Le design du dernier Citroën C4 Picasso a fait couler de l’encre. Le double regard ainsi que les feux de la version 7 places ne font pas (encore ?) l’unanimité. Au dernier étage du showroom C_42 de l’avenue des Champs-Élysées à Paris, Citroën montre quelques sketchs et maquettes des projets B78 et B787 (nul rapport avec le Boeing Dreamliner !). De quoi mieux comprendre où designers et concepteurs ont voulu en venir…

L’auteur du design extérieur du C4 Picasso court (nom de code B78) est Frédéric Soubirou, le « père » des DS3 et DS5. Celui du Grand C4 Picasso (a.k.a. B787) à 7 places est Olivier Vincent, l’homme de la DS4 et du concept-car Cactus. Ces deux géniteurs ont du faire cause commune tout en réussissant à différencier leurs créations. Ainsi, les deux Picasso apparaissent comme ayant clairement été conçus ensemble, mais le nombre de pièces de carrosserie qu’ils partagent est finalement très mince : il n’y a guère que le capot et le fenestron avant qui soient réellement communs ! Les parties arrières sont pour leur part radicalement différentes, et révélatrices des idées de leurs designers : une forme compacte et presque sportive pour le « court » ; des lignes tendues et -contrainte du volume intérieur- un aspect camionnette pour le « grand ».

Le design ne se limite pas au seul travail de « dessin sur papier » : la conception assistée par ordinateur a pris depuis longtemps une place immense dans l’élaboration des nouveaux styles, tout comme le traitement des matériaux fait plus que jamais l’objet de recherches approfondies. Pour ce C4 Picasso, le choix a été fait pour la planche de bord d’une partie supérieure plastique en un seul morceau tout en étant bicolore, afin de réduire les grincements de mobilier. Les grains choisis permettent d’identifier les zones tactiles de l’ordinateur de bord (sans retour haptique), et l’alternance de parties sombres et claires dans les aérateurs arrive à les intégrer de façon homogène à l’ensemble du tableau de bord.

Le design extérieur du Grand C4 Picasso n’a pas toujours abouti aux feux actuels, en forme de pince ou d’aimant. En revanche, la continuité des barres de toit vers le profil en forme de boomerang pour enserrer le vitrage latéral était une idée présente dès les débuts. Les maquettes en clay , une argile très compacte prête à être sculptée et que l’on réutilise après chauffage, ainsi que les premiers prototypes roulants, photographiés sur le site de la Ferté Vidame et sur le toit de l’ADN, arborent des idées différentes de celles désormais produites en série, sur le site espagnol de Vigo.

Ce long travail, d’au moins quatre ans, permit d’avoir deux monospaces compacts de tailles différentes mais partageant une même plate-forme, un même intérieur -au nombre de places près-, et un grand nombre de pièces internes en commun, tout en réussissant à dissimiler tant que faire se peut leur gémellité de conception. C’est une stratégie idoine, quoique moins poussée, qui avait été employée pour la précédente génération de C4 Picasso : leur restylage avait montré une certaine rationalisation, notamment dans l’adoption de pare-chocs identiques en 5 et 7 places. Peut-être Citroën reconduira-t-il la même stratégie, dans 4 ans environ…

On espère vivement que Citroën publiera de plus amples clichés des recherches stylistiques des projet B78 et B787 !

Crédit photographique : François M. & Citroën