La prestigieuse écurie Brabham se lance à son tour dans le juteux business de la super/hyper car mais y apporte quelques ajustements à sa manière.

Les analogies entre Brabham et McLaren sont assez fortes. Jack Brabham et Bruce McLaren furent d’ailleurs amis. Tous deux pilotes de Formule 1 originaires de l’hémisphère sud, ils ont chacun créé leur écurie avec des succès divers. Mais si Bruce McLaren connut une fin très prématurée en 1970, Jack Brabham a vécu jusqu’en 2014, hélas trop tard pour voir sa première voiture qui ne soit pas destinée à la compétition pure et dure.

Car la nouvelle structure Brabham Automotive, dirigée par David Brabham, vient de dévoiler son premier véhicule « civil » : la BT62. Mais ne vous attendez pas non plus à en voir fréquemment sur la route : elle est exclusivement dédiée à la piste. Même si il est probable que des sujets de sa Gracieuse Majesté, parfois un peu frappadingues, vont en dériver une version utilisable sur route ouverte comme ce fut le cas avec les Aston Martin Vulcan et autres McLaren P1 GTR.

Revenons à notre BT62. Totalement inédite, sa carrosserie fait la part belle à la fibre de carbone dont l’usage très intensif aboutit à un poids très maîtrisé de 972 kg seulement. La carrosserie ne fait pas dans la dentelle mais dans l’efficacité. Les règles aérodynamiques étant les mêmes pour tout le monde, il n’est pas étonnant d’y retrouver des ressemblances avec une Ferrari 488 Pista, une McLaren Senna, une Ford GT ou encore une Fittipaldi EF7. Pourtant, je la trouve plutôt plaisante à regarder, surtout dans la jolie livrée de présentation vert et or. Seules fautes de goût manifestes : le disgracieux aileron arrière et le diffuseur. Mais il s’agit d’une voiture de piste, place donc à l’efficacité maximale : l’ensemble des appendices aérodynamique génère 1200 kg d’appui. Pas question de parader à Monaco avec ce bolide (quoique….). Les dimensions sont assez contenues elles aussi : 4,46 m de long pour 1,95 m de large.

Sous le capot, en position centrale, se trouve un beau V8 atmosphérique de 5,4 litres à l’ancienne. Mais efficacité toujours : il est accouplé à un boîte séquentielle Holinger à 6 rapports. Le rendement du moteur est correct : 710 ch et 666 Nm de couple, dans la norme des supercars actuelles. Mais encore une fois, le poids plume de la Brabham va faire la différence ! Pour l’instant, aucune performance officielle n’a été annoncée.

L’habitacle est réduit à sa plus simple expression : carbone, alcantara et volant multifonction. Si vous cherchez un écran de GPS, une prise USB ou CarPlay, vous vous êtes manifestement trompé de voiture.

La BT62 sera produite à seulement 70 exemplaires, vendus 1M £ pièce, dont une bonne partie est probablement déjà vendue à l’heure qu’il est. Sachez néanmoins que la BT62 sera disponible en LHD ou RHD, et que l’heureux pilote pourra bénéficier d’un programme d’accompagnement spécifique. Et la suite ? Brabham semble fourmiller d’idées, à commencer par une version homologuée route officielle de la BT62, moins sauvage, et capable de passer un ralentisseur sans éparpiller le diffuseur en carbone sur la route. Ensuite, la firme envisage une entrée en compétition, aux 24h du Mans, si la réglementation FIA évolue dans le bon sens. Franchement une ligne de départ comportant des McLaren Senna, Ferrari FXXK ou autres Brabham BT62, ça aurait de la gueule, non ?

Crédits photos : Brabham Automotive