​Le mythe, ce mot trotte sans arrêt dans ma tête depuis le retour de cet essai. Osez demander dans votre entourage si quelqu’un connait la Mustang, nul doute que même le dernier des profanes automobiles vous répondra positivement. La nouvelle génération est là et *ô bonheur intense* elle sera encore distribuée en Europe. Avec pas moins de 33 000 ventes sur le vieux continent depuis 2015, Ford revient en force avec une proposition plutôt alléchante.

 Il y a un peu plus d’un an, lors d’un Road trip avec Ford, j’avais eu la possibilité d’essayer la Mustang V8 entre la France et l’Angleterre. J’étais tombé amoureux de ce moteur, de sa sonorité envoutante, de son glougloutement si caractéristique. Mais niveau comportement sportif j’avais été déçu par sa suspension typée beaucoup trop confort. En Europe, même si ça peut surprendre nos amis d’outre-Atlantique, nous aimons prendre des virages à bon rythme et c’était l’un de ses points faibles. Ford promet d’avoir revu sa copie, voyons ça.

 Commençons par le style extérieur. Il faut avouer que la mouture 2018 de la Mustang change très peu comparé à l’ancienne version. La face avant agressive est toujours là, mais encore plus affutée avec des optiques avant au dessin revu avec brio. En voyant la voiture dans sa vidéo de présentation , je n’avais pas du tout aimé. Mais en me retrouvant face à elle à Francfort, j’ai été conquis. Les 2 ouïes sur le capot avant accentue le côté menaçant de la voiture. Et ça lui va très bien !
 A l’arrière, les feux LED sont également remodelés de manière plus anguleuse et ça modernise assez bien l’ensemble. Le diffuseur lui aussi est repensé pour donner plus d’appui à la voiture et il accueille les sorties d’échappement sur lesquelles je reviendrai plus tard. Pour faire simple, à l’extérieur le style est rafraîchi et virilisé. Que du bon non? En tout cas, pour ma part c’est oui. Allez, passons à l’intérieur.
 À l’intérieur, très peu de changements esthétiques. Si vous connaissez l’ancienne version, vous ne serez pas dépaysé. La grosse nouveauté se trouve derrière le volant. Le compteur est totalement revu et modernisé avec un affichage entièrement numérique. Plusieurs styles sont à votre disposition et c’est vraiment très bien fait. Je ne suis pas fan des affichages entièrement numériques mais là je dois m’avouer vaincu, j’adore !
 Et maintenant, on va passer à ce qui est le plus intéressant avec notre cheval fougueux, la conduite ! Il faut avouer que les dernières générations de Mustang n’étaient pas forcément des voitures sportives à conduire. Il faut dire que le fameux côté américain lui collait à la peau. Je veux dire par là que jusqu’ici, les pony-cars tangaient pas mal et n’étaient pas réputées pour leur maniabilité. Mais la marque américaine nous promet une nouvelle génération qui ne prend plus de roulis, ou disons un peu moins en tout cas.
Ford annonce la couleur en proposant comme lieu d’essai la Route Napoléon. Une route très tortueuse, qui demande une suspension assez ferme pour ne pas être balancé d’un côté à l’autre de la voiture à chaque virage. Le constructeur américain a revu sa copie en intégrant une nouvelle suspension magique. Son nom ? MagneRide. Pour faire simple, dans les amortisseurs de la nouvelle Mustang, il y a un liquide magnétique. Celui-ci va modifier sa rigidité en fonction des modes de conduites sélectionnés par le conducteur. Tout simplement en approchant ou en éloignant un aimant du liquide. Plus il est proche, plus la suspension est rigide.
Dans les fait, c’est assez bluffant d’efficacité. La voiture se comporte beaucoup plus sainement. Plus de tangage, la voiture est parfaitement maintenue en virage. Et lorsque le besoin se fait sentir, en ville par exemple, la voiture devient plus douce et vous permet de passer les dos-d’ânes et les routes avec des chaos sans avoir mal au dos. En résumé, cette nouveauté en option pour 2000€ est vraiment une bonne chose pour quiconque aime avoir une conduite sportive et du confort pour le quotidien.
J’ai pu prendre en main les 2 motorisations, les 2 boites de vitesses et les 2 types de carrosseries différentes. Je dois dire qu’il y 2 combinaisons parfaites selon moi. Soit vous voulez une version sportive et vous prenez la version Fastback avec le V8 et la boite mécanique. Soit vous préférez le côté GT de la Mustang et vous prenez la boite automatique à 10 vitesses, et bien-sûr le V8 (vous vous attendiez à autre chose ?) pour entendre le glouglou (je l’aime bien celui-là) du moteur 5.0 litres américain, qui développe 450 ch et 529 Nm. Un vrai camion en somme, mais pas pour le mauvais côté de la chose.
Comme vous l’auriez remarqué je fais volontairement l’oubli du moteur 4 cylindres EcoBoost de 2,3 litres, qui développe 290 ch et 440 Nm de couple. Pourquoi ? Car pour moi, la Mustang doit être en V8 ! Puriste ? Non, juste logique. Mais il faut quand même avouer que ce moteur 4 cylindres est très bon. Il ne rechigne pas à monter dans les tours et il a l’avantage du poids. Il pèse 80 kg de moins. Ce qui lui permet d’avoir un train avant plus léger et donc une meilleure efficacité en virage.
Mais le gros souci vient du bruit de l’échappement. Sur la version V8, le bruit du moteur est fabuleux. Le 4 cylindres ce n’est pas ça… Et Ford n’a rien trouvé de mieux que mettre un échappement actif uniquement sur le moteur 8 cylindres… Pourquoi ne pas le rendre disponible aussi sur le 4 cylindres ? Cet échappement dispose d’un son jouissif ! L’ajout de ce dernier sur le plus petit moteur aurait été judicieux pour permettre d’avoir la sonorité la plus belle possible avec une consommation maîtrisée, ce que font pourtant d’autres constructeurs, bien que le côté artificiel ne plaise pas à tout le monde.
Un échappement démoniaque donc, qui peut au besoin se taire presque totalement. Comme le veut cette option totalement indispensable pour ne pas se faire tuer par ses voisins. Vous pouvez par exemple demander à la voiture de ne faire aucun bruit entre 20h et 8h du matin. Tout bête, mais  primordial pour la paix préservée de votre voisinage.
 L’autre nouveauté de cette version 2018, c’est cette boite de vitesses automatique à 10 rapports. Une boite à convertisseur de couple, qui m’a un peu déçu en conduite sportive. Là où elle ne rechigne pas à passer les rapports dans le sens de la monté, elle se trouve terriblement dépassée lors des rétrogradages. Elle va vous refuser le passage au bon moment, mais va quelques secondes plus tard vous en passez 2 ou 3 d’un coup. Une latence terriblement déstabilisante. Aaaaaaargh, on retrouve ses petits défauts d’américaine ! Elle est donc plus faite pour les longues balades coulées de type grand tourisme.
 
 La boite de vitesse mécanique est tout ce qu’il y a de mieux pour ce genre de voiture. Les débattements sont courts, le levier de vitesse tombe parfaitement sous la main et les verrouillages sont francs et plein d’onctuosité. Que du bonheur ! Et si jamais l’envie vous vient d’être un peu feignant, en fin d’année il sera possible d’adjoindre un mode Rev-matching, ou talon pointe automatique. Ce dernier est bien évidement désactivable à l’envie.
 Cette Mustang est un peu seule sur le marché à ce prix là et avec ce moteur en France (le V8). Vous pouvez bien entendu me dire qu’il y a la Camaro qui est vendue en France, mais uniquement par Chassay ou par des revendeurs/importateurs. La Mustang, elle, est vendue par le réseau Ford et c’est un point décisif lorsqu’il s’agit d’acheter une voiture. Vous pouvez aussi mettre en face d’autres coupés performants comme les BMW M4, Audi RS5 ou Mercedes Classe C 63. Mais au fond, sont-elles véritablement comparables ? En termes de performance mais surtout de prix, définitivement non.
En effet, là où la Mustang coûte 46 900€ en version V8, les allemandes citées plus haut ont un tarif qui est double au minimum.
De toutes façons, la Mustang est une voiture passion. Et c’est bien connu, la passion n’est pas du tout rationnelle. Il est donc simple de craquer pour cette voiture qui dispose d’un personnalité assez fantastique et d’un capital sympathie fabuleux. J’ai pu le vérifier au cours de cet essai. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont fait un signe de la main et même des motards.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette voiture malgré ses défauts. Elle est attachante, clinquante, puissante, elle est tout ce que j’aime dans l’automobile. Ce n’est pas pour rien que la Mustang est la sportive la plus vendue dans le monde avec 125 809 unités en 2017. Il faut dire qu’avec plus de 140 pays dans lesquels elle est distribuée, la pony-car est mondiale et ça se voit. Vous avez envie de craquer ? Foncez, à partir de 39 900 € en 4 cylindres et 46 900 avec le gros V8 de 5.0 litres. Vous ne le regretterez pas. Même si il faut ajouter le gros malus de 10 500 € le coût de la carte grise et tout le reste. Mais comme je vous l’ai dit plus haut, passion et raison ne vont jamais de paire.

Merci à Ford France pour l’invitation et leur fidélité.

Photos : Ugo Missana pour Blogautomobile