La fumeuse histoire d’espionnage qui a fait beaucoup de mal à l’image du constructeur automobile pourrait avoir de nouveaux rebondissements dans les prochaines semaines. Dominique Gevrey, l’ex enquêteur secret de Renault et principal accusé dans l’affaire d’espionnage est sorti de prison en novembre dernier après 8 mois de préventive et il dit qu’il va parler.

L’auteur des fameux faux rapports sur les trois « cadres espions » nie désormais avoir rédigé ces rapports et se dit piégé par son indic dit « Le Belge » qui aurait tout bidouillé et fournit de faux éléments au sujet des trois ex impliqués dans cette barbouzerie de Billancourt. Il explique aussi que lorsque l’affaire à commencer à prendre une mauvaise tournure, il fallait un blaireau à la direction de Renault et ce fut lui !

C’est un peu pour cela qu’il en veut à Renault et qu’il se lâche en diant qu’il n’était pas le seul à être en contact avec avec ce fameux Belge. Il dit que lors de sa convocation chez le juge le mois prochain il remettra un ordinateur portable qui contient pas mal de choses et notamment des preuves d’espionnage des boites mail de certains cadres. Dominique Gevrey poursuit en expliquant qu’il a subi bon nombre de pressions de la part du constructeur quand l’affaire a éclaté au grand jour et de lâcher une douteuse affaire de fadettes au sein même de Renault. Il dit donc :  » Mon chef de service m’avait demandé d’enquêter, sur instruction du président de Renault (Ghosn ou Pelata ?) sur de possibles fuites après une réunion où la direction avait évoqué le possible rachat d’Opel. L’homme aurait ainsi reçu les numéros de téléphone portable des cadres concernés et soupçonnés par C.Ghosn et il continue en disant qu’il en a parlé à des représentants de l’état (gouvernement ?). De poursuivre en racontant qu’il devait les fadettes des dits cadres, que ce n’est pas lui qui a fait les recherches (surement un apprenti barbouze…) mais il a eu et lu les résultats qui lui ont été communiqués après enquête. L’homme confesse toutefois que cette affaire de fadette est allée au delà du cadre légal puisque pour agir de la sorte il faut une commission rogatoire émise par un juge qui serait en charge de l’affaire ce qui n’était pas le cas à l’époque puisque tout se passait en sous main dans l’enceinte de l’entreprise.

Reste maintenant à attendre les révélations qu’il fera au juge, les données cachées dans le fameux PC pour voir si cette affaire va ou non éclabousser une nouvelle fois l’image et la crédibilité de Renault. Il y a aussi la crainte d’un « étouffement » de l’affaire car en période de crise économique, il ne serait pas bon de pénaliser encore un peu plus le constructeur qui attend déjà une année très difficile sur les marchés d’Europe. Etonnante affaire que celle de l’espionnage à sauce Renault qui pourrait renaitre sur les dires d’un « barbouze » repenti ou à l’esprit vengeur…

Et comme le disaient Francis Lagneau et le réceptionniste d’une bonne maison : « Si la pluie continue, les fraisiers seront en retard » – « Oui mais les grenouilles seront en avance ! »…. A méditer.

Via AFP, Libération.