A la sortie de la Twingo 3, le moteur à l’arrière et la propulsion promettaient une version sportive amusante et unique sur le segment (si on met de côté sa cousine allemande Smart Brabus). Les attentes étaient donc très grandes lorsque Renault m’a invité pour essayer cette « bombinette » très prometteuse.

Le rendez-vous nous est donné à l’hôtel Off, une péniche parisienne à côté de la gare d’Austerlitz, lieu de départ de notre road-trip parisien. Oui vous avez bien lu, Renault nous a fait tester sa petite bombinette dans Paris… Première déception de la journée. Il est vrai que la ville est le terrain de jeu parfait d’une voiture comme la Twingo, mais avec la version GT je pensais que la marque au losange ferait de la vallée de Chevreuse le terrain de jeu de notre essai. Mais non.

Au lieu de ça, le début de l’essai se déroule dans le 13ème arrondissement de Paris. Alors certes, on découvre que la Twingo GT dispose d’un angle de braquage assez impressionnant lorsque le GPS se fait très peu précis et que l’on doit, avec mon acolyte du jour (Guillaume du GDB.tv), faire demi-tour dans une rue. Mais les capacités dynamiques de la voiture sont annihilées par le trafic urbain dense et la réglementation urbaine. Le sentiment que Renault n’est pas fier de son modèle et essaye de cacher ses défauts par un tour touristique de Paris commence à se faire sentir…

Avec mon binôme, nous en avons assez de cet itinéraire plan-plan et on se pose pour réaliser quelques prises de vues :

On se dirige directement vers notre étape du midi, un restaurant dans le très chic 8ème arrondissement de Paris. Sur le chemin, nous nous rendons compte que la suspension n’est pas non plus son fort. Eh oui, pour faire une voiture sportive, les ingénieurs tarent les suspensions de façon à gagner en rigidité et donc en précision de conduite. Or nous sommes en ville, et nous subissons donc les désagréments d’une telle suspension trop peu confortable. Nous retrouvons d’autres amis blogueurs (Kwamé de Planète GT & Thomas de Speedguerilla) présents pour l’essai et leur question est la même : « Pourquoi Paris ? ». Surtout qu’il est possible de s’amuser sur des petites routes en région parisienne en à peine une demi-heure.

On décide de sortir du carcan imposé par la marque au losange (la visite d’un musée d’art contemporain) pour partir dans le port de Gennevilliers. Nous pourrons nous y poser, faire des prises de vues en toute tranquillité et aussi découvrir un peu plus la voiture.

Arrivés sur le port de Gennevilliers, on se met à échanger nos impressions sur l’auto et on a le même avis : elle n’a rien d’une voiture mise au point par Renault Sport. D’ailleurs, le logo Renault Sport n’est visible que sur les seuils de porte et nulle part ailleurs.

Mais parlons du plus décevant : le moteur. Un moteur aux abois presque tout le temps. Je m’explique : le 3 cylindres de 898 cm3 de cette Twingo est suralimenté pour produire 110 chevaux et il a bien du mal à y arriver. On doit toujours le pousser et à l’oreille il rappelle un peu la sonorité d’une 2CV, pas très flatteur… J’aurais préféré une sonorité un peu plus travaillée avec des clapets, histoire d’avoir une sensation beaucoup plus sportive ! Du point de vue consommation, on a tourné sans trop pousser le moteur à plus de 11 litres aux 100 km. A mon avis, c’est un peu exagéré.

Une odeur de chaud se fait sentir lorsque je tourne autour de la voiture. Rien d’inquiétant mais un sentiment que la voiture souffre un peu trop. J’ouvre le coffre et je me rends compte de l’épaisseur de l’isolation du moteur et du coffre. Près de 3 cm de mousse très dense isole le moteur. De quoi éviter à vos œufs de frire dans le coffre ! Pour aider à la respiration du moteur, Renault a ajouté un bouche d’aération sur l’aile arrière gauche. L’architecture de la voiture ne permet donc pas d’avoir un moteur très puissant à cause de sa taille restreinte. Récapitulons. Voici une voiture avec un moteur trop petit, un bruit peu flatteur, une suspension trop rigide et une impression de raté. Nous pouvions cependant espérer un rebondissement dans la deuxième partie de la journée.

Direction Montreuil et un hangar désaffecté pour un gymkhana au milieu des pylônes de béton ! Peut-être que la maniabilité de la Twingo fera des merveilles et qu’on pourra s’amuser un peu pour cette fin de journée.

Et là c’est une petite déception (encore). Le parcours est une succession de virages serrés et… c’est tout. On teste donc la maniabilité d’une Twingo GT, mais une version basique produit les mêmes effets car les 8,69 m du rayon de braquage restent inchangés. On aurait pu obtenir la même prestation avec une Twingo Tce 90 ch au prix de 14 600 €. La GT s’affiche pour sa part à 17 100 €. Une différence de 2 500 € pour un équipement presque du même niveau, des capacités dynamiques équivalentes et un moteur un peu plus puissant. On est en droit de se demander si la différence de prix est vraiment justifiée par les 20 ch supplémentaires et les petits extras de la finition GT.

Cependant j’ai quand même apprécié cette séquence. C’est plutôt impressionnant de voir une telle agilité malgré tout (à voir dans la vidéo ci-dessous).

Je repars du hangar assez déçu. J’étais venu avec l’envie de découvrir une voiture plus « jeune », plus dynamique. C’est indéniablement une voiture « fun » à regarder. Mais à conduire, les sensations sont différentes. Un parfum d’inachevé, comme si on avait demandé aux ingénieurs de Renault Sport de faire une petite sportive et qu’on les avait arrêtés en chemin. Alors certes, ils ont monté les superbes jantes de 17″ du concept-car Renault Twin’Run (avec son V6 de 3.5 l), modifié les amortisseurs et mis le moteur le plus gros possible pour la voiture, mais la taille de celui-ci est risible pour un modèle badgé « Sport ».

Pour conclure, la Twingo GT est une déception. Quand le badge Renault Sport est posé sur une voiture, on a l’habitude d’avoir une vraie sportive comme les Clio RS ou les Megane RS qui sont des références dans leurs catégories. Mais là, on est plus dans une démarche marketing et non en présence d’une réelle sportive. Avis aux fans de Renault Sport qui attendaient la nouvelle bombinette, n’espérez pas retrouver les sensations que vous avez avec votre voiture au quotidien.

Je dois toutefois nuancer mes propos car je n’ai pu essayer cette voiture qu’en ville et sur autoroutes urbaines embouteillées. Si j’ai la chance de re-tester cette voiture, je lui ferai passer une « contre-visite » en l’emmenant sur des routes plus aptes à connaître ses vraies capacités.

Si je devais donner mon avis à Renault Sport : faites nous une Twingo RS. Enlevez les sièges arrières, mettez un 4 cylindres de plus de 150 chevaux en propulsion et là, on pourra apprécier la voiture à sa juste valeur. Ah oui et s’il vous plait, permettez-nous de déconnecter l’ESP !!!

Je remercie en tout cas Renault pour l’invitation et la confiance lors de cet essai.

Photos et vidéos : Ugo Missana