Essai Suzuki Baleno SHVS Hybride

Pas de surprise, c’est dans le titre de l’article, l’essai du jour concerne la Suzuki Baleno SHVS. Et je me dois de commencer directement par crever l’abcès de ce nom Baleno, déjà apparu en 1995. Aux yeux de beaucoup d’entre vous, ça la rend laide, et risible, avant même d’en faire le tour. Je me demande alors franchement pourquoi une telle décision a été prise. Les dirigeants nous disent pourtant que des études sont faites sur tous les marchés avant de faire un choix, visiblement la France n’est pas passée par là. Ou alors quelque chose nous échappe…

Bref, ceci est bien dommage car, certes ce n’est pas une reine de beauté mais elle a le mérite d’être passe partout. Son style est beaucoup moins atypique que la Suzuki Ignis essayée il y a quelques mois, et qui elle, faisait débat. On est loin du design asiatique habituel empli d’arêtes vives ou appendices inutiles. Ici, place à des courbes et des lignes pleines de légèretés, à son volant je m’y sens bien, aucune « honte » à l’horizon.

Et il y a pas mal d’autres bonnes raisons de s’y sentir bien. Sa légèreté (915 kg à vide) lui offre une agilité plutôt intéressante, seulement en termes de motricité car sinon elle est franchement trop molle en relances. Les 90 chevaux (et 120 Nm de couple) aident à bien décoller aux feux rouges mais elle manque ensuite rapidement de pêche, pas de quoi vous mettre en danger lors d’un dépassement, mais pas de quoi non plus jouer au cacou du village. N’espérez donc pas profiter des accélérations d’une Zoé avec votre petite hybride. Car oui, je ne l’ai pas encore précisé, mais la Baleno SHVS (Smart Hybrid Vehicle by Suzuki) se dote d’une technologie hybride. Le petit moteur électrique qui épaule le 1.2 essence, et offre 50 Nm supplémentaires, est presque invisible. Hormis peut-être une pédale de frein un peu plus dure que la normale rien ne pourra vous mettre sur la piste.

Au départ, comme elle s’écrase un peu trop sur ses appuis on ne sait pas tellement si la tenue de route est optimale. Mais au fil des kilomètres, quand on commence un peu à la connaître, on se rend vite compte qu’elle profite d’un très bon comportement. Sans pour autant trop la malmener, elle n’est pas faite pour ça, on ne parvient pas à la mettre en défaut et on se sent alors en sécurité. Même si la concurrence fait mieux, du côté de Peugeot avec la 208 par exemple ou la nouvelle Ibiza d’après mon collègue Aymeric, je suis épaté par l’efficacité des citadines d’aujourd’hui. D’autant plus que même la BM5 offrait des passages de rapports agréables : courts et bien guidés.

Essai Suzuki Baleno SHVS Hybride

Là où j’ai le plus de regrets vient du peu d’efforts visuels fait sur l’habitacle. En termes d’habitabilité elle s’autorise à supplanter des reines de la catégorie comme la Renault Clio par exemple. Dans moins de 4 mètres elle vous permet de caser confortablement 4 adultes (voire 5) et propose 355 l de coffre. Ça c’est très bien. Mais ça se fait malheureusement dans un environnement vraiment austère et sans panache. Tout y est, écran tactile 7″ avec Carplay, régulateur de vitesse, caméra de recul, démarrage sans clé ; mais dans un style un peu daté et arborant beaucoup de plastiques pas très jolis. Je dois relativiser, l’ensemble reste intuitif et agréable à utiliser, tandis que le ciel de toit clair apporte un peu de luminosité.

Sans quoi, la vie à bord n’est pas du tout désagréable. Les suspensions se veulent confortables (quoiqu’un peu dures en ville), l’insonorisation à vitesse stabilisée est plutôt bonne, on ne note pas de vibration intempestive et le train avant se veut précis malgré une direction trop peu communicative. Presque parfaite en somme pour une utilisation au quotidien. Puis quelle bonne surprise de ne pas voir le compteur de consommation s’affoler. Avec moins de 5 litres en moyenne sur toute la durée de l’essai, mon porte-monnaie en était reconnaissant. Dommage que le petit réservoir de 37 litres nous oblige à passer souvent à la pompe.

Il n’y a pas que les qualités routières des citadines qui ont considérablement augmenté ces dernières années, le tarif aussi. La Baleno débute à 14 590 € avec le 1.2 Dualjet seul, il faut compter 17 250 € avec le système Hybride SHVS. Comme elle est déjà très bien équipée pas vraiment d’option à rajouter, au pire une jolie peinture métallisée à 500 €. Et évidemment, pas de malus !

Malgré un style extérieur et intérieur un peu daté et des qualités routières légèrement en deçà des références du segment, sa technologie innovante et son très bon rapport qualité-prix font de la Suzuki Baleno une citadine à vraiment considérer lors de l’achat de votre nouvelle voiture.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)