C’est mardi que le rapport commandé par le ministre du redressement productif A. Montebourg sera remis et ce qu’il laisse apparaitre n’est guère réjouissant. Le rapport Sartorius fait la lumière sur la situation financière et économique du groupe et il risque bien de plomber un peu plus les relations entre le constructeur automobile, la famille Peugeot et le gouvernement.

Selon les éléments découverts par le JDD, le rapport rédigé par E.Sartorius, ingénieur général des Mines et expert à Bercy, confirme la grande fragilité du groupe. Ébranlé par la crise sans précédent du marché automobile européen, miné par un outil industriel en grande surcapacité, étranglé par la guerre des prix, PSA est dans une impasse économico-financière périlleuse et très risquée pour l’avenir du groupe. E.Sartorius valide sans réserve la fermeture du site d’Aulnay sous Bois et ce ne serait que la partie visible de l’iceberg PSA.

La sortie de PSA du CAC 40 le 24 septembre prochain, une valeur capitalistique de seulement 2 milliards, 819 millions d’euros de perte au premier semestre 2012, une hémorragie dans la trésorerie qui n’a pas encore cessée, un accord avec GM qui a de plomb dans l’aile font de PSA une entreprise en très grande difficulté relève le rapport. PSA est vulnérable sur tous les points cités et même encore un peu plus si l’on en croit les indiscrétions. Il semble aussi que le rapport pointe le désengagement de PSA du marché iranien et ses 500.000 voitures annuelles désormais disparues qui risquent de coûter très cher au groupe lors du bilan 2012.
Le rapport Sartorius épingle l’actuelle direction de  PSA incapable d’avoir pu proposer de nouvelles orientations, de nouveaux partenariats. On note aussi que la famille Peugeot n’est pas épargnée par les critiques de l’audit qui dénonce une valse permanente chez les dirigeant de PSA depuis des années (trop de financiers…) et certains experts qui ont pu voir le rapport soulignent que chez PSA chez l’inverse de chez VW où les dirigeants sont restés peu ou prou les même depuis 20-30 ans. On note aussi que les entreprises qui marchent ont dans leurs hautes directions des ingénieurs et pas seulement des financiers. On souligne que même chez Renault la situation est bien plus stable (indirectement la place de Carlos Ghosn et sa politique sont confortée par les spécialistes économiques automobiles).

Le rapport Sartorius pointe aussi les opérations capitalistiques des héritiers Peugeot. La politique de dividendes de PSA et de ses filiales, ses programmes de rachat d’actions récurrents et permanents ou la dernière augmentation de capital qui a encore renforcé la position de la famille Peugeot. E.Sartorius explique que toutes ces pratiques visant uniquement le capital au détriment de l’outil industriel ont longtemps géner le rapprochement avec d’autres groupes même si l’arrivée « manquée » de GM au capital de PSA peut faire croire à de nouvelles opportunités.

Autre gros soucis de la semaine à venir, la très possible dégradation de la notation de PSA qui pénalisera l’entreprise mais aussi et surtout sa banque (PSA Finance). Cette dégradation nuirait fortement PSA qui finance entre 30 et plus de 50% de ses ventes à particuliers et aux artisans, PME/PMI. Mais ce n’est pas tout car cela pourrait affecter le financement des acteurs du réseau Peugeot-Citroën ( concessionnaires, agents) et si la banque est touchée par une baisse de sa notation, PSAverrait une de ses filiales les plus rentables fortement pénalisée par un renchérissement du marché de l’argent.

Enfin, si le cas Sevelnord est réglé, ceux de Rennes la Janais et peut être Madrid pourraient revenir sur le devant de la scène. Il reste à PSA a se redynamiser, à se sortir du trou dans lequel il est tombé par une politique de nouveaux modèles, de restructuration (on en est à un point tel que sans recturation, PSA prend le grand risque de la disparition) et probablement à remodeler son équipe dirigeante. A suivre dès mardi prochain.

Via NouvelObs, Reuters, WS.