Nous sommes ici loin des frasques communicantes et pipolesque de D.Bahar qui n’ont quasiment mené qu’à la perte de Lotus mais direction l’Esprit ! Pas celui du bouillant patron en sursis  de Lotus mais l’emblématique sportive du constructeur d’Hethel lancée en 1976 et dessinée par un Giugiaro en grande forme. 

Ici pas d’ Esprit MK1 by G.Giugiaro, pas d’Esprit Mk2 by P.Stevens, pas d’une version Mk3 mais une Mk4 (S4) by J.Thompson qui est à mon avis la moins réussie des trois notamment dans sa version Turbo avec aileron qui gâche un peu la ligne de la voiture tout comme les grandes roues en qui surélevaient la voiture pour lui donner presque une allure de « sauterelle ». Nous sommes donc ici en présence d’une Esprit Mk4 équipée du fameux (et peu reluisant) V8 3.5 L Biturbo développé chez Lotus qui causa pas mal de soucis aux propriétaires et qui fait du mal à l’image de Lotus. D’origine ce moteur ouvert à 90° géré par une injection Lotus/EFI et boosté par deux turbo Garett T25 soufflant à une pression de 0.75 bar permettait à ce moteur d’avancer la puissance de 350 ch à 6500 trs/min et un couple de 400 Nm à 4250 trs.  Hélas le seul refroidissement à eaux des turbos et l’absence d’un ou deux intercoolers ont largement participé à la fragilité de la mécanique et sa mauvaise réputation. Ces  350 chevaux associés au poids contenu de l’auto (~ 1350 kg) permettaient à l’Esprit de revendiquer une Vmax de 282 km/h et un 0 à 100 km/h en 4.5 secondes. Ce moteur était associé à une BVM5 d’origine Renault ce qui tout à fait normal quand on connait les liens qui ont lié les deux entreprises. 4 disques en 296 et 300 mm pincés par des étriers Brembo freinaient très correctement cette sportive à la fiabilité incertaine mais au caractère affirmé. Comme sur les photos de cette version préparée, la version V8 turbo originale chaussait du 17 et du 18 pouces en 215/40 R 17 et 245/40 R 18.

Cette Lotus Esprit V8 « JPS Look » profite d’une nouvelle ECU, de nouveaux turbos, d’une ligne d’échappement dérivée de celle des quelques Esprit qui ont couru en compétition il y a plus d’une dizaine d’années. Enfin et  surtout on note avec plaisir l’arrivée d’un intercooler en provenance… d’une Opel Omega Lotus qui aurait été nécessaire à l’époque pour la fiabilité du V8 turbocompressé et pour l’image de Lotus. Ainsi modifié le moteur de cette Esprit revendique la puissance suffisante de 485 ch ce qui fait que la voiture annonce désormais une Vmax de 305 km/h et le 0 à 100 km/h est abattu en à peine plus de 4.1 secondes. L’Esprit JPS 2012 délaisse aussi sa BVM5 pour une nouvelle BVM6 plus résistante et performante que la version originale. L’Esprit JPS propose maintenant un rapport poids/puissance de 4.0 kg/ch. Les amortisseurs ont eu aussi été changés pour des modèles adaptés aux performances actuelles de la voiture, il en est de même pour les ressorts qui sont plus courts et plus fermeset enfin c’est AP Racing qui remplace Brembo dans le compartiment du freinage avec notamment de nouveaux disques ventilés et perforés de 330 mm de diamètre. Reste enfin le look qui vaut essentiellement par sa décoration John Player Special avec la signature de Senna qui fleure bon les années 70-80, un temps où l’on reconnaissait et où l’on appréciait les Lotus pour autre chose que sa com’, ses fêtes avec rappeurs et bimbos, sa gamme mégalo et… son absence de ventes sur le marché.

Puisque nous parlons de Lotus, sachez que D.Bahar a joué le VRP relativement discret au salon de Pékin, qu’il a annoncé que Lotus avait repris la production de ses voitures, essentiellement des Elise et des Exige (les modèles que Bahar voulait tuer…) plus quelques Evora, au rythme de 40-44 voitures par semaine et il a fait savoir que tout allait bien (un coup de méthode coué ne fait pas de mal) et les développements du moteur V8 et de l’Esprit avaient repris mais rien ne le confirme pour l’instant car du coté de DRB-Hicom on reste sur la réserve et dans l’optique d’une vente de Lotus Group à court ou moyen terme.

Via MTK, Carscoop.