C’est la question que l’on peut se poser après la demande faite en début de semaine par Carlos Tavarès, n°2 de Renault, pour un « bon »geste des gouvernements européens afin de soutenir l’ensemble des marchés automobiles de l’Union Européenne.

Ainsi Carlos Tavarès déclarait :  » Ce que j’appellerais de mes voeux, c’est qu’on soutienne le marché français et le marché européen. On a un début d’année en France et en Europe qui est particulièrement inquiétant. On a encore l’espoir que la situation s’améliore au deuxième semestre. Toute sorte de mesure de soutien, dès lors qu’elle booste la demande, est bonne à prendre. Je ne crois pas que les projets précédents aient suffisamment modernisé le parc roulant pour qu’il n’y ait plus de potentiel. » Carlos Tavarès était appuyé en même temps par Carlos Ghosn à New York qui annonçait lors d’un diner conférence que des années difficiles s’annonçaient en Europe pour le marché automobile (extrait : Je pense que l’Europe va durer, et qu’à terme, les Européens trouveront une solution pour maintenir l’unité. Je pense également que nous allons encore avoir des difficultés devant nous. Pour moi, il ne fait aucun doute que les trois ou quatre prochaines années seront au mieux synonymes de stagnation en Europe. Nous nous préparons à des temps difficiles. Pour vous dire, mon meilleur scénario, c’est 1 % de croissance. Pour l’instant, nous nous préparons au pire, et le pire c’est en ce moment même avec un marché à -15 % en France). Reste qu’au delà d’une baisse des ventes de voitures que nous constatons tous, il n’est pas évident que la remise en place d’une grosse prime à la casse relance durablement le marché. Il ne faut pas oublier de regarder vers le pouvoir d’achat (en baisse !) des gens et l’accès de plus en plus difficile au crédit du fait de la sale situation dans laquelle se sont mises les banques européennes à force de trop spéculer sur tout et surtout sur rien sauf des algorithmes mathématiques et informatiques.

En France du coté du gouvernement et du ministère du Redressement productif ont dit être à l’écoute de la demande des constructeurs, notamment celle formulée par Renault et Arnaud Montebourg fait savoir que le gouvernement étudie un éventuel soutien des pouvoirs publics au secteur automobile. Néanmoins on fait remarquer du coté de l’état que cette demande n’a pas été faite officiellement au gouvernement mais qu’elle est tout de même parvenue jusqu’aux services de l’état et que cette proposition est ou sera mise à l’étude.

Le ministre concerné d’ajouter : » Le secteur automobile fait l’objet aujourd’hui d’une instruction particulière au ministère mais pour l’instant nous ne sommes pas en mesure de vous donner des informations car nous avons besoin de travailler et d’en discuter avec le Président de la République et le Premier ministre » puis de poursuivre avec un certain réalisme : « Si vous avez un contexte de chute de la demande d’automobiles, il est extrêmement difficile pour un Etat d’aller contre le vent négatif du marché et sa baisse liés à des éléments conjoncturels forts. » Le ministre conclut en disant : « L’Etat peut toujours prendre des décisions mais nous en reparlerons ».

Alors que Carlos Tavarès s’adresse à l’état français pour obtenir une aide, un « revival » de la grosse prime à la casse (1000€), on apprenait que les patrons de PSA et Fiat tentent de séduire Bruxelles qui fait la sourde oreille aussi bien pour une aide généralisée à l’achat d’un VN que pour une aide financière en cas de restructuration. Le n°2 de Renault expliquait d’ailleurs que la Commission Européenne n’a pas du tout l’intention de se mêler de cette question là. C.Tavarès a toutefois mis en avant le bonne santé globale de Renault malgré les difficultés européennes et d’expliquer que le groupe industriel fait des efforts d’économie (en confirmant officiellement et à tous l’annulation du lancement de Clio IV à Genève début juillet – où nous étions conviés -) et qu’il est plus important de maintenir le bateau à flot tant qu’il n’a pas pris l’eau plutôt que d’essayer d’écoper une fois qu’il a pris l’eau, et hop un petit coup de pied à PSA et Fiat… Enfin pour Renault et magré la crise, il n’est pas question d’éventuelles suppressions de postes. Il n’y a pas lieu d’en parler pour l’instant car nous faisons tout pour l’éviter notamment en jouant sur la mobilité interne des salariés en fonction des besoins du marché.

Si Carlos Tavarès fait bonne figure, il donne tout de même rendez vous aux acteurs de la vie automobile pour faire le bilan de la situation à mi parcours 2012 et il y a fort à parier qu’à ce moment là, on reparlera forcément d’aides, de primes, de subventions ou de « Montebourgettes » si les perspectives pour le second semestre demeurent très moroses voire même mauvaises. A suivre dans un mois avec Renault mais aussi tous les autres acteurs de ce secteur vital pour l’Union Européenne.

Via AFP.