Grâce à Homer S que vous connaissez ici sur le site mais qui est aussi un membre éminent et important de Worldscoop, je vous propose de revenir 4 mois après son lancement vers la Bluecar de Bolloré qui est en libre service dans le cadre d’Autolib’. Une auto qui est hélas bien loin de la fameuse Bluecar développée initialement en commun par Bolloré et Pininfarina et qui devait être une concurrente patentée et séduisante de la nouvelle Renault Zoé. Hélas, les déboires financiers de Pininfarina, l’absence de connaissance du secteur automobile du groupe Bolloré et le coût élevé de la R&D pour cette première version que certains avaient même réservé, ont eu raison de son existence. Au final, nous nous retrouvons avec une auto tout grise, sans beaucoup de grâce qui hésite entre la mini citadine et la VSP mais ne perdons pas de vue qu’avec la Bluecar c’est la fonction qui prime sur la forme.

Avant de passer à l’essai d’Homer et à ses impressions objectives, je vous propose de retrouver les caractéristiques de la petite voilture électrique de Bolloré.

Direction une station Autolib’ et c’est parti !

En vue de familiariser les parisiens avec son nouveau système de location de véhicules électriques en libre service, Autolib’ proposait hier, samedi 24 mars, des essais gratuits de la Bluecar dans trois stations de la capitale entre 10h et 19h. Une occasion rêvée pour essayer cette petite voiture qui fait tant parler d’elle depuis quelques mois. J’ai donc sauté sur l’occasion.

Arrivé à 9h50 pour être sûr de ne pas avoir à attendre, je suis le premier client de la journée. Premier arrivé, premier servi. Je suis aussitôt accueilli par une jeune ambassadrice très sympathique qui prend mon permis de conduire et remplis un petit formulaire qu’elle me fait signer. Ce fut très rapide.Ces quelques formalités accomplies, nous nous dirigeons vers la voiture destinée aux essais. Celle-ci n’est pas branchée, je n’aurai donc pas de démonstration sur la procédure de branchement de l’auto. L’hôtesse n’a pas la carte pour ouvrir la borne sur elle. Peu importe, je vois déjà comment ça fonctionne (il y a des vidéos de démo qui circulent sur le net). Esthétiquement, on ne peut pas dire que la voiture ait un physique à réveiller les morts. Bien moins séduisante que le concept présenté en 2008, la voiture que j’ai sous les yeux porte en outre déjà quelques traces de sa dure vie parisienne.


Je fais le tour et je m’installe à bord, l’ambassadrice Autolib’ à mes côtés. A l’intérieur, je suis agréablement surpris par la qualité globale. Je m’attendais à découvrir une machine mal construite, du plastique moche partout, quelque chose qui s’apparente vaguement à une voiture. Pas du tout : la qualité de construction est très correcte, les sièges sont bien rembourrés, le bas de la planche de bord (en gris plus clair) et les contre-portes sont en tissu rembourré et l’ensemble n’a pas à rougir face à n’importe quelle petite voiture bon marché (elle m’est même apparue mieux construite qu’une C1…). Pas de clim mais des vitres électriques, un GPS et une radio. Pas de doute, on est à bord d’une vraie voiture.Je me saisis donc de la clé embarquée (attachée par un cordon) et je démarre. Il faut commencer à tourner la clé une première fois, on entend un petit bip, l’écran central s’allume, puis on la tourne une seconde fois et la voiture démarre… sans un bruit. Le léger claquement qui provient du compartiment moteur au démarrage est en effet à peine audible. Un petit signal sonore pour matérialiser la mise en marche du moteur serait le bienvenu.

Habitué aux modèles thermiques à boite mécanique, mon premier réflexe incontrôlé est de chercher l’embrayage avant d’actionner le levier de vitesse. Bien sûr il y a seulement deux pédales mais c’est là qu’on se rend compte qu’il y a beaucoup de réflexes qui nous viennent spontanément en conduisant, sans même y penser. Le levier de vitesse, sans surprise, a trois positions : neutre, marche avant (pousser à droite et vers l’avant), marche arrière (pousser à droite et vers l’arrière). Allez hop, une petite marche arrière, clignotant à gauche et je m’extrais de la place de parking.
Là encore, la surprise est plutôt bonne. On se sent immédiatement à l’aise au volant. Au bout de quelques dizaines de mètres seulement et arrivé au premier feu, je me suis déjà habitué à la conduite avec seulement deux pédales. Le gabarit de l’auto s’appréhende facilement et c’est plutôt agréable à conduire, à défaut d’être super excitant. En plus du klaxon (qui marche bien…), il est possible d’activer un petit signal sonore pour avertir les piétons de notre présence. Dans l’habitacle on l’entend à peine mais je suppose (j’espère…) qu’on l’entend plus à l’extérieur.
Arrivé dans une petite rue, pas de piétons à l’horizon, j’essaie d’accélérer un petit coup pour voir ce qu’elle a dans le ventre ; je m’attendais à quelque chose de plus nerveux que ça. Les accélérations ne sont pas aussi franches que je l’aurais imaginé. Ils l’ont peut-être volontairement bridée pour éviter que les gens fassent les imbéciles avec. Les lourdes batteries positionnées sous le plancher impliquent une répartition des masses différente de celle d’une voiture traditionnelle, où tout le poids est concentré sur l’avant, ce qui se ressent pas mal au volant. C’est un peu comme conduire une grosse brique sur 4 roues. Les suspensions laissent bien sentir les moindres petites irrégularités de la route mais je ne peux pas dire que ce soit inconfortable.Le circuit proposé est très court et ne dure pas plus de 5 minutes. Retour à la station pour garer la voiture dans son emplacement. La visibilité vers l’arrière est correcte et l’auto se manie facilement (apparemment il y a a une fonction park assist pour adoucir la direction pour les créneaux mais je ne l’ai pas essayée). Un créneau parfait en un seul coup, l’auto est bien maniable. L’hôtesse est rassurée, son premier voyage de la journée s’est très bien passé.


Une connaissance à moi qui voulait aussi essayer la Bluecar est sur place. Il prend donc la suite juste après moi et, comme je suis chanceux, j’ai droit à un deuxième petit tour en tant que passager. Je m’installe donc à l’arrière. Là encore, les sièges sont confortables et les contre-portes en tissu rembourré. Le plancher est étonnamment haut (à cause des batteries). Ce n’est pas vraiment gênant, juste surprenant quand on monte à l’arrière pour la première fois, mais l’espace aux jambes est plutôt bon. Bref, on est convenablement installé à l’arrière. Il n’y a pas de plage arrière ; j’en profite pour jeter un œil dans le coffre. Là encore, les batteries manifestent leur présence avec cet arrangement bizarre, une moitié du coffre étant plus profonde que l’autre. Un coffre qui, au final, n’est pas bien grand mais la possibilité de rabattre les sièges autorise le transport d’objets plus encombrants en cas de besoin.
De retour à la station, nous voulons essayer la touche d’appel Assistance embarquée. L’ambassadrice nous laisse faire. Là ça ne marche pas du premier coup, il ne faut pas être pressé, mais finalement une hôtesse nous répond. Nous la saluons et lui disons que nous voulions juste tester la réactivité du service. L’essai touche à sa fin.
Autolib’ promettait de nous faire découvrir le système au travers d’un court essai en situation réelle. Promesse tenue. Cependant, gardons à l’esprit que cette première approche permet simplement de se faire une petite idée sur la voiture. Reste à savoir ce que donne l’utilisation du service au quotidien.Conclusion : comme vous l’aurez remarqué, mon ressenti général est plutôt bon. La voiture m’a agréablement surpris et se révèle au final être une vraie voiture. Passé les quelques couacs des débuts fin 2011, les problèmes techniques semblent par ailleurs se résoudre assez bien et la voiture fonctionne correctement. Bref, si je ne suis toujours pas convaincu par l’électrique dans le cadre d’une voiture propriétaire personnelle, dans le cadre d’un système de partage en libre service ce type de véhicule me semble adapté. Mais si le tarif proposé semble raisonnable pour une utilisation occasionnelle du service, l’utilisation quotidienne d’Autolib’ comme solution alternative aux transports en commun demeure toutefois assez onéreuse. Bref, un bon outil pour dépanner, mais pas encore tout à fait une alternative dans la vie de tous les jours.

Voilà une approche réelle qui permet de se faire une idée de ce qu’est la Bluecar même si rien ne vaut l’essai au long cours c’est à dire dans le cadre du fonctionnement de l’abonnement car c’est en dehors d’un environnement encadré que l’on peut juger de la réalité du système et de son fonctionnement. Un avis raisonné sur cette auto qui n’est peut être pas si mal pour un usage occasionnel en milieu urbain.
Dans quelques jours, Homer et moi même nous vous proposerons l’essai croisé de la Renault Twizy, Homer se chargeant de la partie urbaine, votre serviteur de la partie extra urbaine pour ne pas dire champêtre.
Merci à Homer pour la rédaction de ce test parisien d’Autolib’.
Via Homer S.
Crédit illustration : Kim Laidlaw.