C’est ce lundi que Bertand Delanoë et ses adjoints vont préciser devant le conseil municipal toute une série de mesures pour lutter contre la pollution de l’air dans la capitale. Un projet qui fait polémique par ces propositions, sa mise en application et qui n’est finalement soutenu que par les proches collaborateurs du maires, Denis Baupin et EELV.

Rapidement, je rappellerais quelques mesures : Réaménagement complet de la place de la Nation, baisse de la vitesse maximale de 80 à 70 km/h sur le périphérique, multiplication des zones à 30 km/h dans Paris, créations des péages sur les autoroutes métropolitaines d’Ile de France, mise en place une écotaxe sur les poids lourds,  tarification sociale du stationnement, multiplication des places interdites au voitures dites thermiques et réservées aux VE et bien sur interdiciton dans 14 mois (2014) de la circulation des véhicules privés de plus de dix-sept ans, des poids lourds de plus de dix-huit ans et des deux-roues de plus de dix ans.

Je ne reviendrais pas sur les polémiques mais ce jour Airparif est entré dans la danse avec des éléments chiffrés et de comparaison avec ce qui se passe dans certaines capitales. Ainsi on apprend qu’à Londres la pollution de l’air n’a diminué que d’un peu plus de 1% en moyenne malgré les zones interdites et les péages. Les ingénieurs d’Airparif sont eux aussi entrés en jeu avec une étude qui montre que l’application de toutes ses mesures ne permettrait, selon la météorologie, que de faire baisser le niveau de pollution de 1 à 4%. On découvre aussi que les mesures liées au périphérique et à la soi disant amélioration ne concerneraient en gros qu’une bande de terrain de moins de 100 m de large de part et d’autre de la voie de circulation. Pas de quoi fouetter un chat et en tout cas rien de probant au delà de la démarche politicienne qui vise notamment à mettre en place les futurs candidats à la mairie de Paris en 2014.

On gardera en mémoire que Delphine Batho, ministre de l’Environnement, a reconnu en septembre dernier que les zones d’action prioritaires pour l’air, les fameuses Zapa devaient être repensées et réétudiées ce qui ajourne un projet dont déjà bon nombre de villes se sont désolidarisées pour des raisons économiques, sociales ou politiques.
Enfin on gardera à l’esprit que le maire de Paris veut porter au niveau national le débat sur le diesel et sur sa taxation. Il trouve en face de lui les constructeurs, les automobilistes mais trouve le soutien de l’UFIP par la voix de Jean-Louis Schilansky qui précise : « Aujourd’hui, la France importe environ la moitié de sa consommation de diesel, tout en exportant presque 40% de sa production d’essence. Il faut donc rééquilibrer les choses. L’UFIP se dit donc favorable à une remise à plat des taxes et ce pour des raisons industrielles ».

Un débat qui est loin d’être clos, dont l’opposition va se saisir mais qui sera très délicat à gérer tant sur Paris qu’au plan national. Et force est de croire qu’il est possible que ce projet accouche soit d’une « souris » soit d’un fort ressentiment social et tout ce qui en découle au niveau parisien mais aussi national si le débat concerne la fameuse taxation du gazoil. A suivre 

Via le NouvelObs, Europe1, Sipa.