Un des derniers grand Monsieur du sport automobile français nous a quitté dimanche 23 août à l’âge de 85 ans. Guy Ligier a eu une carrière très longue et très variée, passant de pilote à patron d’écurie et industriel. Venu sur le tard au sport auto, sa carrière en tant que pilote a été assez courte, de 1964 à 1967, mais dans plusieurs disciplines : rallye (où il fut champion de France en 1966), Formule 2 et enfin Formule 1. Pas de résultat vraiment probants dans ces catégories, mais Guy Ligier s’est avéré plus à son aise en tant que chef d’équipe.

C’est en effet surtout en tant que patron d’écurie qu’il est connu du grand public. Il créa son écurie en 1969, dans le but de disputer notamment des courses d’endurance. Les JS1, JS2 et JS3 participeront ainsi au 24h du Mans, et une JS2 va « accessoirement » remporter le Tour de France Auto en 1974. En 1976, entrée dans la cour des grands : la Formule 1. Après des débuts difficiles, l’écurie atteint son apogée au tout début des années 80 avec des pilotes tels que Jacques Lafitte ou Didier Pironi. Ligier finira second du championnat 1980, sa meilleure performance. Après divers aléas, Guy Ligier revendit ses parts dans son écurie en 1992. La dernière victoire de Ligier en Grand Prix sera signée par Olivier Panis à Monaco en 1996, après une course spectaculaire sous la pluie. L’écurie survit quelque peu encore avant son rachat par le pilote Alain Prost en 1997 et la création éphémère de Prost Grand Prix jusqu’en 2001 et la fin définitive d’une belle aventure française en F1, avec 9 victoires en Grand Prix. Mais Ligier vit toujours en compétition : les Ligier JS P2 construites en collaboration avec Onroak Automotive disputent le championnat d’endurance en catégorie LMP2, et une JS P3 est déjà en développement.

D’un point de vue production industrielle, outre les performants coupés sportifs JS2 des années 70, Ligier est connu surtout pour ses voiturettes sans permis. Le mélange avec les Formule 1 peut paraître quelque peu douteux, voire humoristique, et pourtant il s’agit là d’une activité très rentable. Mais il est quand même dommage que pour les plus jeunes, le nom de Ligier soit essentiellement associé à ces petits cubes à roulette pétaradants !

Crédits photo : Ligier, Régis Krol