créés par la marque Louis Vuitton en guise d’hommage à ses liens originels lors du développement de l’automobile (Croisière Noire en 1924 et Croisière Jaune en 1931, auxquelles Citroën avait associé Louis Vuitton, et création des premières malles auto de transport en 1897 ainsi que de caisses à outils et nécessaires à pique-nique)[1].

Ces Classic Run (aussi appelé Louis Vuitton Classic), se déroulent de manière discontinue depuis 1993 avec des appellations qui varient[2] :

1993 : Louis Vuitton Classic Vintage Equato Run entre Singapour et Kuala Lumpur, via la jungle de Malaisie.
1995 : Louis Vuitton Classica Italia Run, en Italie, via le vignoble de Toscane.
1997 : Louis Vuitton Classica Italia Run, en Italie, via le vignoble de Toscane.
1998 : Louis Vuitton Classic China Run, entre Dalian et Pékin, via les rizières de Chine.
2006 : Louis Vuitton Classic Bohême Run, en Bohême, entre Budapest et Prague.
2012 : Louis Vuitton Classic Sernissima Run, 1400 km en quatre jours (24 au 28 avril) avec 43 automobiles, entre Monte-Carlo et Venise, via les Alpes, la Suisse, le lac de Côme, lac de Garde, lac Majeur, Vérone… Avec une exposition des participantes sur l’Île de San Giorgio Maggiore à l’issue de la course.

J’avais eu la chance de tomber par hasard sur le Louis Vuitton Classic Serenissima Run de 2012, lors du départ à Monaco également, et je dois avouer que c’était la plus grosse claque de ma vie. Je n’étais au courant de rien, il faut dire que l’organisation et la mise en place de ce rallye sont à chaque fois une merveille de discrétion : absolument rien ou presque (en 2012 par exemple certaines personnes avaient été mises au courant en échange de leur silence absolu) ne filtre jusqu’à la mise en place des autos le jour J.

En 2012, le tsunami Top Marques était alors passé (17/04/2012 au 20/04/2012) et ce n’est que le lundi d’après que le départ du Louis Vuitton Serenissima Run 2012 était donné, sur la Place du Casino de Monaco.

Averti par un ami à l’époque, je n’avais pu venir que la nuit tombée pour admirer et photographier les merveilles engagée dans ce rallye. Des Ferrari mythiques en pagaille : 166MM, 250 GTO, 250 GT California Spyder, 250MM, 250 Tour de France, 250 GT SWB, 250 Interim, 275 GTB Competizione, 250 GT Zagato, 340 America Coupe Vignale, 365 GTS, 375 America, 375MM, 400 Superamerica Coupé Aerodinamico, 500 Superfast, mais aussi d’autres marques et modèles tout aussi rares et exceptionnels : Mercedes 500K Roadster, Aston Martin DB4 GT Zagato, Bugatti Type 35, Delahaye 145 Chapron, Mercedes 540K « Autobahnkurier ». À mes souhaits ! Je vous l’accorde la liste était interminable mais d’un niveau exceptionnel.

Pour ceux que ces noms barbares n’évoquerait rien je vais parler plus simplement : si je vous disais que le plateau total des voitures présentes représentait près de 150 000 000€ cela vous parlerait plus ? (Non non je n’ai pas mis un zéro de trop, je parle bien de 150 millions). Même lors de concours d’élégance tels le Concorso D’Eleganza Villa D’Este il est rare de voir autant de rares automobiles.

Outre l’hommage rendu aux origines de la marque avec la création et la pérennisation de ces rallye, cette édition 2016 rend un double hommage puisque « Spirit Of Yves » (ou l’esprit d’Yves) en français, fait référence à Yves Carcelle, un homme d’affaire français, membre du comité exécutif du groupe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessey). Décédé à 66 ans le 31/08/2014 des suites d’une longue maladie[3]. Ceci expliquant la nouvelle dénomination du rallye.

Aussi exceptionnel que fut ce rallye, 4 ans se sont écoulés et tout le monde ou presque l’avait oublié. Il était déjà rangé dans la case « trucs de fou qui arrivent rarement », d’autant que la périodicité de cet événement et le lieu sont plus que variables et aléatoires.

Oublié jusqu’à ce qu’apparaisse une Maserati Ghibli Spyder SS (venant tout droit de New York) devant l’hôtel Hermitage de Monaco le dimanche 10/04/2016. Assez exotique comme provenance même si la principauté est habituée à recevoir des voitures de pays parfois originaux et lointains. Jusque là l’étonnement s’arrêtait là.

Ou plutôt jusqu’à ce que le lendemain, le 11/04/2016, soit vue en début de matinée sur la Place Du Casino, une légendaire Ferrari 250 GT LWB California Spyder rouge (châssis #1663GT) en plaque Californienne. Deuxième voiture classique rarissime, elle aussi en plaque américaine, c’est à partir de là que les intuitions et les rumeurs ont germées : simple coïncidence, événement, rallye ?

Et c’est vers 11H00 que le doute s’est levé quand le reste des voitures est arrivé derrière le Casino de Monaco, puis l’apposition d’autocollants sur les voitures « Spirit Of Yves Classic Run : Monaco – Terre Blanche ».

Là je dois vous avouer que j’ai immédiatement dit à mes amis par SMS : « putain ils refont le Louis Vuitton Classic ! ».

La liste des autos présente donnait déjà le tournis :
Maserati Ghibli Spyder SS
Ferrari 275 GTS/4 NART Spyder #09751
Ferrari 330 GTC
Ferrari 275 GTB
Ferrari 250 GT Boano
Aston Martin Short Chassis Volante
Ferrari 250 GTE
Ferrari 250 GT Lusso
Ferrari 250 GT SWB Speciale #2429GT
Ferrari 250 GT SWB Berlinetta #1813GT
Ferrari 250 GT LWB California Spyder #1663GT
Aston Martin DB4 GT Zagato 0190/L
Aston Martin DB4 GT
Mercedes 300SL Roadster
Mercedes 300SL Coupe
Lancia Aurelia B24 Convertible
Lancia Aurelia B24 Spider America
Ferrari 250 GT Cabriolet Pinfinfarina Series I #1075GT
Ferrari 410 Superamerica #0479SA
Ferrari 166MM 0066M#
Cunningham C3 Coupe Vignale

Je n’avais qu’une envie c’était de quitter le travail et de venir les voir. Patience, patience… J’ai attendu de terminer ma journée de travail à 17h00 tout en étant tenu au courant de la progression des événements (déplacement des voitures de derrière à devant le Casino de Monaco) pour vite filer chez moi prendre mon appareil et revenir les photographier. Car si le scénario de 2012 se répétait je savais que les autos ne resteraient que la nuit et partiraient le lendemain matin. Après quelques infos glanées par des amis sur place j’en obtiens la confirmation. Donc cela veut dire que les voitures partiront le mardi à 9h00 comme en 2012.

Après de nombreuses photos prises en cette fin d’après-midi, je décide de revenir le lendemain matin peu après le lever du jour vers 7h00 afin de les prendre en photo sans personne autour et avec une lumière homogène. Cela sera toujours mieux que la fin de journée avec de nombreux badauds et une lumière descendante et les ombres que cela implique.

Mardi matin 7h00, me voilà sur place. Bonne surprise par rapport à 2012 il n’y a plus de pancartes devant chaque auto, et on ne va pas s’en plaindre ! Cela gâchait un peu les photos. Autre bonne surprise : les piquets plastique amovibles du Casino qui empêchent les gens de s’approcher trop près des voitures ou de passer entre ont disparu !

Entamons cette lignée avec la Maserati Ghibli Spyder SS, celle par laquelle tout a commencé, avec à côté d’elle une rarissime Ferrari 275 GTS/4 NART Spyder (châssis #09751) estimée à près de 30 000 000€. Le ton est donné !

Cette NART est la deuxième produite sur les 10 exemplaires au total, elle fut livrée en avril 1967. Luigi Chinetti, importateur de Ferrari aux États-Unis et propriétaire de l’écurie de course automobile North American Racing Team (NART), passa commande en 1967 d’une version décapotable de la GTB/4. Dénommée Ferrari 275 GTS/4 NART Spyder, la voiture fut produite à 10 exemplaires sur les 25 prévus initialement.[4]

À côté de ces deux italiennes une belle 330 GTC bleue, une 275 GTB, une Ferrari 250 GT Boano grise, et une rare Aston Martin Short Chassis Volante.

L’Aston Martin Short Chassis Volante (aussi appellée Short Wheel Base –SWB- Volante) a été la première Aston Martin à s’appeler Volante.[5]

Je continue mon tour du camembert de la Place du Casino en passant devant la 250 GTE, la Jaguar XK 140 Roadster avant d’attaquer les plus intéressantes pour moi.

Une élégante Ferrari 250 GT Lusso s’aligne à côté de la rare Ferrari 250 GT SWB Speciale #2429GT. Son nom exact est Ferrari 250 GT Passo Corto Pinin Farina Competizione Speciale. Elle possède une carrosserie identique aux 400 Superamerica, seul le châssis diffère (la 400 disposait d’un châssis de 2420mm contre 2400mm pour la SWB). Elle est l’un des quatre exemplaires produits…[6]

Un peu de couleur à sa droite avec ma Ferrari classique préférée : la Ferrari 250 GT SWB Berlinetta, châssis #1813GT.

Continuons avec les 250 avec la mythique Ferrari 250 GT LWB California Spyder, châssis #1663GT, parée d’une jolie teinte rouge clair.

En face du prestigieux restaurant le Louis XV d’Alain Ducasse trônent deux Aston Martin : une Aston Martin DB4 GT Zagato (châssis 0190/L) et une Aston Martin DB4 GT d’un beau vert.

Cette DB4 GT Zagato est l’une des rarissimes 19 exemplaires produits. Elle est considérée comme l’Aston Martin GT la plus désirable de tous les temps ce qui explique qu’aux enchères les prix s’envolent : 12 725 816 € pour la dernière vendue en décembre 2015 à New York…

Je me rapproche tout doucement de l’hôtel de Paris en passant devant une Mercedes 300 SL Roadster ainsi qu’une Lancia Autelia B24 Convertible pour arriver jusqu’à la Ferrari 250 GT Cabriolet Pinfinfarina Series I #1075GT.

Il s’agit du premier modèle découvrable de la marque italienne. Seuls 40 exemplaires ont été produits. Cependant, bien qu’il s’agisse de la première Ferrari découvrable de série, de nombreux spécialistes considèrent que les 250 GT Cabriolet Série 1 sont quasiment des modèles uniques, car ils sont produits dans l’atelier spécial de Pinin Farina plutôt que dans l’usine de production du carrossier. Chaque exemplaire se différencie suffisamment des autres pour justifier une telle exclusivité.[7]

Non loin d’elle la Ferrari 410 Superamerica #0479SA termine cet alignement magique.

La 410 Superamerica, qui a succédé à la 375 America, a été présentée au public sous la forme d’un châssis nu au Salon de l’automobile de Paris en 1955, puis sous sa forme complète au Salon de Bruxelles début 1956.[8] Seules 16 ont été fabriqué en 1955.

Mais ce n’est pas fini puisqu’en face sur la partie Ouest du Casino de Monte-Carlo sont exposées 5 autres voitures : la Ferrari 166MM Berlinetta Le Mans #0066M, une Cunningham C3 Coupe Vignale, deux 300SL (une Coupe et un Roadster), et la Lancia Aurelia B24 Spider America qui ferme la marche.

Produite en 1959 à seulement 6 exemplaires, la Ferrari 166MM Berlinetta Le Mans #0066M a été conçue spécifiquement pour la course. Importée aux Etats-Unis en 1958, elle passera par le Japon en 1984 où elle a bénéficié d’une restauration de 4 ans.

Modèle moins courant sur notre continent, la Cunningham C3 Coupe Vignale. Seulement 19 ont été produits pour cette voiture américaine des années 1950 carrossé par le noble carrossier italien Vignale.

Presque 60 photos plus tard il et temps de vite filer au travail, ne pouvant malheureusement pas rester pour le départ des voitures à 9H00, travail oblige. Mais j’ai ce qu’il me faut, j’ai pu cette année les avoir de jour pas comme en 2012 donc je ne me plains pas. Je me fixe déjà un rappel pour avril 2020 afin de ne pas oublier cet événement même si l’effet de surprise à une saveur particulière qui ne me déplaît pas.

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Toutes les photos du Spirit Of Louis Vuitton Classic : Spirit Of Yves Classic Run 2016 (Monaco – Terre Blanche) :

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[1] http://www.grandpalais.fr/fr/article/louis-vuitton-et-les-expeditions

[2] https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Louis_Vuitton_Classic

[3] https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Yves_Carcelle

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrari_275

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Aston_Martin_Short_Chassis_Volante

[6] http://www.arthomobiles.fr/LVCSR/lvcsr.htm

[7] http://www.rmsothebys.com/lots/lot.cfm?lot_id=1066531

[8] http://auto.ferrari.com/fr_FR/voitures/modeles-anciens/410-superamerica