J’ignore d’où me vient cette passion pour les petites citadines sportives. Mon esprit est pourtant dirigé vers des propulsions bien plus véloces mais rien n’y fait. Mon coeur me ramène sans cesse à ces bombinettes. Je pense être fasciné par la vélocité dont elles font preuve, malgré un gabarit et une puissance contenue. Surtout ces derniers temps, les hatchback atteignent des performances bluffantes avec une puissance restée somme toute contenue. Cette Ford Fiesta ST ne fait pas exception à la règle, c’est ce que nous allons voir ensemble.

Je récupère ma Ford Fiesta ST à Paris pour la ramener à la maison, un peu plus de 200km d’autoroute. J’ai beau tapoter l’écran de l’ordinateur de bord, c’est bien 6,5l/100km qui s’affiche au bout du trajet. Le petit 3 cylindres Ecoboost de 1,5 litre de cylindrée et 200 chevaux sait se montrer très efficient au quotidien. Au besoin, il désactive même un cylindre pour devenir un bi-cylindre (!). C’est quasi-imperceptible à la conduite.

J’en profite pour souligner le bond en avant fait au niveau de l’intérieur par rapport à l’ancienne Fiesta ST. La modernité s’invite enfin à bord. Et surtout, la mise à jour des baquets Recaro. Ils sont enfin devenus confortables et bénéficient d’un maintien très correct. Attention, il ne faut pas avoir un trop gros gabarit. Alors certes, ils ne sont toujours pas au niveau des Recaro Sportster, qu’on pouvait retrouver dans la Focus RS, mais ils sont beaucoup moins chers et de série.

Le soir venu, il est temps de ressortir la voiture. La campagne avoisinante est le terrain de prédilection de cette Ford Fiesta ST, qui n’a pas forcément besoin de grandes étendues pour exprimer tout son potentiel. A la première sortie de village, le 3 cylindres Ecoboost de 200 chevaux se réveille avec le diable au corps et se déploie avec rage. Il évoque les moteurs turbo à l’ancienne en chargeant tard et fort. Pour autant, il reste élastique et conserve de la vivacité dans le bas des tours. Très probablement aidé par ses 290 Nm dès 1400 trs/mn et ce jusque 4000 trs/mn. Ce 3 cylindres sait également donner de la voix puisqu’un ami m’indiquera qu’on entendait de loin la ST chanter à travers champs, oups… Ce ne sont pas les pétarades au lâcher de pied qui me feront dire le contraire.

La montée en régime n’est en rien gâchée par la boite à l’étagement parfait. A chaque envolée vers la zone rouge, le passage au rapport supérieur nous renvoie dans la charge salvatrice du turbo. Avec joie et bonheur, les rapports s’égrènent un à un sans accroche et avec un verrouillage ferme mais subtil. On pourra noter une pédale d’embrayage un peu haute et collante mais c’est vraiment pour trouver quelque-chose à dire.

La mise en vitesse est rapide, 0-100km/h en 6,5s et même si c’est loin d’être la pompe à feu la plus véloce du monde, les virages arrivent très vite. Surtout dans cette campagne tortueuse. Malheureusement, de précédents essayeurs ont quelque peu malmené le freinage de notre modèle d’essai. Il en résulte des vibrations qui m’empêcheront d’être pleinement en confiance. Au demeurant, j’ai toujours bénéficié d’un très bon mordant.

La Ford Fiesta ST virevolte de virage en virage avec pour seule limite, son conducteur : moi. Le train avant mord le sol, indétrônable et si vous pensiez pouvoir dépasser les pneus avant en sortant d’un virage pied au plancher, l’autobloquant mécanique se rappellera à votre bon souvenir. Je n’aurais qu’une remarque à faire sur ce dernier. Il a l’avantage d’être réglé assez souple, ce lui permet de se déclencher rapidement et peu violemment. Contrairement à une Peugeot 208 GTI by PS, qui nécessite d’empoigner fermement le volant. Revers de la médaille sur cette Ford Fiesta ST, il se déclenche justement trop facilement. Parfois, là où il n’aurait pas été forcément nécessaire. Il en résulte de désagréables à-coups dans le volant.

L’amortissement reste souple, pour la catégorie et laisse une bonne marge de manœuvre aux routes bosselées. Notamment dans ce virage où j’ai senti le train avant subir une forte compression. L’arrière suivant, je me suis tout de suite vu en fâcheuse position, ayant peur qu’en sortant de ce vilain trou, l’arrière ne décolle. Alors qu’il n’a fait qu’absorber facilement cette compression et la Ford et moi-même en sommes ressorti sainement, sans rebond, me laissant poursuivre avec violence le reste de l’enchaînement.

La Ford Fiesta ST n’est pas aussi rigoureuse que ses concurrentes, tout comme l’était le précédent opus. Elle est là pour distribuer des sensations de conduite, pour faire vivre une expérience à son conducteur. Ainsi, elle est vivante. Le train arrière lève très volontiers la patte. En revanche, on perd ce train arrière mobile si plaisant de la précédente Fiesta ST. Pourtant, le nouveau ratio de la direction la rend très incisive et directive en plus d’avoir une très bonne consistance.

La nuit tombe et cela fait un bon moment que j’aurais du rentrer mais tel n’est toujours pas le cas. Déjà car, contrairement à des modèles concurrents en pareil situation, je n’ai toujours pas vidé mon plein et donc mon porte monnaie (merci Ford, j’apprécie beaucoup). Mais surtout, j’adore cette voiture et je n’ai pas envie de la remettre au garage. Petite confidence, mon analyse était largement terminée mais j’y suis retourné le lendemain, juste par plaisir.

Alors il en coûte combien de se faire plaisir au volant de cette bombinette ? Bien moins que l’on pourrait croire ! Le modèle de base, la Ford Fiesta ST Pack, est disponible pour 23 200 euros. Cette version est dotée du pack Performance qui inclue le différentiel mécanique. Alors pour ce prix, on pourrait s’attendre à être un peu juste en équipement. Oh que non : aide au maintien dans la voie, alerte de franchissement de ligne, accoudoir, Apple CarPlay/Android Auto, limiteur/régulateur de vitesse et rétroviseurs électriques et chauffants. Une version un peu plus chère, la Ford Fiesta ST Plus, est mieux équipée mais se passe du différentiel pour 25 400 Euros. En sachant que vous pouvez lui adjoindre le pack performance pour 950 Euros.

La Ford Fiesta ST est très probablement l’une des meilleures petites sportives du moment. Agile et équilibrée, elle se comporte diablement bien en conduite sportive. Mais elle sait également être un très bon compagnon du quotidien en bénéficiant de tous les aspects pratiques de la la citadine dont elle est issue. Vous pouvez même la choisir en 3 ou 5 portes. Elle conserve un prix contenu, malgré un bon équipement de série. Et cerise sur le gateau, elle est économique. Lui manque-t-il quelque-chose ? J’ai beau chercher, je ne vois pas.

Un grand merci à Ford et notamment Charlotte pour l’organisation de cet essai.