Voilà quelques petites informations de la vie normale d’un constructeur automobile européen.

Fiat Auto pour anticiper ou suivre le mouvement de repli du marché qui commence à se faire sentir va stopper la production de toutes les usines Fiat en Italie durant la période allant du 22 février au 7 mars 2010 soit deux semaines complètes.

Sont concernés par cet arrêt de la production, les sites de Mirafiri, Termini Imerese, Sevel, Sata-Melfi, Cassino et enfin Pomigliano.Durant cette période les salariés de Fiat seront tous en chômage partiel. Cette situation est rendue obligatoire suite à un manque de commandes prises durant ce mois de janvier 2010 ( et il y a encore 11 mois à tenir ! ). Et Fiat de faire remarquer que si la fin d’année 2009 fut excellente, le début d’année 2010 s’annonce très difficile car dans beaucoup de pays, le temps des primes et aides diverses est révolu et en Italie, les clients semblent attendre les primes incitatives de l’état pour faire avancer leurs décisions d’achat. Et que dire des marques américaines du groupe qui devraient devenir quasi invisibles sur le marché européen dès janvier 2010, faute de ventes dès ce début de nouvelle année alors que  2009  avait déjà été une galère pour les 3 marques du groupe Chrysler !

 L’Italie n’est plus le premier marché pour Fiat puisque l’an dernier Fiat aura vendu 750.000 voitures au Brésil alors que le marché italien ne représente plus que 723.000 véhicules. Entre 2008  et 2009, les ventes de Fiat ont cru de 12.8% au Brésil alors que sur la même période, les ventes de en Italie n’augmentaient que de 0.5%…Pas le même marché ! Sur le marché brésilein Fiat est numéro 1 devant Volkswagen ( 695.395 autos ) et GM ( 610.836 autos ). Pour cette année, Fiat devrait se maintenir à la place de numéro 1 avec une croissance de 3% environ dans un marché en petite hausse mais en hausse tout de même ce qui n’est pas le cas de ‘lItalie où l’on attend un marché 2010 compris en – 5 et – 20% selon qu’il y aura ou non des primes de l’état. Finalement c’est bien la Palio qui a mis K.O la 500 sur le marché global de Fiat et non le contraire comme on aurait pu le croire !

Donc Fiat va fermer toutes ses usines durant 15 jours, va fermer définitivement l’usine de Termini Imerese, l’Italie n’est plus le premier marché de Fiat, l’opinion ne supporte plus les visées uniquement économiques et financières du groupe, les syndicats mais aussi les partis politiques commencent sérieusement à s’irriter du « All for América » de S.Marchionne, et Giovane Italia branche active et jeune du parti de Silvio Berlusconi vient de lancer un appel au boycott de tout ce qui est Fiat et cela va bien évidemment des autos au banques en passant par les assurances, les produits agricoles et agro alimentaires. Les membres du parti du Premier ministres ajoutent même que :  » Fiat a pris des graves décisions qui vont à l’encontre des habitants et des intérets du pays notamment en délocalisant hors du pays mais surtout hors d’Europe, en licenciant en très grand nombre les salariés et en fermant une des plus grosses usines du groupe »… Tout cela est montré du doigt et certains de proposer ouvertement à S.Marchionne de prendre la direction de Chrysler/Jeep/Dodge/RAM aux USA  ! Aussi les syndicats appellent à la grève dès le 3 février pour protester contre les fermetures de site (  n’oublions pas Arese  ) et au boycott des produits estampillés Fiat dès cette date…Et comme S.Marchione a prédit une année 2010 difficile, il est à craindre que le CEO de Fiat se prépare une année difficile en Italie. Enfin, des voix commencent à s’élever pour dire que S.Marchionne a pris trop d’importance au sein du groupe turinois notamment au détriment de la famille Agnelli et du successeur designé de l’avvocato Giovani Agnelli disparu en 2003 et de Umberto Agnelli mort en 2004. Mais le plus étonnant c’est que dans toutes ces affaires, on n’entend quasiment pas Luca di Montezemolo qui est encore au somet du groupe Fiat …étonnant autant qu’étrange mais attention tout de même à la campagne américaine de Fiat qui pourrait couter cher en cas d’échec mais n’oublions pas que S.Marchionne est aussi celui qui a remis Fiat sur les rails à partir de 2004. Une belle histoire à l’italienne en quelque sorte !

Via la Repubblica, le Corriere della Sera, Unica Strada, la Tribune, AFP.