Mazda 2

Noyée dans un segment plus que concurrentiel et éclaboussée par le succès des cadors, la Mazda 2 n’a jamais eu l’occasion de rayonner en France. Après avoir renouvelé l’intégralité de sa gamme, le constructeur d’Hiroshima nous a proposé de passer un week-end avec sa dernière citadine compacte.

Une belle gueule

Mazda, c’est quoi ? C’est une joli bouille pour commencer. La Mazda 2 hérite du nouveau coup de crayon donné à l’ensemble des modèles de la firme et propose un style atypique dans un secteur souvent trop conventionnel. Reposant sur une toute nouvelle plate-forme, elle peut se vanter d’être la plus légère de la catégorie (980 kg) tout en étant l’une des plus imposantes (4,06 m de long pour 1,6 m de large).

L’asiatique peut ainsi compter sur un looooong capot et un arrière plongeant lui donnant un look râblé très sympa et une allure plutôt dynamique, et ce malgré le fait que notre modèle d’essai ne bénéficiait pas des jolies jantes diamantées de 16 pouces et des projecteurs LED réservés à la gamme du dessus.

Sa face avant, caractérisée par une calandre verticale chromée et un dessin sculptural des flancs et du pare-chocs, lui donne une vraie gueule et entretient l’air de famille avec sa grande sœur, la 3. Le postérieur plongeant de la Mazda 2 est quant à lui plus conventionnel et moins expressif que l’avant.

La ligne, on l’aime ou on la déteste. Pour ma part, j’aime bien. La bouche par terre et les fesses en l’air : l’avant est très long et semble dévorer le bitume, l’arrière est très court et placé plus haut. Cela engendre un déséquilibre général une fois la voiture de profil mais donne un air sportif à l’ensemble. Le recours à de plus grosses jantes et l’ajout d’appendices aérodynamiques par le biais d’un « pack aéro » facturé 1150 €, comportant des jupes plus travaillées et un becquet arrière, homogénéisent l’ensemble et améliorent l’allure générale de la voiture.

Enfin, vous n’avez pas dû passer à côté, notre modèle d’essai était dotée d’une couleur… particulière mais mettant plutôt bien en valeur les traits de la voiture. Ce « Smoky Rose » a le mérite d’être original et de changer de teinte en fonction de la lumière, même si j’avoue que je ne me verrais pas rouler avec tous les jours…

Accueillante et bien conçue

Ouvrir la porte pour pénétrer dans l’habitacle était l’une de mes appréhensions en essayant cette Mazda 2. Rempli d’idées pré-conçues sur la finition intérieure du constructeur, je m’imaginais prendre place au sein d’un cockpit tristounet et mal assemblé rempli de boutons.

Figurez-vous que ma plus grande appréhension fut ainsi ma plus grande réjouissance : la planche de bord de la Mazda 2 est jolie, conçue intelligemment et même… plutôt bien finie. La présentation générale est originale et donne une sensation d’espace intérieur rare dans ce segment. Le tout est épuré, le look des aérateurs est original et la qualité des ajustements est… bonne dans l’ensemble. Sans atteindre celles de la Peugeot 208, la Mazda 2 n’a pas à rougir de ses finitions et des matériaux utilisés, même si, à l’image du simili-carbone ou du revêtement placé au-dessus des compteurs, trop de « textures » différentes habillent son intérieur à mon goût. Bref, on se sent bien dans une voiture moderne et aboutie tant sur la présentation générale que sur les petits détails comme les compteurs, du plus bel effet.

Qui dit intérieur épuré et quasi sans boutons, dit forcément… écran tactile. Ce dernier (de 7 pouces) trône sur la planche de bord et permet de commander toutes les fonctions de la voiture. Tactile à l’arrêt et commandé par le biais d’une molette en roulant, il est de bonne facture et offre une excellente visibilité. Son interface est bien conçue et claire, nul besoin de chercher dans d’éternels menus pour chercher ce que l’on souhaite, tout tombe sous la main en quelques gestes ou via la commande vocale. À ce propos, merci à Mazda d’avoir conçu un système multimédia intuitif et agréable à parcourir à l’heure où la plupart des constructeurs transforment leurs voitures en usine à gaz commandée depuis un écran posé à l’arrache tout sauf pratique et esthétique (clin d’œil à la Classe A).

Le GPS (en option sur notre finition Dynamique) est performant et simple d’utilisation, l’application dédiée au suivi de la consommation est marrante sans être indispensable et la connexion est complète : Bluetooth, deux ports USB, emplacement carte SD et lecteur CD sont de la partie. En parlant de ça, le rendu du système audio est très moyen et ce malgré un panel de réglages assez complet. Dommage que le constructeur ne propose pas de choisir en option un système plus performant.

Côté équipements, rien ne manque pour une finition de milieu-de-gamme. La Mazda 2 offre même quelques petits raffinements habituellement réservés aux modèles plus premiums comme les sièges chauffants (très efficaces) ou l’alerte de franchissement de ligne (qui émet un bip strident en cas de changement de voie sans mettre le clignotant). Seule l’absence d’un rétroviseur éléctrochrome m’a véritablement manqué en roulant de nuit.

Le poste de conduite est lui ergonomique et bien pensé : le volant est sympa et très agréable en mains, il n’intègre pas trop de boutons et n’obstrue pas la visibilité des compteurs (coucou la 208 pour certaines personnes). Ces derniers sont d’ailleurs plutôt réussis, mixant compteur traditionnels pour la vitesse et compteurs digitaux pour le compte-tours et l’ordinateur de bord. Enfin, les sièges sont enveloppants et confortables, même s’ils manquent de réglages (lombaire notamment) à mon goût sur notre version.

L’habitabilité est dans la moyenne du secteur : 4 adultes d’1,80 m peuvent aisément prendre place et mettre leurs (petites) valises dans le coffre, qui offre un volume de chargement de 280 litres. En baissant les sièges arrières, la Mazda 2 offre 980 litres de chargement : un meuble IKEA ou un vélo passe ainsi facilement (testé et approuvé par Jean-Baptiste).

La présentation extérieure est sympa, l’intérieur est bien conçu et convaincant, mais que vaut-elle sur la route ?

Aussi polyvalente qu’amusante à conduire

Mazda propose trois motorisation essences (70 cv, 90 cv et 115 cv) et une motorisation diesel (105 cv) pour sa citadine. Nous avons eu droit sur notre modèle d’essai au 4 cylindres développant 90 cv couplé à la BVA à 6 rapports également présente sur les Mazda 3 et 6.

Roulant quotidiennement au volant d’une Alfa Romeo MiTo et donc à ressentir le moindre caillou sur la route, cette Mazda 2 a été une thérapie pour mon dos. Même si les deux voitures sont aux antipodes en terme de clientèle et de « vision » de la conduite, je n’ai pu m’empêcher de les comparer car très proches en terme de gabarit. La Mazda m’a ainsi bluffé par son confort, sa polyvalence et son efficacité (toute proportion gardée et en roulant à des vitesses légalement acceptables), malgré une conception pas franchement tournée vers la performance.

Ayant parcouru près de 400 kilomètres avec en deux jours dans toutes les situations (villes, bouchons, routes sinueuses et autoroutes), j’ai pu me rendre compte à quel point il était sympa d’être à son volant.

La voiture est bien amortie (merci les petites jantes pas tellement sexy de 15 pouces) et filtre correctement toutes les aspérités de la route (merci Mazda dans un pays où les dos d’ânes poussent aussi vite que les champignons), le châssis est quant à lui sain et la direction est précise. On se familiarise très rapidement avec le comportement de la voiture et on prend même du plaisir à son volant.

La boîte de vitesse automatique est on ne peut plus douce et aucun à-coup n’est perceptible, tant en accélérant qu’en rétrogradant. Celle-ci pêche cependant quelques fois lorsque l’on lui demande un peu plus que d’habitude, lors d’un dépassement rapide ou d’une relance en côte par exemple. Un creux se fait alors ressentir et il faut quelques secondes pour qu’elle daigne passer à la vitesse supérieure. Rien d’inquiétant toutefois, dans la majorité des cas, la voiture se comportera comme il se doit et vous offrira assez de reprise pour rouler et doubler en toute quiétude.

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Dans cette version 90 cv essence, la Mazda 2 est une voiture agréable à conduire au quotidien : à basse vitesse, le moteur est discret et le redémarrage au feu rouge grâce au Stop & Start ne réveille pas la quartier, alors que sur autoroute, très peu de bruits d’airs sont perceptibles et nos passagers ou la musique restent audibles malgré un moteur un poil plus présent dans l’habitacle au-delà de 120.

Un mode « sport » (avec beaucoup de guillemets) est présent au pied de la boîte de vitesse. Habitué au système DNA de mon Alfa qui, en mode DYNAMIC, transforme l’intégralité du comportement de la voiture (boîte, overboost, direction, freinage), je dois dire que celui intégré par Mazda est un gadget. Ce dernier n’a ainsi que pour seule utilité de pousser les rapports lors des accélérations sans pour autant influer sur la direction en la durcissant ou sur le freinage en désactivant certaines aides. Alors oui, la Mazda 2 dans cette motorisation n’est certainement pas une voiture de sport, mais pourquoi intégrer un tel mode à part pour faire jolie sur la brochure et la planche de bord ?

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J’ai pu m’amuser avec dans la Vallée de Chevreuse et ses diverses routes à lacets (les Vaux de Cernay pour ceux qui connaissent). La petite japonaise enchaîne sans broncher les virages et prend très peu de roulis malgré une certaine hauteur de caisse, donnant une impression de sécurité à son volant. La direction est précise et l’avant reste cloué au sol, les relances sont efficaces (148 Nm à 4000 tr) et le moteur émet un petit bruit sympa, seul le freinage vous arrêtera alors dans votre élan. Et voici le seul point faible de cette Mazda 2 concernant son comportement routier : ses freins. Elle est, dans toutes ses motorisations, équipée de freins à disques à l’avant et de freins à tambour à l’arrière. Ces derniers offrent un freinage progressif et fiable dans une conduite « normale » mais montrent des signes de faiblesse et perdent de leur mordant une fois trop sollicités, dommage. J’attends avec impatience l’arrivée d’une Mazda 2 sur-vitaminée. Tant au niveau du design qu’au niveau de la conduite, cela pourrait donner un cocktail explosif…

Concernant, la consommation : Mazda annonce 4,8 L / 100 km en utilisation mixte sur notre motorisation, soit un score pas mauvais pour une essence équipée d’une BVA. Dans les faits, la voiture tourne autour des 6 L / 100 km. Une voiture économe, en soit.

Parlons argent maintenant, notre modèle d’essai (gamme Dynamique) représente le milieu de gamme chez Mazda. Très correctement et suffisamment équipé pour une voiture de ce segment, elle se positionne aux mêmes tarifs que la concurrence (aux alentours de 17 500 €) en offrant bien plus à l’intérieur.

Alors que penser de cette Mazda 2 ?

Et bien c’est une franche réussite. Aussi polyvalente à conduire que sympa à regarder, elle est moderne tant sur l’apparence que sur l’équipement. Invitant à conduire tranquillement, on peut toutefois s’amuser avec de temps en temps. Grâce à la nouvelle mouture de sa citadine, Mazda a toutes les cartes en main pour aller titiller les colosses françaises du segment.

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Vous souhaitez un autre avis ? Voici celui de Jean-Baptiste, également rédacteur sur le blog.

« Bon, comme Victor a tout dit, je vais faire bref… J’ai donc conduit cette Mazda2 sur environ 150 km et je n’en garde (presque) que du positif.

Deux choses m’ont marqué avec cette voiture. La première, c’est la polyvalence de la petite Mazda : elle est à l’aise dans quasiment toutes les situations. Un trajet urbain ? La boîte auto ultra douce, le moteur totalement exempt de vibrations, la direction légère, le bon rayon de braquage et le confort général vous feront passer un bon moment. Quelques courbes font leur apparition ? Laissez donc tomber le mode Sport, franchement superflu, pour vous délecter de l’équilibre du châssis ; les virages peuvent s’enchaîner à des vitesses pas franchement attendues au volant d’une citadine de 90ch. Dieu que je rêve d’une version MPS. De l’autoroute au programme ? Vous serez bluffés par l’insonorisation de la petite. D’autant plus qu’elle a suffisamment de pêche pour pouvoir vous insérer dans le trafic en toute quiétude. Petit bonus supplémentaire : avec une moyenne relevée entre 5,5 et 6l/100km, le moteur est d’une étonnante sobriété.

La deuxième chose est un sentiment auquel je m’attendais le moins du monde : il exhale de cette Mazda2 un agréable parfum de raffinement. Tout est ouaté, tout est doux, très délicat : on se laisse glisser plus qu’on conduit. Pour une voiture à 18 000 €, c’est pas commun.

Ah et puis, au fait, la voiture est carrément mignonne. Enfin, à part la couleur. Mais il y en a 8 autres, dont le fameux rouge de la marque. La greffe du Kodo Design sur une citadine a bien pris, avec un côté trapu qui me plaît bien. L’intérieur est sympa, avec ses aérateurs asymétriques. L’équipement est plus que correct, avec notamment le MZD Connect (i.e. l’écran au sommet de la planche de bord), qui a toutes les chances de ravir au R-Link la première place dans mon classement des meilleurs systèmes multimédias : menus clairs, navigation aisée, GPS rapide et précis… Très bon.

Alors, oui, bien sûr, elle n’a pas que des qualités. Concernant la voiture elle-même, on pourrait aimer un peu plus d’attentions portée aux passagers arrière, que ce soit en termes de visibilité (vitres XXS) ou de rangements (rien dans les contre-portes, aumônière seulement derrière le siège passager). Un seuil de coffre un peu moins élevé aurait été appréciable, de même qu’un meilleur système audio. Et je suis loin d’être un grand fan des placages en faux carbone disposés ici et là, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais ce que je trouve le plus dommage, c’est la politique du « pas d’options » choisi par la marque. Dans les pubs, Mazda se vante d’un affichage tête-haute, de phares à LED, d’un freinage automatique et bien plus. Impressionnant pour une citadine… Mais uniquement disponible sur le haut de gamme Sélection, qui s’affiche à partir de 18 800 €. Pour les autres finitions, que dalle, rien, même en option. Pareil avec les jantes : notre modèle d’essai, pourtant en avant-dernier niveau de finition, ne pouvait se contenter que de petites roues de 15’’ au design pas franchement travaillé. Je trouve ça dommage.

Mais bon, ce dernier paragraphe ne devrait pas vous dévier du message que je cherche à vous transmettre : vous avez entre 14 000 et 19 000 € à mettre dans une citadine ? Je vous invite très cordialement à faire 3 heures de route pour rendre visite au concessionnaire Mazda le plus proche. Croyez-moi, vous le ne regretterez pas. »

Merci à Mazda France pour le prêt et à Jean-Baptiste pour son avis.