Après de nombreuses rumeurs, fausses déclarations, sous-entendus lors de conférences de presse, la nouvelle est confirmée : Toyota proposera très bientôt une cinquième mouture de sa sportive devenue légende dans la culture automobile japonaise. Genève 2018 est d’ailleurs l’occasion d’avoir un premier aperçu de la version de série, retour sur 40 ans d’histoire.

Ce sont les articles que je préfère rédiger, lorsqu’un constructeur renoue avec le passé et que je dois fouiller quelques dizaines d’années en arrière. L’histoire de la Supra remonte à 1978, il y a donc tout pile 40 ans, lorsque Toyota présente une version péchue de sa Celica qui devient alors Celica XX au Japon et Celica Supra aux États-Unis, équipée d’un 6 cylindres en ligne pouvant être associée à une boite manuelle 5 rapports ou une boite automatique. Une proposition en ligne avec son époque et son marché pour venir concurrencer la fameuse lignée Z de chez Nissan/Datsun.

La MkII fait son apparition en fin d’année 1981 et s’ouvre au marché européen dès l’année suivante en reprenant toujours la base de la Toyota Celica. Ailes élargies, plastiques noirs à profusion, phares escamotables, on fait difficilement plus 80’s. Le 6 cylindres proposé atteint maintenant une cylindrée de 2,8 L pour 170 ch, de quoi faire une entrée remarquée sur le marché du grand tourisme.

1986 marque un tournant dans la vie de la Toyota Supra lorsque la MkIII apparait et marque définitivement sa différence avec la Celica en arborant un gabarit bien plus imposant pour y loger le désormais caractéristique 6 cylindres qui selon l’envie sur certains marchés peut adopter un turbocompresseur pour faire passer la puissance de 204 à 238 ch. La Supra s’embourgeoise notamment en terme d’équipement et propose en série direction assistée, climatisation automatique, verrouillage centralisé ou encore régulateur de vitesses. Une ligne très allongée qui préfigure la légendaire MkIV.

La fameuse Supra MkIV apparait en 1993 et abandonne au passe les caractéristiques phares escamotables. Lignes arrondies, long capot et apparition d’un aileron « pelle à tarte » sur certaines versions, le 6 cylindres 3,0 L adopte deux turbos pour des performances dignes des supercars de l’époque, Toyota tape du point sur la table dans le monde des grandes GT et bouscule les règles établies. C’est aussi à cette période qu’apparu (en 1989) le fameux Gentleman’s Agreement contraignant les constructeurs à brider leurs voitures à 180 km/h et la puissance des moteurs à 280 ch. Curieusement, c’est à cette époque que sont nées bon nombre de légendes de la culture automobile japonaise avec entre autres : Nissan Skyline GT-R, Mazda RX-7, Honda NSX, Mitsubishi Lancer Evo, Subaru Impreza WRX STi pour ne citer qu’elles. Bien évidemment, bien que les puissances officielles annoncées plafonnaient toutes à 280 ch sur les fiches techniques et que les compteurs affichaient tous en vitesse maximale les dits 180 km/h, ces monstres sacrés supplantaient bien évidemment ces caractéristiques restrictives.
La Supra MkIV fit la joie des préparateurs avec un moteur propice aux préparations les plus folles et devint un emblème de la culture « tunning » (bien que l’appellation paraisse péjorative), je vois d’ici les fans de Fast&Furious s’agiter dans tous les sens. La production cesse en 2003 et aucune descendance ne fut annoncée.
Roulements de tambours, après 15 ans d’absence et des rumeurs grandissantes nées avec l’apparition du concept-car Toyota FT-1, la Supra est bientôt de retour et fait son apparition au salon de Genève sous la forme d’une version de course préparée par Toyota Gazoo Racing, qui préfigure les lignes définitives du modèle de série. Si aucun détail technique n’a jusque là été dévoilé (ni sur le concept, ni sur le modèle définitif), faisons un point rapide sur les bruits de couloir insérants à la fiche technique de la Supra MkV. Si l’on sait que la base technique est développée en collaboration avec BMW, les détails de cette collaboration n’ont pas été dévoilés. Selon quelques indiscrétions en provenance du site supramkV.com que vous avez récemment pu découvrir sur notre page Facebook, la fiche technique simplifiée pourrait ressembler à ça :
– 6 cylindres en ligne de 3.0 L
– 335 ch
– 1496 kg
– 0 à 100 km/h en 3,8 secondes

Si ces premiers détails techniques ont déçu nombre de fans qui s’attendaient à découvrir une concurrente de la dernière Honda NSX, les données ci-dessus restent en ligne avec l’héritage des 4 générations précédentes, on attend donc avec impatience les premiers essais routiers. Bon, l’apparition définitive de la Supra MkV de série sera déjà un bon début…

Crédits Photos et sources : Toyota