Le mois de mai marque chaque année le retour des beaux jours, enfin en théorie car cette année le véritable retour des beaux jours a tendance à se faire attendre… Heureusement pour ce 11ème Grand Prix Historique de Monaco le beau temps était majoritairement au rendez-vous, sauf en partie pour la dernière journée du dimanche, mais j’y reviendrai plus tard.

En écrivant ces lignes j’ai une pensée pour Philippe Cabié-Mathieu et ses proches, parti bien trop tôt, emporté par sa passion : l’automobile. Bien que ne le connaissant que peu, il couvrait également cette édition du Grand Prix Historique de Monaco 2018 pour Blogautomobile.

Organisé par l’Automobile Club de Monaco, sous le haut Patronage de Leurs Altesses Sérénissimes Le Prince et La Princesse de Monaco, avec l’appui du Gouvernement Princier, de la Municipalité et le concours de la Société des Bains de Mer, le Grand Prix Historique de Monaco, événement biennal, se déroule cette année du vendredi 11 mai 2018 au dimanche 13 mai 2018.

Nouveautés cette année, à la demande des concurrents des voitures de course d’avant-guerre, la série A (qui a été organisée en démonstration en 2016) a été réintroduite sous forme d’une course dans le but de devenir le rendez-vous mondial et incontournable de cette catégorie de voitures de Grand Prix, appelées Formule 1 après la guerre.

La course Sport (série C) a également été repensée, afin de proposer un plateau composé des plus belles voitures de Sport de la première décade d’après-guerre.

Enfin, les monoplaces de petites cylindrées (Formule Junior et F3), dont Monaco constituait une sorte de Championnat du Monde, ont été abandonnées.[1]

Cet événement est également l’occasion pour les plus grandes maisons de ventes aux enchères automobiles (Bonhams, Coys, RM Sotheby’s) de proposer à la vente une sélection des plus belles automobiles. Cela promet donc une fin de semaine chargée entre les ventes et le Grand Prix en lui-même.

J’attaque donc le jeudi 10 mai en me rendant vers 9H00 au Monte-Carlo Beach et à La Vigie, là où sont exposées les voitures de la vente Bonhams « The Monaco Sale : Les Grandes Marques ». Bonhams est une maison de ventes aux enchères anglaise fondée à Londres en 1793. C’est la troisième plus grosse maison de ventes aux enchères.

La première partie des voitures est exposée sur le parking du Monte-Carlo Beach (un palace et resort 5* situé techniquement en France à 500m de la frontière de Monaco).

Une vingtaine de voitures sont exposées ici, accessibles au grand public.

La deuxième partie des voitures (et non des moindres) est quant à elle exposée juste à côté, à la villa La Vigie, située sur son promontoire dominant le Monte-Carlo Beach : un perchoir intime et privilégié propriété de la SBM de Monaco (Société des Bains de Mer) tout comme le Monte-Carlo Beach. Offrant de magnifiques vues sur la baie du Cap Martin et de Monaco, elle se loue à la semaine ou au mois. A l’inverse des voitures exposées sur le parking du Monte-Carlo Beach, cette partie de la vente Bonhams est, elle, réservée aux invités, potentiels acquéreurs et médias.

Après avoir montré patte blanche au monumental portail de la villa, on accède à ce nid autour duquel sont disposées les voitures. Dès l’entrée une Aston Martin V12 Zagato verte vous accueille, et comme un clin d’œil au passé, en haut de la petite montée qi mène à la villa se présente une autre Aston Martin repensée par le maitre carrossier-designer italien Zagato : la DB4 GT Zagato. 50 ans les séparent mais l’identité de Zagato se retrouve dans ses deux créations. Cette Aston Martin DB4 GT Zagato, châssis 0183/R est considérée comme la plus désirables des Aston Martin de l’histoire et la plus désirable des DB4 GT Zagato. Connue au travers de sa plaque d’immatriculation 2 VEV, elle est l’une des trois DB4 GT Zagato répondant à la dénomination DP209 : des voitures usine allégées et répondant à la catégorie « expérimentale ». Quasiment détruite en 1962 au Grand Prix de Spa, le département compétition l’avait alors totalement reconstruite en y ajoutant quelques améliorations : la forme avait été sensiblement revue avec un châssis allégé à l’avant, son moteur reculé de 75 mm, et la ligne générale aplatie.[2]

Le reste des voitures se répartit entre le parvis de La Vigie et sa terrasse, avec notamment une Mercedes 300 SL Roadster (vendue 1 219 000€), une Bugatti EB 110 (vendue 603 750€), une BMW M1, une Ferrari 625 TF Spyder Vignale (estimée entre 4 500 000€ et 6 500 000€) et deux F1 : une McLaren MP4/8A (vendue 4 197 500€) et une Toleman-Hart TG184 (vendue 1 610 000€).

Après deux heures passées sur place je décide d’attraper un bus pour me rendre à l’autre bout de Monaco, dans le quartier de Fontvieille, pour la vente Coys, au chapiteau de la Roseraie Princesse Grâce. Autre maison de ventes aux enchères britannique fondée en 1919, Coys présente ici sa vente 2018 « Légende & Passion Monaco 2018 ».

Il fait assez sombre sous le chapiteau mais la lumière est encore décente et suffisante pour admirer le mélange de voitures modernes et classiques que présente Coys. On passe des Ferrari 430 Scuderia et Porsche 911 GT3 RS 4.0 aux Lamborghini Miura P400 et Maserati Ghibli et Porsche 959, sans oublier les voitures de courses comme la Sauber Mercedes C9 et la Lola T290 et T70. A noter, pas moins de quatre tracteurs Lamborghini (70 000€ pour le rouge et celui aux couleurs Gulf, et 250 000€ pour le noir, l’un des 5 Centenario fabriqués !).

Après 1H sur place, direction le Port Hercules de Monaco pour récupérer mon accréditation du Grand Prix Historique de Monaco 2018. J’en profite pour faire des photos que je ne pense jamais à faire d’habitude (à tort) : des photos des paddocks, en ce jour des vérifications techniques sur le Quai Antoine 1er.

L’après-midi du jeudi est plus calme, les essais du Grand Prix Historique de Monaco 2018 ne commencent que demain, le vendredi, en même temps que la vente RM Sotheby’s.

La 3ème et dernière vente organisée pendant ce Grand Prix Historique de Monaco 2018 se tient au Grimaldi Forum de Monaco (un palais des congrès et un centre culturel). Tout comme Bonhams, la maison RM Sotheby’s change cette année d’emplacement en passant du Sporting d’été (un complexe de spectacles, concerts et loisirs) au Grimaldi Forum de Monaco.

Les voitures de la vente sont regroupées par thème, dès l’entrée de salle on tombe sur la partie voitures de course avec deux Ferrari F430 : une Challenge et une GTC, une 360 Challenge, une Porsche 924 GTR, une Ferrari 360 Challenge, une Jordan 199 Formula 1 et une Benetton B192 Formula 1.

Juste derrière se trouve une série de quatre Porsche 911 finlandaises qui font partie de la même collection. On commence avec l’orange : une Porsche 911 996 Turbo, la rouge à côté est une Porsche 911 Turbo ‘Group B. Ensuite la Porsche 911 S 2.2 Coupé Prototype, et enfin la légendaire Porsche 911 Carrera RS 2.7 Lightweight, la seule à s’être vendue d’ailleurs pour 1 242 500€.

Juste à la gauche de la collection de Porsche finlandaise on retrouve également un autre coin Porsche, avec notamment quelques interprétations du préparateur allemand RUF : la Porsche RUF 911 Carrera Cabriolet, la RUF RCT Evo, la RUF Rt 35 Anniversary, la Porsche 959 Komfort, la Porsche 356 1500 Coupé.

Avant de rejoindre le coin des anglaises, je ne pouvais pas passer à côté de la bestiale et rarissime Lamborghini Diablo GT (N°12/80), qui se vendra 815 000€.

Retour au centre de la salle qui regroupe les stars de la vente avec en fer de lance la magnifique Ferrari 250 GT Berlinetta Competizione ‘Tour de France’, qui malgré sa teinte bi-ton noire et rouge n’a pas trouvé preneur avec une enchère maximale de 6 200 000€ (alors qu’elle était estimée entre 7 000 000€ et 9 000 000€). Derrière elle, quatre autres Ferrari : deux Ferrari 250 GT Cabriolet Series II, une 275 GTB dans un bleu sublime, et une 250 GT Boano.

Quelques mètres plus loin, changement de siècle et retour aux automobiles modernes avec la Bugatti Veyron 16.4 Grand Sport Vitesse dont la décoration intérieure et extérieure est inspirée des films Transformers. Avec ses maigres 840 km au compteur elle se vendra 1 720 825€. A côté d’elle encore une RUF, CTR3 cette fois-ci, partira, elle, contre 1 107 500€.

Au centre, entourée de barrières, se trouve une Lamborghini Huracan qui se vendra pour 809 375€. Ou plutôt devrais-je dire LA Lamborghini Huracan puisque derrière ce prix exorbitant pour ce modèle se cache un modèle unique et une bonne action : offerte par Lamborghini au Pape François, ce dernier a décidé de le vendre aux enchères pour récolter des fonds pour des associations que le Vatican parraine.

Autre rareté : la Ferrari Sergio. Construite à 6 exemplaires en hommage à Sergio Pininfarina, mort en 2012.

Le reste de la vente se compose de modèles aussi variés que nombreux : une Lancia Aurelia B24S Spider America, une Fiat 8V Coupé Vignale, une Dodge Viper GT2, une De Tomaso Pantera GT5, une Ferrari Conciso Concept, etc.

11H00, toutes les ventes aux enchères sont à présent couvertes, je vais enfin pouvoir aller en piste pour la journée des essais libres du Grand Prix Historique de Monaco 2018. N’ayant pas eu le temps de couvrir la première série (Série A – Voitures de Grand Prix et Voiturettes d’avant-guerre), je me rattrape avec la Série D – Voitures de Grand Prix F1 (1961 – 1965).

Je me place entre le virage N°5 (Mirabeau Haut) et N°6 (Grand Hotel Hairpin), juste le temps de faire quelques photos et la Série D se termine.

Entre les courses plusieurs voitures de particuliers paradent en faisant quelques tours du circuit en compagnie d’invités à bord. Ferrari 250 GT SWB, Jaguar XK 120 Roadster, Ferrari 365 GTB/4 Daytona…

12H00. C’est au tour de la Série B – Voitures de Grand Prix F1 et F2 (avant 1961). Vous reconnaitrez surement le fameux virage N°6 (Grand Hotel Hairpin, dit « L’Epingle ») sur les photos. Parmi cette Série B figure la Ferrari 246 (n°36), dernière voiture de GP à moteur avant à avoir gagné un GP comptant pour le championnat du Monde (GP d’Italie 60 avec le futur champion du monde Phil Hill), la Gordini n°16, 4e du 1er Grand Prix de Monaco d’après-guerre en 1948 aux mains de Maurice Trintignant (vainqueur des 24 heures du Mans 54 et vainqueur des GP de Monaco 55 et 58), la Maserati 250F n°42 présente sans discontinuer au GP de Monaco entre 55 et 59 et utilisée à Monaco en période par Maria-Théresa de Filippis, 1ère femme engagée en GP F1 du championnat mondial, la Talbot T26C n°14, archétype de la voiture de GP des premières années du championnat du monde de F1.[3]

Pendant la pause déjeuner c’est l’occasion d’assister à la « Célébration 70 ans Porsche » avec une 550 Spyder pilotée par Karl Friedrich Scheufele (Co-Président de Chopard), Vanina Ickx (fille de Jacky Ickx) au volant de la Porsche 804 F1, et son père, Jacky Ickx à bord de la Porsche 936.

Autre fait marquant, le constructeur italien Lamborghini a remis en piste un concept car unique, la Lamborghini Marzal, qui préfigurait à l’époque l’Espada, après 51 ans sans apparition publique.

14H00, l’heure de remettre le casque anti-bruit, sauf si on veut devenir sourd avec le bruit des F1 de la Série E qui sortent du tunnel. On soulignera la présence exceptionnelle de sept F1 3L à moteur 12 cylindres (3 Ferrari, 2 Matra, 1 BRM et 1 Tecno). Dans cette série également la Brabham BT33 n°33 qui a gagné le GP d’Afrique du Sud 70 aux mains de son constructeur qui a perdu la victoire « acquise » à Monaco dans le dernier tour. Parmis les 3 Ferrari 312 dont une pilotée par un ancien pilote F1 (n°3) qui a gagné en 70 le GP d’Italie avec le pilote suisse Clay Regazzoni et la n°4 victorieuse du GP d’Allemagne 72 aux mains de Jacky Ickx. Ajoutons la Lotus 49 n°5 victorieuse de 3 GP pilotée par Jim Clark dont celui de Hollande 67 qui marque la première apparition victorieuse du mythique moteur Ford-Cosworth DFV, la McLaren M19 n°15 victorieuse du GP d’Afrique du Sud 72 pilotée par Denis Hulme, et enfin les deux Matra MS120 pour la symphonie de leur V12.[4]

15H00, je descends un peu plus bas au virage N°10 « Nouvelle Chicane » pour une série que j’attends avec impatience car elle rassemble un nombre impressionnant de barquettes Maserati (300S, A6 GCS), mais aussi de nombreuses Ferrari comme la Ferrari 340MM n°18 utilisée par Luigi Villoresi aux Mille Milles et par Mike Hawthorn avant d’être vendue au Suisse Hans Ruesch.

16H00, retours des F1 avec la série F « Voitures de Grand Prix F1 (1973 – 1976) ». Je longe le Port Hercule depuis la chicane pour rejoindre le virage N°13 « Louis Chiron ». Pas le plus photogénique des lieux mais cela permet de varier un peu. Voitures stars de cette série les deux Ferrari 312B3 dont la détentrice en 1974 de la pole position avec Lauda (N°11), l’Hesketh n°24 qui a gagné le GP de Hollande 74 (pilotée par James Hunt, la Lotus 72 n°2 parce que c’est le type de Lotus champion du monde en 70 et 72 mais aussi sous cette version victorieuse avec Ronnie Peterson du GP de Monaco 74. Sans oublier la McLaren M23 n°8 victorieuse avec Peter Revson du GP du Canada 73. Elle est du même type que la championne du monde 74 (Emerson Fittipaldi ) et 76 (James Hunt).

16H50, dernière série de la journée : la Série G « Voitures de Grand Prix F1 (1977 – 1980) ». Juste le temps de traverser le circuit en vitesse pour me placer en face et voir ce que ça donne. Les participantes sont la Ligier JS11/15 n°25, victorieuse au GP de Belgique 80 et pilotée par Didier Pironi qui est parti à son volant de la pôle position à Monaco et a longtemps mené le GP, la Lotus 78 n°5 qui est le modèle qui a introduit l’effet de sol en F1, les Williams FW06 n°27 et FW07 n°28 qui ont amené la marque au sommet de la F1, la FW07 présente a gagné le GP d’Argentine 81 avec Carlos Reutemann qui l’avait emporté à Monaco en 80 sur une voiture du même type.

Après avoir beaucoup marché aujourd’hui j’ai hâte de rentrer passé une bonne nuit de repos.

Après une bonne nuit, nous voici le lendemain samedi, journée décisive permettant d’établir l’ordre de départ des courses de demain dimanche.

Dès 8H30, les séances d’essais qualificatifs (25 minutes par série) débutent. Je me poste sur la Place du Casino pour les voitures de la série A. Avec cette série des « Avant-Guerre », ce sont de nombreuses voitures de Grand-Prix sélectionnées pour leur intérêt historique et leurs degrés d’authenticité qui sont en effet attendues sur l’emblématique circuit de la Principauté de Monaco pour disputer de véritables courses.

Je descends du Casino vers l’épingle pour la série D à 9H30. Au niveau des voitures engagées on compte la Brabham BT7 n°4 utilisée par deux Champions du monde et victorieuse de 2 GP du championnat du monde, la Cooper T60 n°14 victorieuse à Monaco en 1962 avec Bruce McLaren, la Ferrari 1512 n°5 pour le bruit de son V12 et sa ligne, la Lotus 18 n°20 victorieuse des GP de Monaco et d’Allemagne 1961 pilotée par Sir Stirling Moss, la Lotus 25 n°9 victorieuse de pas moins de 7 GP du championnat du monde avec Jim Clark en 62 et 63, et la Lotus 25 qui est la Lotus qui introduit le châssis monocoque en F1.

A la fin de la séance d’essais de la série D je prends l’ascenseur du Fairmont pour me placer au milieu de la montée de l’Avenue d’Ostende, au virage « Beau Rivage » pour la Série B « Voitures de Grand Prix F1 et F2 (avant 1961) ».

La Lamborghini Marzal refait une appariation, toujours accompagnée de l’Espada.

La Série E conclue la matinée. Je reste au même endroit pour le début de la séance, je n’ai pas encore fait de photos des F1 d’ici. Puis, je décide quand même de changer de spot pour la fin.

La pause déjeuner est l’occasion pour certains de se restaurer, pour moi c’est l’occasion d’admirer à nouveau la parade « Célébration 70 ans Porsche ».

Et la très attendue parade « F1 Héritage » avec ces 9 anciens pilotes de F1 au volant de monoplaces légendaires, le spectacle a tenu toutes ses promesses et le public a apprécié cette initiative.

Autre parade, la « Célébration 70 ans Grand Prix Moto 1948 ». Le Moto club de Monaco, en partenariat avec le club des «Motos et scooters anciens de Roquebrune-Cap-Martin» a présenté une parade motocycliste pour célébrer le Grand Prix moto disputé en Principauté le 17 mai 1948, il y a donc exactement 70 ans ![5]

Quatrième parade, celle du « Credit Suisse Classic Car Rally» qui présente de nombreuses pépites de clients fortunés du Crédit Suisse.

L’après-midi se poursuivent les séances qualificatives des autres séries, avec en premier la Série C à 14H30.

Quelques voitures paradent entre deux courses : Jaguar XK 120, Delahaye 135 M Cabriolet Chapron, Ferrari 365 GTB/4 Daytona, Fiat Abarth 750 GT Zagato.

Revenons à la Série F – Voitures de Grand Prix F1 (1973 – 1976). Placé cette fois à la sortie du tunnel : cela permet de les photographier par l’arrière devant le Quai Kennedy et sur la Chicane.

Pour la dernière course de la journée, la Série G – Voitures de Grand Prix F1 (1977 – 1980), je commence par le bout de la montée d’Ostende et le début de la Place du Casino. 17H30 : fin de la journée.

Dimanche est sans doute la journée la plus importante car consacrée aux courses. Dès 9H00, ce sont les voitures de la Série A qui ont entamé les débats. Je me positionne côté extérieur du circuit au virage N°5 « Mirabeau – Haut ». Un risque de pluie est annoncé aujourd’hui. Cela promet un peu de galère avec le matériel photo mais cela peut être pas mal car la pluie donne de belles ambiances, avec les F1 notamment. A suivre.

Impérial et intouchable pendant les essais, Michael Gans (#22) a complètement manqué son départ et laissa s’échapper son dauphin, Paddins Dowling (#26) suivi de Nicholas Topliss (#24). Le Suisse Nicholas Sinopoli (#32) suivait, de loin, devançant un spectaculaire Lukas Halusa sur sa bien moins puissante Bugatti 35C. La course se résumait alors, à un cavalier seul de Paddins Dowling creusant l’écart tour après tour. Au 7e tour, Topliss, après un passage dans les stands, cède la 3e place à Sinopoli. Un dernier tour marqué par le tête à queue de Sinopoli dans Mirabeau, rendant ainsi la 3e place à Topliss. Le podium, constituait de Dowling, Gans relégué à 20 secondes et Topliss, ne comptait que des ERA. La Bugatti de Halusa prenait une belle 5° place juste derrière le malchanceux Sinopoli.[6]

Toujours pas de pluie pour la Série D. J’en profite pour descendre un peu vers le virage N°6 « Mirabeau – Bas » qui offre des angles variés en plongée sur les voitures qui sortent du virage N°6 « Grand Hotel Hairpin »

Après un bon départ de l’auteur de la Pole, Andy Middlehurst (#9), déjà 3 fois vainqueur ici-même, la bataille fait rage avec le bouillant Américain Jo Colasacco (5#), talonné par James King (#4) et Charles Nearburg (#16). Après le premier tour de course, les deux hommes de tête se détachent creusant un écart de 3 secondes avec les poursuivants. La lutte est intense avec un écart de 10 secondes entre les 2 premiers et King qui lutte avec Nearburg. Le 8e tour voyait une attaque franche de Colasacco sur Middlehurst qui résistait. Après une fin de course à suspense, Middlehurst décrochait sa 4e victoire  d’affilée ici, devant un Colasacco magnifique et la Brabham de King.[7]

Voilà que le soleil commence même à sortir, c’est les pilotes de la série B qui vont être contents ! Pas moins de 23 voitures au départ, Julian Bronson (#50) en pole, Nick Padmore (#30), Joaquin Folch-Rusinol (#34) et Barry Wood (#48) suivent. Départ anticipé pour Bronson et Padmore qui pointent en tête au Tour N°1. Bronson ne tarde pas à s’échapper entraînant Padmore dans ses roues. Au tour N°4, Padmore, auteur du meilleur tour en course, passe Bronson, derrière Wood mène le groupe de chasse avec Floch-Rusinol et Fierro-Eleta (#42). Pénalités sous forme de « drive through » pour les 2 leaders qui laissent la 1ere place à Wood. Padmore réussi à conserver la 2e position devant Folch-Rusinol et Bronson. Guillermo Fierro-Eleta termine 5e.[8]

La Lamborghini Marzal effectue l’ouverture de la course suivante, avec à son volant Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, accompagné de Pierre Casiraghi et Louis Ducruet. Tout un symbole, puisque le dimanche 7 mai 1967, le prince Rainier III (père de S.A.S. Albert II de Monaco), avec son épouse la princesse Grace à ses côtés, ouvrait le Grand Prix de Monaco de Formule 1 au volant d’une Lamborghini Marzal. Un prototype révolutionnaire à l’époque. 51 ans plus tard c’est donc son fils qui perpétue cette tradition initiée à l’époque.

La Série E – Voitures de Grand Prix F1 (1966 – 1972) conclue la matinée, alors que le ciel commence à se couvrir. Parti de la pole position, Wirdheim Bjorn (#21), ancien Champion Intercontinental de F3000 est à la lutte avec Stuart Hall (#15). Derrière, Max Smith-Hilliard (#12), Katsuaki Kubota (#6) et Paolo Barilla (#3) sont déjà à 3 secondes après 1 tour. Au Tour 5, sortie de la safety car à cause d’une voiture arrêtée dans le tunnel. Les 4 premiers se regroupent, suivi de Barilla. La lutte est intense ! Au tour 8, Smith-Hilliard part en tête à queue, laissant la 3e place à Kubota suivi de Michael Lyons (#1). Kubota part à son tour à la faute dans l’avant-dernier tour, Lyons devient troisième ! Dernier tour d’anthologie entre les 2 premiers, séparés de 3 dixièmes à l’arrivée devant Lyons, Philippe Scemama (#11) et Charles Nearburg (#7).[9]

Les Parades « Célébration 70 ans Porsche » et « F1 Héritage » précédent les courses des Séries C. La parade « F1 Héritage » célèbre 30 années de Formule 1 en réunissant 3 écuries emblématiques : Lotus, McLaren et Williams à travers une sélection de leurs monoplaces de Formule 1 les plus représentatives. C’est également l’occasion d’inviter leurs anciens pilotes à en reprendre le volant comme John Watson, Emanuele Pirro et Josh Hill (petit-fils de Graham Hill) pour Lotus, Mark Blundell, Mika Hakkinen (Vainqueur du Grand prix de Monaco 1998) et Eddie Irvine pour McLaren et Thierry Boutsen, Karun Chandok et Riccardo Patrese (Vainqueur du Grand prix de Monaco 1982) pour Williams.[10]

Le temps devient de plus en plus menaçant et la pluie ne tarde pas à tomber au début de la Série C – Voitures de Sport – moteur avant (1952 – 1957), j’ai juste le temps de protéger mon matériel que le circuit devient vite détrempé.

La pluie s’est invitée : les nombreux participants Anglais sont à la fête ! Après un départ canon, Chris Ward (#8) devance ses compatriotes Anglais, Ben Short (#44), Tony Wood (#42), Frederic Wakeman (#14) et Patrick Blakeney (#22). Ward, impérial sous la pluie, possède déjà 22 secondes d’avance sur Short et 55 sur Wood à la mi-course ! La bagarre se situe derrière le trio de tête entre Wakeman, Hunt (#30) et Blakeney. Sans avoir été inquiété, Chris Ward prend la Victoire devant Short et Wood. Hunt et Blakeney terminent aux 4e et 5e rang.[11]

La pluie est toujours là pour la première série de F1 qui arrive, la Série F – Voitures de Grand Prix F1 (1973 – 1976). Je n’aurais pas rêvé mieux ! Je file vite sur la montée d’Ostende avant qu’on me pique mon trou dans le grillage (les places sont chères !) pour profiter de cette ambiance et des gerbes d’eau derrière les F1 qui montent direction le Casino. Après un passage éclair au Casino, je prends les ascenseurs pour me mettre à la sortir du tunnel.

La pluie a cessé mais la piste reste très humide. Bon départ de Stuart Hall (#8) devant Michael Lyons (#7), le vétérant Alex Caffi (#22), Marco Werner (#11) et Nick Padmore (#25). Attaque à la sortie du tunnel de Lyons qui passe Hall, Caffi est déjà à 1’’7 secondes. Un accrochage impliquant Roald Goethe (#4) met la course sous safety car dès la fin du premier tour. Nouveau départ et regroupement à l’entame du tour N°3. Les 3 premiers, Lyons, Hall et Caffi sont dans la même seconde. Werner et Pastorelli (#19) sont relégués à près de 10 secondes. Au tour N°9, Pastorelli sort de la piste. A force d’attaque au 11° tour, Caffi passe Hall et tente de prendre le meilleur sur Lyons. Hall est relégué à 7 secondes, Werner à 8. Bataille âpre entre Lyons et Caffi, ce dernier partira à la faute à la chicane et ne verra pas la ligne d’arrivée. Lyons empoche une victoire méritée devant Hall et Werner.[12]

Le bitume commence à sécher pour la Série G – Voitures de Grand Prix F1 (1977 – 1980). Dommage ! Même si j’aurais déjà eu beaucoup de chance d’avoir la pluie pile pour les F1, c’était parfait !

Martin O’Connell (#8) s’élance en tête, on ne le reverra plus ! Derrière, Michael Lyons (#24) double immédiatement Jordan Grogor (#30) parti devant lui. En prise avec des problèmes de pneus, Lyons baisse de rythme, il sera passé par Padmore puis par Grogor. Belle bataille entre Grogor et Pastorelli (#35) qui se finira par une sortie de route à Sainte Dévote pour le #35. O’Connell continue son cavalier seul, Padmore et Grogor luttant toujours pour la 2e marche du podium. A l’arrivée O’Connell beau vainqueur, devance Padmore, Grogor, Lyons et Constable (#17) parti de la 17e position sur la grille.[13]

C’est sur cette course que s’achève ce 11ème Grand Prix Historique de Monaco, RDV en 2020 pour le 12ème !


[1] http://acm.mc/wp-content/themes/acm/dwldoc.php?doc=45786&lg=fr
[2] http://www.lefigaro.fr/automobile/2018/02/20/30002-20180220ARTFIG00121-aston-martin-db4-gt-zagato-2-vev-la-plus-desirable-des-aston-en-vente.php
[3] [4] http://acm.mc/wp-content/uploads/2018/05/GPH-2018_Quotidien1_FR.pdf
[5] http://acm.mc/wp-content/uploads/2018/05/GPH-2018_Quotidien3_FR.pdf
[10] http://acm.mc/wp-content/uploads/2018/05/GPH-2018_Quotidien4_FR.pdf
[6][7][8][9] [11] [12] [13] http://acm.mc/wp-content/uploads/2018/05/GPH-2018_Quotidien5_FR.pdf

Toutes les photos du Grand Prix Historique de Monaco 2018 :