Alors que les festivités allemandes ont totalement oublié que Saab existait encore, la journée de lundi fut une drôle de journée pour l’entreprise suédoise. On aurait pu croire à un début de sauvetage dans la matinée et puis non en début d’après midi, c’était le contraire. Je vous explique.

Via la création d’une tierce société créée de toutes pièces hors du groupe Saab ou de ses partenaires chinois, le patron de Saab a trouvé le moyen, sans enfreindre la loi suédoise, de céder pour 70 millions d’euros à la SEP  ( Swedish Automobile Cooperatif UA ), la fameuse plateforme Phoenix ( celle qui a donné naissance au peu réussi concept car du printemps dernier ) destinée à la future 9-3 à… Youngman qui se porte garant financier de SEP. Ces 70 millions d’euros doivent venir à terme en déduction des 245 millions promis par le constructeur chinois. Dans cette étrange affaire, SEP achète donc la plateforme à Saab puis en retrocède les droits à Yougman. Il faut néanmois rester prudent dans cette affaire car Youngman ne sert que de caution et non de financeur de la SEP qui est donc désormais détentrice des droits de cette nouvelle plateforme Saab. Mais il ne faut pas oublier l’état chinois qui veille au grain et qui ne veut pas se faire avoir par un jeu de passe-passe industrielo-financier.

L’affaire est entendue en milieu de matinée et au même moment où Saab va déposer son appel de la décision du tribunal de Vänersborg et là les saabistes se disent « on peut respirer, c’est peut être le chemin de la résurrection ! »

Que Nenni car entre midi et deux heures, la direction nationale du syndicat Unionen désavoue sa section locale trollhättanoise en refusant de donner quelques jours à Saab pour faire des propositions et trouver une solution pour les salaires. Ainsi, en début d’après midi les syndicats Unionen et IF Metal dépose au tribunal une demande de mise en faillite. Ils ont été rejoint depuis par un troisième syndicat ( Sveriges Ingenjörer ), ce qui alourdit un peu le dossier de faillite du constructeur car il semble que les sous traitants finalisent actuellement leurs dossiers avant de les déposer cette semaine ou la semaine prochaine.

Mais ce n’est pas fini car pendant que les syndicats suédois déposent leur demande de mise en faillite, Victor Muller est parti discuter avec les membres de la CLEPA ( association européenne des sous traitants de l’automobile ) pour trouver des arrangements avec les sous traitants. Selon les quelques échos entendus ici et là du coté de Francfort, cela ne se serait pas aussi bien passé qu’on veut le dire du coté de la direction de Saab. A suivre donc.

Je finirais en vous faisant savoir que du coté chinois, le projet Saab/Pang Da/Youngman vient de recevoir l’aval de deux des trois commissions ( LDRC puis PDRC ) et il reste désormais plus que la Commission Nationale qui doive donner son accord mais ce pourrait aussi être le plus long et le plus difficile à obtenir. Saab respire donc encore un peu !

Via ttela;se, Saabactu, AP, Autoblog.