P12, F1, MP4 12-C, SLR et quelques autres sont des autos que vous connaissez tous bien mais vous souvenez vous de cette très rare McLaren, la M81 qui date du tout début des années 80 et qu’il ne faut surtout pas confondre avec les tristes Mustang ASC McLaren qui viendront à la fin des eighties.

En 1980 Ford lance son département SVO destiné à développer des voitures sportives à « hautes » performances à partir des voitures de série du constructeur de Dearborn tout en participant à la promotion de l’image de Ford sur les différents marchés où il est présent. C’est ainsi qu’en l’automne 1980 date de la création de SVO et la rentrée 1981, M.Kranefuss, le patron de la division prend contact avec les anglais de McLaren afin qu’ils développent en commun une auto sportive sur la base de la sportive de moment dans la gamme Ford, la Mustang. A cette époque McLaren ne peut rien refuser à Ford puisque via Cosworth, le géant américain motorise les M29 et M30 de F1 qui sont pilotées à l’époque par Prost, Tambay, Watson ou Lauda.

Aussi McLaren et SVO s’associent-ils pour créer un coupé sportif au look affirmé et aux performances suffisantes pour notamment pouvoir courir en IMSA. Chez Ford les designers Wykes et Gerstenberger se mettent au travail fin 80 et présentent en interne une voiture aux ailes élargies, au chassis surbaissé, au capot moteur modifié et aéré pour mieux refroidir le turbo du moteur. Au final une Mustang à la livrée bicolore (gris/orange), sans calandre avec un gros spoiler, un chassis surbaissé qui est posée sur 4 roues alu BBS « nid d’abeilles » en 15 pouces.

Pendant que Ford travaille l’allure de la voiture et son habitacle pour qu’il devienne sportif ( d’origine les sièges sport viennent de chez Ford, les Recaro LS devaient être optionnels), chez McLaren on planche sur le chassis en améliorant l’amortissement, le freinage, la précision de la direction et surtout on se penche sur le pauvre moteur L4 2.3 L OHV Turbo qui propulse la Mustang au début des années 80 (la crise pétrolière et les normes US sont un peu passés par là!).
D’origine la Mustang avance la terrifiante puissance de 132 ch et cela est bien insuffisant pour les anglais et les américains qui ne peuvent se contenter d’un sportive de 132 ch qui atteint péniblement les 155 km/h et qui met 10.0 secondes pour arriver à 100 km/h sans oublier le quart de mile en près de 17.5 secondes ! Un vrai bolide.

McLaren et les ingénieurs de Ford se penchent de concert sur le 2.3 L carbu turbocompressé et après quelques coup de molette de pression, de nouveaux réglages du carbu, de l’admission, la M81 arrive au moment de sa présentation officielle avec 175 chevaux qui, objectivement, n’éblouissent que la direction de Ford du moment. Pourtant avec une direction assistée (2.75 tours entre butées), une bonne BVM4 avec pont raccourci, un carter humide, deux sièges baquets (pas de place arrière), des freins Av à disques de 269 mm, des tambours Ar de 229 m, des grosses barres anti roulis ou des pneus Firestone HPR spécifiques en 255/55 R 15, cette McLaren M81 fait son effet et Ford promet d’en produire une série de 250 exemplaires.

Hélas, la voiture est capricieuse, le moteur guère plus performant que celui d’origine et le prix élevé de 25.000$ achève cette voiture qui vient à peine de naitre. Il faut dire que le prix est vraiment important par rapport à un modèle standard quasiment aussi performant et au final ce sont 10 ou 11 exemplaire de cette M81 qui sortiront de la division SVO. D’ailleurs si l’on se fie aux collectionneurs et aux amateurs, les quelques M81 en circulation ne développaient que… 132 ch et 196 Nm comme la Mustang de série. Pour les amateurs de détails,cette première voiture de l’aventure SVO n’est pas badgée Ford et c’est pour cela qu’on met en avant le nom McLaren.

Pour les maquettistes collectionneurs, il y a même eu une version Revell.

Une vraie rareté que l’on ne trouve qu’aux USA et qui est un peu le reflet si ce n’est la caricature des sportives US de l’époque. Je rappelle qu’au début des années 80, une Mustang à moteur V8 5.0 L avance péniblement la puissance de 130 ou 140 ch associés à une antique BVA3 ou à la très rugueuse BVM4. Deux choses sont certaines si l’on regarde la vie de la Pony car dans les années 75-95, ce ne sont pas les plus belles et ce ne sont pas les plus performantes et la chute de cette voiture emblématique est en grande partie liée à ces deux décennies où les appellations SVO ou McLaren n’ont pas vraiment été des vecteurs d’image et la marque du plaisir automobile. Heureusement depuis les choses ont changé et ça va bien mieux…

Via AMCarguide, PublicFotki, FordMustang.in