A sa sortie en 2016, l’Alfa Romeo Giulia était en quelques sortes le messie, rapidement secondée dès l’année suivante par le Stelvio. Si ces deux modèles devaient changer le destin de la marque et redonner ses lettres de noblesse au Quadrifoglio Verde, moins de 4 ans plus tard, le titre racoleur “Lancia a vendu plus d’autos en Europe qu’Alfa Romeo en 2019” faisait la une de quelques médias auto spécialisés. Que diable a-t-il bien pu se passer pour qu’une voiture si prometteuse soit en partie responsable de la re-dégringolade des ventes Alfa ? Tour d’horizon du meilleur de ce que la Giulia a à nous donner avec ce nouveau millésime.

Format tricorps, motorisations pêchues, style définitivement charmeur, propulsion, la Giulia a tout pour renouer avec les fondamentaux de ses ancêtres : le plaisir de conduite façon Dolce Vita. La robe “Rouge Alfa” de notre modèle d’essai, seule couleur gratuite au catalogue, en est d’ailleurs l’illustration parfaite. 

Gamme de nouveau torturée

Et si la Giulia ne vous a pas convaincu dès sa sortie, jetons un oeil aux quelques évolutions qu’a apporté ce nouveau millésime 2020. Si le choix de motorisations est pléthorique et digne du catalogue d’un constructeur germanique, les quelques modifications apportées à la gamme, censées faciliter la configuration de votre Giulia m’en font pratiquement perdre mon latin, le comble pour une italienne. La gamme dispose d’un seul moteur Diesel 4 cylindres 2.2 L décliné en 4 versions, ainsi que de deux motorisations essence, le 4 cylindres 2.0 L et le V6 2.9 L de l’ultime version Quadrifoglio. Pour éviter de vous pondre un pavé et ce afin que vous me lisiez jusqu’à la fin, j’ai pris la liberté de vous concocter ce petit tableau, on dit merci Maurice !

Sans tomber dans l’extrême en prenant le volant de la monstrueuse version Quadrifoglio et de ses 510 ch (déjà aperçue sur le blog ici), Alfa m’a offert l’opportunité de prendre le volant de la quintessence de la Giulia pour découvrir ce millésime 2020, mais également pour découvrir une Giulia plus proche du grand public puisque la seule dont j’avais eu l’occasion de prendre le volant, c’était la QV, désormais dénommée Quadirfoglio, vous suivez toujours ?

Un millésime plus qu’un véritable facelift

Ce millésime 2020 ne mérite pas vraiment l’appellation facelift puisque les mises à jour sont totalement invisibles de l’extérieur sauf si vous optez pour une nouvelle teinte au catalogue telle que le Verde Visconti, de toute beauté. Tout se passe à l’intérieur pour rendre la berline italienne disons, plus au goût du jour, surtout en ce qui concerne la conduite semi-autonome de niveau 2 où la Giulia accusait un sacré retard par rapport à la concurrence, notamment germanique, une fois n’est pas coutume. 

  • le volant évolue en douceur avec une troisième branche basse plus large qu’auparavant et surtout, l’arrivée de boutons liés à la conduite autonome sur la branche de gauche.
  • la console centrale évolue très subtilement en réduisant le plastique brut autour du levier de vitesses au profit du matériau de finition choisi, chêne sombre, noyer clair ou encore fibre de carbone.
  • le levier de la seule boite disponible au catalogue, la BVA AT8, gagne en qualité et se pare de cuir surpiqué.
  • Les menus de l’écran multimédia central évoluent et le système est maintenant compatible Apple Car Play / Android Auto.

Plumage charmeur, ramage bagareur

À l’extérieur, et surtout dans cette configuration Veloce, nulle chance de se tromper, vous êtes bien en présence d’une véritable Alfa Romeo. L’imposante calandre triangulaire annonce la couleur à vos prédécesseurs sur la file de gauche, tout appel de phare s’avèrera inutile. Ou bien est-ce à cause de sa superbe couleur Rouge Alfa, ou bien encore des jantes 19 pouces Competizione qui rappellent celles de la 8C, ou tout simplement des étriers jaunes accentuant le caractère sportif de la berline ? Sûrement l’ensemble complet. La diva attire les regards et semble faite pour ça, chaque place de parking est une occasion de dévoiler au public ses courbes voluptueuses, sans hanches galbées et sa calandre béante prête à tout avaler. 

L’habitacle transpire également l’inspiration latine, à commencer par le cuir  Sport Tabac, LA véritable association pour la configuration d’une italienne qui me rappelle aussitôt celle de la merveilleuse 4C dont son souvenir hante encore mes nuits (essai à relire ici). Le volant trois branches annonce la couleur à lui-seule, celle du dynamisme et le signe que vous ne vous ennuierez pas au volant lorsque l’envie d’appuyer sur la pédale de droite à l’approche de quelques virages se fera sentir. Le sélecteur du système DNA idéalement positionné conserve d’ailleurs son emplacement à gauche du levier avec un bouton en son centre qui contrôle la fermeté de la suspension. Le Pack Performance comprenant un différentiel à glissement limité, les palettes au volant (de toute beauté) et la suspension active est ainsi facturé 2200 €, et je peux vous assurer que cette case est à cocher immanquablement si le virus Alfa circule en vous. De paisible berline, la Giulia revêt son survêtement pour dévoiler tout son potentiel, sa vivacité et sa communication remarquable avec le conducteur, notamment grâce à une sensibilité de direction légèrement revue vous permettant d’accéder tout droit au graal des berlines à sensations. 

Mais que lui manque-t-il ?

Après tant d’éloges, je vous le demande mes amis, que manque-t-il donc à cette Giulia pour que ses ventes de l’année dernière ne soient égales qu’à un dixième de celles d’une Mercedes Classe C ? Si le virage de la conduite autonome a été pris avec quelques années de retard, il reste en effet encore un peu de chemin à parcourir pour arriver à une copie parfaite, le système se désenclenchant en cas de sinuosité trop importante sur voie rapide (malgré une limitation de vitesse à 110 km/h) ou de vitesse considérée comme trop élevée (un 135 régulateur est trop élevé). Côté espace aux passagers arrières et volume de coffre, cela reste trop faible pour contenter les taxi et autres chauffeurs privés. Enfin, la Giulia s’adresse à une clientèle bien précise, celle qui aime conduire. Fort de ces 3 constats, on réduit rapidement le champs des possibles. Dommage, de toutes les berlines disponibles aujourd’hui sur le segment, mon coeur ira toujours chez Alfa.

En quelques chiffres

Dimensions : 4640x1860x1450
Poids à vide : 1429 kg
Volume coffre : 480 L
Volume réservoir : 52 L
Consommation mixte annoncée (WLTP) : 7.6 L / 100 kms
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : 150 gCO2/km
Cylindrée : 1995 cc
Puissance max : 280 ch au régime de 5250 trs/min
Couple max : 400 Nm au régime de 1750 trs/min
Vitesse max : 240 km/h
0 à 100 km/h : 5.7 sec

Crédits Photos : Maurice Cernay