Aujourd’hui j’ai rendez vous avec Zoé ! Pas la petite, pas la grande mais la nouvelle Zoé de Renault. Elle m’a donnée rendez vous au sud ouest de Paris, plus précisément sur l’Ile Seguin à Boulogne. Je l’ai remarqué de loin, avec ses formes généreuses (mais l’aspect « bouboule » qui transparait sur certaines photos n’est pas présent dans la réalité), ses lignes tendues qui lui donnent une allure plus dynamique et fort sympathique. Bien sur sa face avant étrenne la nouvelle signature Renault avec le gros logo mais la partie arrière fait plus calme, plus consensuelle et reste agréable à l’oeil. Une remarque toutefois, son manque de protection latérale qui allège le profil mais la rend fragile aux petits chocs et accrocs divers dus aux aléas de la vie automobile et…urbaine ! Ainsi un précédent « essayeur » avait déjà frotté l’arrière de « ma » petite Zoé sur un rail de sécurité. Les films transparent de protection que l’on trouve en accessoire seront les bien venus pour aider la citadine électrique à bien vieillir notamment en ville.

Ici à Boulogne le « Dress-code » de la voiture est simple : la version Zen est blanche, la version Intens est noire mais on gardera à l’esprit que Renault propose d’autres teintes de carrosserie au catalogue qui, hélas, manquent de fun pour une petite voiture innovante et hype.

Avant de prendre le volant, je me glisse dans les deux versions et là on se rend compte que le soucis d’économie est bien plus flagrant qu’à l’extérieur. Les plastiques sont durs (même si l’élément central de la planche de bord est d’aspect mat, à priori résistant aux rayures et pas désagréable au toucher. On est toutefois à 1000 lieues de ce que peut proposer une… Audi mais aussi en dessous de ce que propose actuellement une Clio 3 de milieu ou haut de gamme. Plastique de qualité ou électricité, il faudra faire un choix !), la banquette arrière se rabat en une seule partie, les poches aumônières à l’arrière sont remplacées par une poche zippée située uniquement dans la housse du siège passager, la boite à gant tombe littéralement sur les genoux puisqu’elle n’est pas retenue, des vis apparaissent sur les contreportes et quelques autres détails laissent un peu à désirer. Certains diront que l’on se trouve dans une auto low cost, eh bien, étrangement non car l’ensemble est clair, assez moderne et presque chaleureux.
Par contre s’il y a un élément pour lequel Renault ne semble pas avoir fait d’économie, c’est bien la fameuse tablette connectée R-Link. L’écran tactile est très réactif et précis, plus en tout cas que le SMEG de la Peugeot 208, les menus sont variés, colorés et conviviaux ce qui rend la navigation presqu’intuitive si on a un peu l’habitude d’utiliser les PC, tablettes ou smartphones de dernière génération.


L’habitacle de la version Zen est très lumineux du fait de la surface vitrée suffisante et de la présence d’un mobilier très clair (mais probablement salissant dans le temps), celui de la version Intens l’est un peu moins du fait de la présence d’éléments noirs et d’une sellerie différente. Zen ou Intens, on est pas confiné dans la Zoé et on se dit qu’on pourrait faire sans peine plus de 160-180 km NEDC si ces satanées batteries avaient plus d’autonomie. Dans les faits, l’habitabilité avant ne pose aucun soucis avec une bonne position de conduite pour une citadine, des sièges confortables et plutôt bien dessinés. A l’arrière tout se passe bien si on mesure moins d’1m80 car la tête touche le plafond (comme sur la Clio IV) par contre les grands n’auront aucun mal à caser leurs jambes car il y a suffisant de place entre la banquette arrière et les sièges avant.

Mais passons aux choses sérieuses et là je dis : « Moteur »… et la rien ne se passe comme sur tous les VE du marché. Les impressions que je vais vous donner sont assez basiques puisque les essais se limitent pour pour l’instant à des tours du circuit Renault de l’Ile Seguin. Donc comme sur toute voiture électrique qui se respecte le démarrage se fait en silence (le bruit d’acueil est assez proche du petit son mélodieux de la Leaf et c’est heureux, on est à des années lumières du froid et presque désagréable « Pu-Tu-Ku » de la Fluence ZE ou du Bip infernal de la Twizy). Pied sur le frein, selecteur sur R, sortie en marche arrière de la place de stationnement, on jette un oeil dans le rétro… on se retourne et ô stupeur la visibilité de 3/4 arrière est quasi inexistante ce qui ne va pas aider en milieu urbain. En 4 mots : On ne voit rien ! Heureusement que cette première prise en main se faisait à bord d’une version Intens équipée de la caméra de recul mais ceux qui feront l’acquisition d’une autre version devront soit choisir des très grandes places de parking, soit avoir le fameux compas dans l’oeil. Sélecteur en position D, on démarre pour de bon et tout cela se fait dans le silence le plus total (à priori c’est encore mieux que dans les C-Zero ou iOn qui siffflent un peu !)… Et puis d’un coup, le silence disparait pour laisser place à… un son indéfinissable. C’est en fait ZE Voice (pas de sponsoring TF1 pourtant !) qui entre en action et produit un son assez étrange, presque space mais pas désagréable. Le système ZE Voice s’active de 0 à 30 km/h afin de prévenir les piétons de la présence de la Zoé dans leur environnement immédiat. Dire que je pensais le système uniquement audible à l’extérieur, je suis assez surpris mais on peut toutefois désactiver le générateur de « son spatial » grâce à un bouton situé à gauche du volant. Reste que si l’on veut oublier cette sonorité venue d’ailleurs, on mettra en fonction l’installation radio Sound by Arkamis qui semble de qualité suffisante et facile à utiliser via R-Link. On appuie sur l’accélérateur et ça part… 30, 40, 50, 65 km/h tout cela sans aucun problème. La voiture réagit vite et bien et la poussée est constante. Nous sommes bien loin de la Renault 18 Turbo à papa du début des années 80. Tout répond bien, la direction est précise, facile et fait apparemment bien son travail de remontée des infos sur l’état de la chaussée. Le comportement de la voiture est facile (à vérifier toutefois à plus grande vitesse ou sur petite route), prévenant, pas piègeux; en fait il est totalement adapté à la vocation de la voiture c’est à dire la circulation en zone urbaine et péri urbaine. Le confort des sièges avant, l’insonorisation assez poussée, la facilité de conduite font qu’on est plutôt bien dans la Zoé.

Petit freinage serré, on lève le pied et le frein régénératif entre en action (c’est indiqué sur l’écran). Je l’ai apprécié, il se fait discret et efficace tant pour le ralentissement que pour la récupération de l’énergie, il suffit de regarder l’économètre pour s’en apercevoir. Il faut toutefois garder à l’esprit que ce sont bien les freins normaux qui sont réellement efficaces en cas de besoin et là rien à signaler, tout fonctionne avec efficacité, précision et faible distance d’arrêt. Ce bon système de freins fera entrer dans une autre galaxie ceux qui vont passer d’Autolib’ à Zoé !
Entrée dans un virage, la direction répond avec légèreté et précision comme je le disais plus haut, on sort du virage et devant nous une ligne droite, j’accélère et là on constate que l’accélération de l’auto se fait en deux phases :
– Lorsque la pédale d’accélérateur est enfoncée jusqu’à la mi course, la voiture ne réagit pas dynamiquement, plutôt en souplesse cela probablement pour inciter les automobilistes électriques à pratiquer ce que les constructeurs appellent l’écoconduite.
-Une fois passer la mi course qui se ressent par une sorte de point « dur », ça part et même assez fort ! La poussée est linéaire, constante mais franche au point de se permettre de se la jouer un peu au GP des feux rouges face à bon nombre de Serie3, d’A3 diesel ou de « sportives » adeptes du run sur 15 mètres entre deux passages piétons. Mais ici lors des essais, les gens de Renault qui veulent mettre en avant les capacités de la nouvelle citadine, incitent les essayeurs à appuyer sur le champignon et cela a forcément un impact non négligeable sur l’autonomie de la Zoé. Mais lequel ?
A titre d’exemple j’ai rendu la Zoé avec 5 barrettes restantes sur 8 et la jauge indiquait une autonomie de 75 km ce qui veut dire qu’en mode normal (comme j’ai conduit), on peut compter sur une autonomie d’environ 120 km (par temps normal et sans utiliser tous les accessoires électriques). En mode Eco et en faisant attention à son mode de conduite, le kilométrage NEDC revendiqué par Renault doit être atteignable. A vérifier lors d’un prochain essai au long cours.

L’essai se termine, il faut garer Zoé. Cela se fait sans problème en marche avant, quand il y a de la place ou si l’on dispose d’une version équipée de la caméra de recul. On sort de la voiture, on ouvre le coffre, on prend la rallonge, on va vers l’avant de l’auto, on soulève le logo et on branche la rallonge à la borne de recharge. Mes premiers kilomètres en compagnie de la Zoé sont faits et je dis au revoir à la petite citadine à la petite bouille de rongeur !
Les plus chanceux, ils seront peu nombreux vont pouvoir rouler en Zoé dès le début du mois de décembre mais pour la très grande majorité des acheteurs, il faudra patienter encore quelques mois, normalement avec l’arrivée du printemps 2013, avant de rouler en Renault ZE qui ne soit pas un Kangoo, une Fluence ou une Twizy.

Cette rapide prise en main me laisse un sentiment plutôt positif sur cette nouvelle Zoé qui doit incarner une nouvelle génération de voitures électriques. Cependant il faut encore relativiser les impressions de conduites qui ne se sont fait que sur quelques kilomètres, sur un tracé à l’enrobé neuf et sans aspérités. C’est pour cela que la première impression de confort est bonne mais ce sera à vérifier sur route non « préparée »… Une auto à essayer de nouveau dans quelques semaines. Enfin je terminerais en rappelant que la Zoé voit son entrée de gamme vendue au tarif de 13.700€ (merci super bonus écolo !) avec comme équipement de série : la climatisation automatique, la système R-Link avec navigation et connexion Bluetooth, le régulateur de vitesse, l’ordinateur de bord et quelques accessoires comme la rallonge (le système de recharge rapide est en option). 13.700€, une assez bonne affaire mais il ne faudra pas oublier qu’il vous en coûtera 79€/mois au minimum pour la location des batteries.

MàJ du 13/10 : Information livraison Zoé
Si vous avez commandé une Zoé au Mondial vous serez livrés soit en décembre 2012, soit en février 2013.
Des Zoé arriveront en concession dans le courant du mois de mars 2013 mais elles en seront pas « vendables ».
C’est seulement fin juin et dans le courant de l’été 2013 que les Zoé seront enfin livrables.

Merci à Renault pour l’accueil chaleureux.

Rédaction : Jean Baptiste P.
Crédits photos :Bonus Track.