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Voici un véhicule qui d’ici quelques semaines trônera parmi d’autres sur le stand Renault du Mondial de l’automobile de Paris. Il s’agit d’un concept répondant au nom d’EOLAB et ayant avant tout pour objectif de démontrer la capacité du losange à réduire la consommation d’essence puisqu’il prétend se contenter d’un tout petit litre de ce liquide pour parcourir cent kilomètres.

Désireux de montrer son savoir faire et ses capacités à innover la marque au losange a décidé de relever le défi d’un des volets du plan gouvernemental « Nouvelle France Industrielle » intitulé « véhicule 2l/100 km pour tous » en se lançant dans la réalisation d’un prototype capable de répondre à cette attente. Et, non content d’avoir répondu aux attentes, Renault n’est en plus pas peu fier d’avoir largement fait mieux que prévu puisque le véhicule présenté est affiché avec une consommation normalisée de 1l/100 km et 22 g de C02/km. C’est si peu que Renault qualifie cette frugalité « d’ultra-basse consommation ». Une prouesse qu’il faut naturellement savoir relativiser puisqu’il s’agit ici d’un prototype mais qu’il faut également expliquer car elle est le résultat d’une combinaison de choix et de solutions qui peuvent pour beaucoup se retrouver au moins partiellement en application dans les décennies à venir et ainsi permettre à nos véhicules thermiques de réduire toujours un peu plus leur consommation et par la même leur impact écologique.

Fort logiquement et en premier lieu le travail des ingénieurs de Renault a porté sur le gain de poids. Basé sur une berline du segment B du type Clio, EOLAB s’est vu infliger un cure d’amaigrissement plus que drastique qui ferait passer Dukan pour un charlatan (si ce n’est pas déjà le cas…) pour gagner environ 400 kg. Au final EOLAB reste sous la tonne et affiche un petit 955 kg. Pour obtenir ce poids plume Renault est parti à la chasse au kg tous azimuts mais sans passer nécessairement par des solutions techniques existantes mais coûteuse comme l’emploi massif de l’aluminium ou de la fibre de carbone. Ainsi la caisse n’est pas mono-matériau mais elle utilise au contraire une alliance d’aciers, de magnésium, d’aluminium et de thermoplastiques. Le résultat peut s’avérer spectaculaire puisque par exemple le pavillon en magnésium ne pèse que 4,5 kg contre une dizaine pour un pavillon classique. Le châssis a également été allégé en s’attaquant aux liaisons au sol (en grande partie en aluminium) ou au système de freinage (largement repensé il gagne 14,5 kg) et les habillages du véhicule ont eux aussi été amincis (vitrage, sièges, plastiques réalisés en polypropylène expansé, etc.)

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Un deuxième point a été également au cœur des attentions des ingénieurs : celui de l’aérodynamique. EOLAB présente un SCx de 0,470 m² (S = 2,00 m² et Cx = 0,235) qui a été obtenu grâce à l’addition d’une foule de petits détails. Un travail sur le style tout d’abord pour abaisser le seuil du pavillon ou réaliser un arrière soigné (une partie toujours délicate dans la trace aérodynamique) et des éléments dynamiques pour optimiser le flux selon la vitesse. Ainsi, le véhicule est doté d’une suspension pilotée qui permet un abaissement de l’assiette à haute vitesse, d’un spoiler actif, de volets mobiles dans le bouclier arrière, de jantes actives ou encore de pneus Michelin développés spécifiquement.

Enfin c’est sur le système de propulsion que Renault s’est penché, un système qui sans grande surprise n’est pas que thermique mais bel et bien hybride et surtout rechargeable. Un petit moteur 3 cylindres de 999 cm3 développant 75 ch est associé à un moteur électrique délivrant une puissance de 50 kW. La boite de vitesse est à trois rapports qui se combinent aussi bien sur le moteur thermique que sur l’électrique (ce qui donne au final neuf combinaisons). Elle est bien plus compacte et donc plus légère qu’une boite CVT et le tout est également appuyé par une batterie de 6,7 kWh qui suffit largement pour propulser le véhicule en tout électrique grâce… au gain de poids.

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A l’intérieur Renault a souhaité donner un maximum d’information au conducteur quant à sa consommation mais en restant le plus simple possible. L’interface Homme-Machine (IHM) a donc été repensée dans ce but et les indications sont destinées à informer mais aussi à apprendre au conducteur à se montrer le plus économe possible via des graphiques étudiant en temps réel son style de conduite.

Cette EOLAB se veut donc avant tout un démonstrateur technologique susceptible d’annoncer des solutions techniques d’avenir pour la réduction de la consommation mais il est également un prototype sur lequel on a soigné le design et l’on ne peut s’empêcher immédiatement de chercher dans ces lignes d’éventuels indices quant aux futures Renault. Il est clair que le style de ce prototype ne fera pas nécessairement l’unanimité mais il faut rappeler qu’il a surtout voulu répondre à des contraintes aérodynamiques et en attendant d’en savoir plus lors du Mondial je vous laisse seuls juges de ce que ce véhicule annonce, s’il annonce bien quelque chose….

Via Renault